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02 novembre 2009

LES VACHES LAITIERES

Voici les photos de la dernière création : Les vaches laitières.

J'ai déjà réalisé deux taureaux dont un charolais ("Etendard", nom du taureau dans le merveilleux roman de Marcel Aymé "La jument verte"), ainsi que des bisons, un gnou, mais il y a longtemps que le sujet des vaches me travaillait. Nous avons tous vu dans les champs ou les étables ces braves bêtes massives, mais il n'est pas si facile que cela de les dessiner et de les modeler.

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Pourtant, bien des gens ont un avis sur le sujet : "Vas-tu leur ôter les cornes, comme toutes les vaches aujourd'hui ? Si tu leur laisse des cornes, ne taille pas le bout de la queue mais laisse-le en toupet", "Attention, les Normandes ne sont pas bâties comme les Holstein", "Sais-tu que les vaches n'ont pas de fesses et ont les cuisses plates ?", "Toutes les vaches n'ont pas de fanon (ce long pan de peau sous le cou)", etc, etc...

Remarques toutes sensées, d'ailleurs, mais qui m'ont étonné : pourquoi cette animal suscite-t-il autant d'intérêt ? Je n'ai pas tout à fait tenu compte de ces avis et même si cela ne se fait plus aujourd'hui j'ai laissé des cornes à mes bovins, parce que c'est plus joli et c'est tout !

J'aime beaucoup les vaches, qui ont de grands yeux et le front soucieux comme si elles faisaient des efforts intellectuels gigantesques pour se souvenir de quelque chose ou comprendre ce qui se passe. J'aime leur pas lourd et lent, les sabots qui claquent et dérape un peu sur le goudron de la route quand elles rentrent le soir à l'étable, le pis gonflé, la tête basse. Il y en a toujours une qui s'écarte pour cueillir de sa langue rapeuse un peu d'herbe sur le talus, avant de recevoir un coup de badine de la part de la fermière, coup qui tape sèchement sur la carcasse osseuse du bassin. A l'étable, chacun rejoint sa stalle et si une étourdie se trompe, elle est vite rappelée à l'ordre par la légitime propriétaire du box.

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Enfant, nous nous retrouvions parfois, en voiture, au milieu d'un de ces troupeaux qui les soirs d'été empruntaient le chemin de la ferme et, au travers de la vitre, en sécurité, nous admirions, fascinés, le mufle énorme et baveux des vaches, qui passaient prestement leur langue dans les naseaux. Nous aurions voulu que cela dure longtemps, mais, remontant le flot, nous finissions bien, hélas, par doubler le fermier guidant son troupeau, un petit drapeau à la main pour se signaler aux carrefours.

Mes vaches sont sans doute des Montbéliardes, qui ont la grosse tête des Normandes, le fanon et les hanches marquées des Holstein. Ce sont de très belles vaches, dont les taches marron bien nettes leur donnent un bel air propret, comme le montre la photo ci-dessous, prise près de Lyon.

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Mes vaches seront fondues de deux façons différentes : une grande pièce où les deux animaux se suivent sur un long chemin caillouteux, et une pièce plus petite avec une seule vache, sur un socle ovale (une "terrasse") travaillé comme le faisaient Rosa ou Isidore Bonheur. L'ensemble est parti à la fonderie Deroyaume et j'espère retrouver mon bétail d'ici Noël.

Mon travail sur les vaches a été filmé et devrait être visible un jour prochain sur internet.

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20:45 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

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