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18 septembre 2016

LE DRAGON DE KOMODO EDITE EN BRONZE

Le dragon de Komodo - en fait un grand varan pouvant mesurer plusieurs mètres de long - est sorti de la fonderie tout récemment. Ce modèle mesure 53 cm de long.

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Pour tout savoir sur ce curieux animal, vous pouvez vous référer à cette note : Nouvelle création : le dragon de Komodo

Mes lectures estivales m'ont amené à trouver par hasard un passage intéressant relatif au varan de Komodo dans le livre de Ton Schilling "Du tigre à l'ours - Souvenirs de la forêt tropicale", dont l'édition originale remonte à 1952 et qui a été réédité récemment (2016) par l'excellente Librairie de Montbel à Paris.

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 Voici quelques extraits de ce livre dont un chapitre entier est consacré aux varans :

"J'avais souvent entendu parler d'une espèce géante de varans qui se rencontrait, disait-on, dans des petites îles qui bordent à l'est l'archipel de la Sonde ; ces varans étaient des monstres des temps primitifs, surgissant des traditionnelles légendes des dragons. Quand, après six dures années dans la forêt vierge de Sumatra, l'on m'accorda quelques vacances, je résolus de [...] faire un voyage en goélette jusqu'à Komodo, l'île où il y avait le plus de dragons."

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L'auteur parvient à aborder dans les îles et à rencontrer des indigènes qui lui parlent des "buaja darat", littéralement "crocodile de terre", nom local des dragons.

"C'est cet après-midi-là que nous entendîmes parler d'un enfant qui, à peine trois mois auparavant, avait été attaqué par un grand varan. Il fendait du bois lorsque, tout à coup, un monstre surgit de l'alang-alang [hautes herbes] et s'empara de lui avec une force irrésistible. A ses cris déchirants, le père était accouru ; il avait, certes, pu éloigner le varan avec son parang [sabre], mais l'enfant était déjà dans un tel état qu'il mourut le lendemain dans des douleurs horribles. Cette affreuse image s'était gravée dans la mémoire de tous ceux qui avaient assisté à l'accident et à la mort de l'enfant. D'après ce que l'on nous racontait, il mourait certainement cinq à six personnes par an de la morsure d'un varan."

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Après de nombreuses traques et des heures d'attente, c'est enfin la rencontre avec "un petit spécimen, d'à peine un mètre de long" :

"Un cerf ou un sanglier nous aurait éventés tout de suite. Mais cet animal demeurait indifférent, la tête tournée de l'autre côté. [...] Le soleil brillait en reflets de bronze sur sa peau sombre, pendant autour de son squelette comme un sac beaucoup trop large. Le long de la partie supérieure couraient des plis et des fronces: c'était comme si un tailleur négligent lui avait cousu la peau sur le corps en gros points désordonnés. Les fortes pattes portaient d'énormes griffes acérées."

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Un autre observation sera plus impressionnante :

"C'était un spécimen magnifique, d'au moins 3 m de long. Avec des espèces de halètements rauques, que nous entendions parfaitement dans l'air calme, il se rua vers le cadavre [de sanglier]. Il se jeta sur sa proie, enfonça profondément ses griffes dans la chair, se dressa encore une fois sur ses pattes pour jeter autour de lui un regard inquisiteur. C'était un coup d’œil extraordinaire.

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Pareil à une image sculptée, irréelle, le varan se tenait à côté de sa proie, la tête plate de "dragon" brillait au soleil avec des reflets de bronze et se mouvait paresseusement sur la nuque courte. le paysage chaotique, pétrifié des alentours était bien le cadre qu'il fallait à ce monstre. Il arrive que la monstruosité devienne beauté : c'était le cas du varan, il était d'une beauté apocalyptique, grotesque, à peine de ce monde. Nous étions revenus à des millénaires en arrière ; nous nous trouvions en face d'un être qui n'existait plus..."

Il est difficile de rendre un plus bel hommage au Dragon de Komodo !

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13 septembre 2016

SEPTEMBRE ANIMALIER BRUXELLES

La deuxième édition du magnifique salon "Septembre Animalier Bruxelles" se tiendra dans la capitale belge du 23 au 26 septembre. C'est une splendide manifestation qu'il ne faut pas manquer ; elle a été créée par Philippe Heim et Bruno Couck, en partenariat notamment avec le Salon National des Artistes Animaliers de Bry-sur-Marne, la Gazette de Drouot, les Editions Abbate-Piolé, le Musée Pompon, etc.

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Les locaux de l'ancienne Nonciature située dans le très chic quartier des Sablons forment un écrin remarquable sur deux niveaux.

