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01 septembre 2006

Note n°7 - UNE PASSION POUR LES ANIMAUX (1ère partie)

Une évidence : pour sculpter, plus précisément modeler (cf. note n° 2), les animaux, il faut les aimer. Mais cela ne suffit pas : il faut savoir observer. Combien de gens ne savent pas observer ! Il ne s’agit pas de passer des heures sans bouger à guetter un battement d’aile, une vague silhouette lointaine ou un trou d’eau, mais simplement d’être attentif.

 

Je suis frappé par la méconnaissance de beaucoup dans le domaine de la faune : telle personne déplorait qu’il n’y ait pas de rapace en Bretagne, telle autre me demande si les hippopotames sont carnivores… Il y a quelques années, dans un reportage du Figaro sur les safaris en Afrique, la journaliste s’émerveillait de surprendre un tigre (il n’y a pas de tigre en Afrique !). Lorsque je suis parti en safari au Kenya, on m’a demandé de faire des photos de kangourous…

 

Bien sûr, on ne peut exiger de chacun qu’il soit un spécialiste, d’autant plus qu’il y a des pièges : il existe bien des lions en Asie (quelques-uns, dans la réserve de Gir), des tapirs en Amérique du Sud et en Asie, des élans en Afrique, mais qui n’ont rien à voir avec ceux du Canada, de Russie ou de Scandinavie. Je peux même comprendre qu’on prenne un gnou pour un buffle ou que l’on ne fasse pas la différence entre un éléphant d’Asie et un d’Afrique.

 

Pourtant, il y a tant et tant d’occasions d’observer les animaux. En forêt, chez nous, par exemple. Mais pour cela, il faut être silencieux et lever la tête. On peut tenter des expériences intéressantes : écouter le brame du cerf, de nuit, en forêt de Rambouillet ou de Compiègne (il y en a d’autres). Emotion garantie si l’on s’approche assez près. Attention, c’est réellement dangereux car le cerf n’hésite pas à charger.

 

On peut simplement regarder le ciel et observer le ballet des martinets, le vol des milans, les très nombreuses buses perchées sur les piquets de clôture, le long des autoroutes. On peut s’amuser à repérer l’ample vol du héron, qui tout à coup s’agite de façon désordonnée et criarde quand un oiseau vient l’ennuyer. Avez-vous déjà repéré comme les petits oiseaux et les corbeaux assaillent (« houspillent ») les rapaces en vol ?

 

Il y a aussi les zoos.

 

En général, ils ont fait de remarquables progrès, présentent des animaux en bonne santé et sont le lieu de jolies promenades. Parmi les plus beaux, je citerais en France Beauval près de Tours, St-Martin-la-Plaine près de Lyon, Touroparc près de Mâcon (plus pour ses animaux que pour le cadre), Doué-la-Fontaine près de Cholet, Branféré près de Vannes (pour le cadre). Il y en a bien d’autres. Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir Royan ni Port-St-Père près de St- Nazaire.

 

A l’étranger, il y a Vienne, superbe, le plus ancien zoo d’Europe, St-Félicien au Québec, Toronto au Canada, immense. Et tant et tant, en Australie ou aux Etats-Unis. 

 

Et puis il y a l’Afrique !

 

Souvenirs inoubliables au Kenya et, plus tard, en Tanzanie qui venait d’ouvrir ses frontières. J’y suis allé à Pâques, il y a longtemps, et c’était la saison des pluies : aucun touriste, des étendues d’herbes immenses dans le Serengeti, comme une mer infinie, dans laquelle le guide navigue parfaitement. Emotion quand en sortant de ma tente, à l’heure de la sieste, j’ai vu tout près un léopard noir (j’ai finalement décidé de rester un petit moment dans la tente…).

 

Moments intenses, encore, lorsque embourbés jusqu’à la caisse de la Land Rover, nous avons passé une bonne partie de la nuit entourés de lions. Ou quand, la nuit, sous la tente, on entend alternativement les rugissements des lions et les cris des hyènes.

 

Le don d’observation de la nature vient souvent de l’enfance. Notre père, ingénieur agronome, nous emmenait fréquemment dans les fermes qu’il visitait et nous passions des heures à regarder les vaches, les moutons, les cochons et les lapins. C’est ainsi que l’on apprend à distinguer une Holstein d’une Bretonne Pie noire (que l’on ne voit plus guère qu’au salon de l’agriculture), une Salers d’une Limousine. A 8 ans, il m’avait mis sur le dos d’une vache et je me souviens de ma frayeur.

 

Je ne suis pas chasseur, mais j’ai passé bien des dimanches à suivre des chasses, à attendre sans bouger la passée des canards, à regarder les furets apprivoisés s’engouffrer dans les terriers de lapin, à écouter, immobile, l’infime bruit du chevreuil qui s’approche d’une allée et va la traverser en vitesse.

 

J’ai encore passé bien des jours au bord d’un étang familial, à observer les couleuvres et les vipères, les rats musqués, les bécassines, les poissons et les insectes. Je me souviens d’un renard sorti du bois et qui vint tranquillement vers moi avant de s’immobiliser tout près et de faire demi-tour au petit trot. 

 

J’aime tous les animaux. Mais j’ai une préférence pour les grands mammifères, même laids ou méconnus, et pour les vaches. Je ferai un jour une hyène, un tapir, un grand koudou, un oryctérope. Pour les vrais amateurs.

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