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26 mars 2008

BURKINA (6) - ATTENTION DANGER ?

Les deux réflexions habituelles que l’on entend lorsqu’on raconte une chasse en Afrique, c’est : « n’est-ce pas interdit de tirer des lions et des antilopes ? » (tirer un éléphant paraît même totalement inconcevable) et « ce doit être très dangereux ».

J’ai déjà écrit sur le premier sujet (cf. la note « Trafic d’ivoire » en février 2007 dans les Archives).

 

 

Concernant la deuxième remarque et la dangerosité de la chasse en Afrique, les réflexions ne portent pas sur les armes à feu, bien que les règles de prudence soient d’autant plus impératives que les carabines de grande chasse ont une portée extraordinaire. On fait plutôt allusion – moi le premier avant de partir au Burkina – aux insectes, aux scorpions, aux serpents, aux attaques de lion, de léopard, d’éléphants, de buffles, etc.

Nous n’avons pas vu un seul serpent, ni un seul insecte un peu impressionnant. Bien qu’ayant longuement marché dans la brousse, dans les hautes herbes, parfois dans les fourrés, nous n’avons jamais eu le sentiment de prendre des risques ou de nous trouver en situation dangereuse. Je l’ai rappelé : un animal n’attaque jamais l’homme sauf parfois s’il est suité et plus souvent s’il est blessé à mort. Ceci est d’ailleurs également valable, par exemple, pour nos sangliers, qui, à la chasse « démolissent » les chiens qui les serrent d’un peu trop près.

Les chasseurs avec qui j’étais n’ayant pas tiré ou bien ayant tué net, je n’ai pas assisté à ces charges d’animaux blessés.

 

  

J’ai  évoqué il y a quelques jours une charge de lion. Voici le récit un peu plus complet que m’en ont fait les chasseurs, à leur retour au camp.

Ils ont entendu un matin des cris près d’un marigot et se sont approchés. C’était un lion et une lionne qui dévoraient un phacochère encore vivant. L’un des chasseurs a tiré sur le lion, mais celui-ci, blessé, s’est enfuit dans les buissons. Les chasseurs ont attendu car la réaction habituelle d’une lionne est de charger quand le lion est blessé ou tué (l’inverse n’étant pas vrai : le lion disparaît en abandonnant la lionne !). Au bout d’un quart d’heure, faute de charge, les pisteurs sont entrés en action et ont remonté la piste du sang jusqu’à 10 mètres de l’arbre mort derrière lequel se cachait le lion blessé. Les chasseurs étaient en ligne (deux chasseurs puis un garde-chasse puis les pisteurs), le guide, armé, étant à juste titre décalé de 10 mètres sur le côté pour avoir une bonne vue de l’ensemble de la scène. En professionnel, il connaît le danger de la situation et sait qu’il devra probablement intervenir très vite.

 

 

Le lion a alors chargé. « Un lion qui charge rugit d’abord, ce qui laisse un bref instant pour se préparer, expliqua le guide. Mais quand il charge, c’est à la vitesse d’un bolide et pour tuer. Il entend régler de façon définitive le différend entre lui et le chasseur ». Malgré la terreur que doit inspirer l’animal se rapprochant, les deux chasseurs et le garde-chasse ont tiré, mais on n’arrête pas facilement une charge : outre l’émotion et la course du lion, qui peuvent expliquer qu’on rate la cible, les animaux qui chargent ont généralement une telle puissance que même une balle au cœur ne les stoppe pas instantanément. Il y a d’ailleurs sur internet une vidéo qui montre une scène analogue, où le lion charge de très loin et malgré de nombreux tirs, parvient jusqu’au chasseur, lui assène un coup de patte et repart.

http://www.youtube.com/watch?v=ohvxdbtHALA&feature=related

 

 

Pour en revenir à notre récit, le guide a alors épaulé, visé soigneusement et tué net le lion d’une balle en plein front, à… 4 mètres des chasseurs, qui, le soir, était encore un peu sonnés !

Enfin, lorsque la troupe est revenu au point de départ, près du marigot, les gourdes ont été retrouvées déchiquetées par la lionne revenue se venger sur les affaires !

 

  

Heureusement, je n’ai pas connu ces instants tragiques, qui laissent d’excellents souvenirs quand ils se terminent bien, mais qui ont coûté la vie ou de sérieuses blessures à bon nombre de guides professionnels. Pour stopper une charge de fauves, ils utilisent d’ailleurs une cartouche de chevrotines plutôt qu’une balle. Enfin, la traque de léopard blessé est paraît-il la plus dangereuse qui soit car l’animal est totalement silencieux, très rapide, bondit très loin et attaque à la gorge pour tuer… 

 

 

Dans l’album photo, des images des antilopes approchées assez près.

 

 

Dans un autre style, une vidéo incroyable trouvée sur internet. La girafe qui traîne un paquet de lionnes à chaque patte fait vraiment pitié. Admirez également la détente et la portée des ruades de l’herbivore : les fauves ont quand même dû être secoués !

 

http://www.youtube.com/watch?v=tAqrVRi6tMU&feature=related

 

17:50 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

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