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Et surtout, la sélection très stricte des organisateurs permet de retenir les meilleurs peintres, sculpteurs, photographes animaliers de France, de Belgique et même d'ailleurs. C'est une très grande fierté pour moi d'être présent aux côtés de Michel Bassompierre, Isabelle Brizzi, Pieter Van Den Daele, Danielle Beck, Patrick Villas, Guy Geymann, Mark Coreth, Jean Lemonnier, etc. Tous ces artistes ont été primés de nombreuses fois dans les plus grandes expositions.

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Le remarquable tigre de Christine Pultz (SAB 2015)

Ces trente artistes de renommée internationale présenteront chacun plusieurs œuvres et la plupart seront présents pendant une partie du salon.

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Pour ma part, je présenterai l'un des derniers exemplaires de la spectaculaire "Marche des éléphants" de 180 cm de long, qui a connu un succès fulgurant puisqu'il est déjà presque épuisé, "Le grand élan" mais aussi deux toutes nouvelles pièces : "Xanthippe, femelle chimpanzé" et "Le dragon de Komodo", qui n'a encore pas été montré en galerie.

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Je serai présent au vernissage et également vendredi 23. Je serais heureux de vous y rencontrer.

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Si vous souhaitez une invitation au vernissage, qui aura lieu jeudi 22, envoyez-moi un mail à damiencolcombet@free.fr

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Enfin, ne manquez pas de visiter le très beau site internet de l'exposition : http://sabexpo.be/

SAB - Septembre Animalier Bruxelles

Du 23 au 26 septembre de 11h à 20h

Ancienne Nonciature - 7 rue des Sablons - 1000 Bruxelles

INFO@SABEXPO.BE

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29 août 2016

LE LION AU SERPENT DE BARYE

Pour mettre en avant son nouveau parcours familial « Le bestiaire du musée », le Musée des Beaux-Arts de Lyon a mis en scène une petite fille rugissant face au « Lion au serpent » de Barye.

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Il est agréable de voir qu’un bel hommage est ainsi rendu au plus connu des sculpteurs animaliers français, Antoine-Louis Barye (1795-1875), dont la famille était précisément installé à Lyon et qui se fit connaître avec deux œuvres : « Tigre dévorant un gavial » et ce fameux « Lion au serpent ».

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Et Lyon a la chance d’avoir en dépôt le chef-modèle en plâtre de cette pièce monumentale (près de 2 m de long) créée en 1832 et éditée en bronze en 1905. Le bronze est d’ailleurs visible au Musée du Louvre.

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Ce lion est une invitation à découvrir ou redécouvrir la riche collection de sculptures du musée de Lyon, le charmant jardin du Palais Saint-Pierre permettant aussi de trouver un peu de fraîcheur.

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15 août 2016

HERAKLES ARCHER PAR BOURDELLE

Le 29 juin dernier, l’étude Drouot-Estimations mettait en vente à Paris un bronze de Emile Antoine Bourdelle représentant Héraklès archer. L’œuvre était estimé entre 150 000 € et 200 000 €. La Gazette de Drouot du 24 juin consacrait plusieurs pages à l'événement.

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Bourdelle est né à Montauban en 1861 et mort au Vésinet près de Paris en 1929 ; son père était menuisier-ébéniste et son fils a travaillé avec lui dès l’âge de 13 ans. En 1884, Bourdelle rentre au Beaux-Arts à Paris, après être passé par les Beaux-Arts de Toulouse. De 1893 à 1908, il travaille chez Rodin, dont il devient ami avant de se fâcher avec lui pour des histoires d'estimation du fonds d'atelier au moment du divorce de Bourdelle. A partir de 1909, il enseigne à l’école de La Grande Chaumière, où il aura pour élèves Giacometti, Germaine Richier, Matisse et bien d’autres.

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Bourdelle, qui taillait la pierre et modelait la terre, a réalisé un très grand nombre d’œuvres monumentales. On retrouve ainsi ses créations sur la façade du théâtre des Champs-Elysées ou au Palais de Tokyo à Paris, au fort Vauban de Briançon, sur le monument aux morts de Montauban, l’opéra de Marseille, etc. Bourdelle a exposé à Bruxelles, à la Biennale de Venise, à New-York, Chicago, Cleveland, etc.

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Le nombre d’œuvres de Bourdelle répertoriées est considérable. L’artiste a longtemps travaillé près de Montparnasse, dans la rue qui aujourd’hui porte son nom. Un musée lui est consacré.

Bourdelle a réalisé des œuvres de style différents : sa maternité est un modèle de délicatesse à la Dalou – que Bourdelle connaissait d’ailleurs bien – alors que sa Vierge à l’offrande fait penser aux anciennes sculptures bourguignonnes en bois et que « La force du Monument » annonce déjà, selon moi, la sculpture massive et colossale, sans âme, à la soviétique…

Revenons maintenant à notre Héraklès.

