Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21 mai 2006

Note n°3 - LA FONTE

Les modèles en photo sur ce site ont été réalisés selon le procédé de la « fonte à cire perdue avec préservation du modèle original », même si cette préservation est souvent un peu théorique (cf. note « Le travail de la terre »). 

Ce travail est confié à une fonderie d’art expérimentée et reconnue dans toute la région Rhône-Alpes et Provence, la fonderie Barthélémy, située à Crest près de Valence.

C’est une technique ancienne, utilisée depuis la Renaissance et aujourd’hui de très loin la plus courante. Voici, très résumées, les principales étapes :

 

-         On applique sur le modèle en terre, cuite ou non, un produit protecteur puis une couche de produit élastomère qui va parfaitement épouser la forme et les détails du modèle. Puis après séchage, l’élastomère est retiré, en plusieurs parties, et le modèle original est théoriquement intact. En réalité, les parties fragiles sont souvent cassées mais peuvent parfois être recollées.

-         Dans le moule élastomère ainsi réalisé, on étale avec le plus grand soin une fine couche de cire. Puis le cœur est rempli plus rapidement avec de la cire (pour les petits modèles, qui seront donc pleins) ou avec du matériau réfractaire (pour les plus grands modèles, qui seront donc creux). Plus la couche est fine, plus le bronze sera fin et léger, ce qui est une grande qualité. Mais il faut reconnaître qu’il est bien difficile d’obtenir aujourd’hui des fontes aussi fines que celles d’autrefois, celles qui font que certains bronzes anciens de Barye sont extrêmement légers et même parfois troués quand ils sont un peu usés

-         Quand elles sont bien refroidies donc rigides, les différentes parties en cire sont assemblées et l’on obtient donc la réplique exacte en cire du modèle original en terre.

-         Ce modèle en cire est ensuite noyé dans un « moule de potée », épais (pour résister à la pression du bronze en fusion) et bien sûr non combustible. Il est constitué d’argile, plâtre, brique, etc. On laisse des « égouts » et des « évents » pour l’écoulement de la cire et l’arrivée du bronze. L’ensemble est cuit : la cire fond donc et s’écoule. Il ne faut pas qu’il reste la moindre parcelle de cire. Puis le bronze est coulé et occupe l’espace vide ainsi laissé par la cire.

-         Le moule de potée est brisé et il reste le modèle en bronze, qui doit encore être ébarbé, limé, réparé, ciselé, décapé voire assemblé lorsque des pièces sont coulées séparément.

-         La patine est réalisée avec des oxydes qui altèrent superficiellement le bronze, chauffé au chalumeau. Le « patinage » est un vrai travail d’artiste, difficile et délicat. A la fonderie, chaque patineur a son « coup de main » qui lui est propre. La pièce est ensuite cirée, à chaud (elle sera très brillante) ou à froid. On peut obtenir toutes les teintes de patine : rouge, bleu, jaune… De nos jours, les patines des sujets animaliers sont le plus souvent marron foncé ou noir (nitrate d’argent chauffé), alors que les bronzes plus anciens, en particulier ceux du XIXème siècle, étaient volontiers vert, marron clair, dorés, argentés.

 

Pour terminer, la composition du bronze, qui est donc un alliage : plus de 85% de cuivre (dont le prix flambe littéralement depuis un ou deux ans), environ 6% d’étain et quelques % de plomb, zinc, fer.

Le « régule » n’est pas du bronze mais un alliage contenant beaucoup moins de cuivre, donc plus léger, plus fragile aussi, et considéré comme de bien moindre qualité.

23:10 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.