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Selon les différents articles parus dans La Gazette de Drouot, l’idée de cette grande sculpture serait née de la rencontre aux « samedis Rodin » , au début du XXème siècle, de Bourdelle et d’un bel officier de cavalerie, le Commandant Doyen-Parigot, qui accepta de poser nu vers 1909, dans une pose très inconfortable, pour réaliser Hercule – « Héraklès » - effectuant le 6ème de ses 12 travaux : la chasse aux oiseaux carnivores du lac Stymphale. Doyen-Parigot mourra au front en 1916.

Bourdelle va modeler huit études différentes de son archer : l’arc, le rocher et surtout le visage du héros évoluent au fil du temps. Le modèle avait demandé à ne pas être reconnu, et peu à peu, l’artiste en viendra à styliser de plus en plus la tête d’Hercule.

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Certaines de ces études seront éditées en bronze du vivant de l’artiste. Il existe aussi plusieurs tailles de l’archer. En effet, si le 8ème étude proposée à Drouot mesure 62 cm de haut, dès 1909 un riche industriel, Gabriel Thomas, demande à Bourdelle une version en bronze de plus de deux mètres de haut. Il demande aussi l’exclusivité du modèle mais l’Héraklès archer rencontre un tel succès lors de la "Nationale" de 1910 que Bourdelle rompt l’accord avec G.Thomas et fait éditer plusieurs exemplaires. Colin Lemoine, responsable des sculptures au musée Bourdelle, estime qu’il existe trente bronzes de la version finale de l’Archer de par le monde.

Et il se trouve que l’un de ces modèles, fondue par Alexis Rudier, est au musée des Beaux-Arts de Lyon, où il côtoie le Lion au serpent de Barye, le très beau Victor Hugo de Rodin et tant d’autres merveilles.

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Cette œuvre de Bourdelle est très connue, et peut-être que les cahiers d’écoliers Héraklès, dont le verso s'ornait d'un Héraklès archer, y sont pour quelque chose. Il faut donc faire un effort de détachement pour la voir avec un œil neuf. Elle dégage une grande puissance : le dos très musclé, la grande taille de l’arc, la position des jambes, le regard vers le ciel, sont presque écrasants. La tête d’Héraklès n’est pas très belle et les mains comme les pieds sont un peu caricaturaux. D’ailleurs, on fit à Bourdelle d’avoir fait à Hercule des « pattes de lion ».

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Mais cette exagération est parlante : la tête intrigue, inquiète presque, et on retrouve chez Rodin, par exemple dans les Bourgeois de Calais, les membres démesurés, avec un effet psychologique fort.

Et pour conclure, le résultat de la vente à Drouot : Héraklès archer a été adjugé le 30 juin à 216 000 € hors frais.

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28 juillet 2016

EXPOSITION TROUBETZKOY AU BORD DU LAC MAJEUR

Au bord du lac Majeur en Italie, il y a une très jolie petite ville : Verbania. Avec ses quais paisibles et fleuris, ses cafés sous les arcades, ses immenses villas anciennes et ses grands jardins, sa belle pâtisserie, sa statue de Charles Borromée, la vue sur les îles du même nom, Verbania possède un charme particulier et un peu désuet.

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En haut d’une petite rue en pente, le « Museo Del Paesaggio » consacre une belle exposition au sculpteur Paul Troubetzkoy, dont on fête le 150ème anniversaire de la naissance et qui passa de longues années au bord du lac Majeur.

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Cet artiste né en 1866 à Intra en Italie et mort en 1938 près de cette ville eut une vie dense, excessive comme peuvent l’être les Slaves. Son père était Russe, descendant d’une grande famille aristocratique (Troubetzkoy était prince), sa mère cantatrice et pianiste américaine, il s’est marié avec une Suédoise puis, devenu veuf, avec une Anglaise. Son fils est né en Finlande.

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Monument aux morts

Excellent sculpteur, lauréat du Grand prix de sculpture à l’Exposition Universelle de 1900, Paul Troubetzkoy était un original, riche et perdant beaucoup d’argent au jeu, vivant avec des chiens, des loups et des ours, connu de tout le Gotha parisien et russe, dont il fait le portrait. Il était très proche de Tolstoï dont il a réalisé une beau portrait à cheval et avec qui il avait de longues discussions sur l’art et sa finalité. Il a fait réaliser ses bronzes chez les plus grands fondeurs : Hébrard et Valsuani.

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Vers 1906, Troubetzkoy rejoint en France la famille Bugatti. Il réalise de très beaux portraits, très expressifs et étonnamment modernes, de Carlo Bugatti et de son fils Rembrandt.

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On a dit de Troubetzkoy qu’il était proche du style de Rodin : il me semble qu’il a aussi inspiré Bugatti.

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Museo Del Paesaggio – Via Ruga, 44 – Verbania – Italie - Fermé le lundi

www.museodelpaesaggio.it

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