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18 juin 2010

LA LIONNE LAETITIA

Une nouvelle création : "La Lionne Laetitia".

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Je suis heureux d'avoir enfin réussi un fauve car les précédents essais n'ont rien donné. Cette fois, après avoir eu des difficultés avec le cou, les cuisses, la tête, j'ai compris la morphologie de ces animaux et je rêve déjà de guépards, léopards, tigres, lions... 

J'aime bien les lionnes, avec leur instinct maternel, leur puissance, leurs facultés de tueuses professionnelles. Sur cette pièce, la lionne est en alerte, probablement concentrée sur un troupeau de zèbres ou de gnous, s'efforçant de repérer sa future proie : un jeune, un vieil animal, une bête malade ou blessée qui s'enfuira moins vite que les autres.

Les lionnes mesurent environ 1m60 à 1m90 de long sans la queue (qui mesure environ 80 cm) et 1m10 au garrot. Elles pèsent 120 kg à 140 kg, ce qui est beauoup moins que les mâles, dont le record mondial pesait 313 kg. Une lionne peut atteindre 60 km/h, ce qui lui permet de rattraper la plupart des grandes antilopes, mais pas les plus légères.

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Les lionnes n'ont pas la grâce féline des tigres ni la souplesse des panthères. La moitié antérieure des lionnes est puissante, robuste, assez lourde : la tête est large, le cou épais, les pattes avant aussi. Le dos est généralement assez ensellé, le ventre arrondi et les omoplates sont très saillantes. En revanche, l'arrière-train est plus léger et les cuisses sont relativement fines et surtout très longues. Les oreilles sont très mobiles. Les griffes sont rétractiles, comme celles de la plupart des fauves à l'exception du guépard. Les lions ont souvent la gueule entrouverte, les commissures des lèvres pendantes, ce qui leur donne un air assez méchant.

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Les lionnes sont courageuses : elles affrontent les mâles qui s'en prennent à leurs petits et généralement mènent les actions de chasse. Toutefois, les lions arrivent souvent en renfort quand elles sont en difficulté, assigées par les hyènes, par exemple - lions et hyènes se livrent une guerre permanente et sans merci - ou bien aggrippées au dos d'un buffle qu'elles ne parviennent pas à faire tomber.

On s'étonne parfois que les lionnes ne soient pas plus efficaces à la chasse. Mais il faut bien comprendre que la chasse est pour elle, à chaque fois, une opération très risquée, où elles peuvent être tuées ou blessées. Un coup de corne, même d'une petite antilope, une ruade de zèbre, une morsure de hyène, même un piquant de porc-épic dans une patte provoquent souvent une blessure qui empêche l'animal de chasser et le mène donc tout droit à la mort dans les terribles souffrances de la faim.

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La langue des lions est recouverte de papilles cornées extrêmement dures, qui leur servent nottament à nettoyer leur fourrure. Quand un lion a tué une proie, il commence généralement par la lècher, mais sa langue est si dure que cela a pour effet de lui arracher littéralement la peau.

Les lions vivent presque tous en Afrique, où leur population serait maintenant en danger. Il existe une réserve en Inde, à Gir, où survivent environ 300 lions de l'espèce asiatique. Jusqu'au 1er siècle après JC, on trouvait des lions dans le sud de l'Europe. Le lion de l'Atlas n'existe plus que dans les parcs et zoos ; il en existe un spécimen au parc de la Tête d'Or à Lyon, dont voici une photo. Les lions se reproduisent très bien en captivité, où leur espérance de vie dépasse 30 ans contre 16 à 20 ans en liberté.

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Et pour terminer, un trait caractéristique du courage des lionnes : les chasseurs savent bien que lorsque la lionne est blessée ou tuée, le lion fuit. Mais si le lion est victime des chasseurs, la lionne charge et venge son mâle.

Et pourquoi ma nouvelle pièce s'appelle-t-elle Laetitia ? Parce que c'est le prénom de la petite fille de 5 ans qui m'a demandé il y a quelques jours de lui modeler une lionne...

21:09 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

15 juin 2010

L'ELEPHANT SE RELEVANT ET LE TAPIR EN BRONZE

Dans leurs albums respectifs, à droite sur cette page, vous pourrez voir les photos des deux pièces sorties tout récemment de la fonderie : L'Eléphant d'Afrique se relevant et le Tapir malais et son petit. Après un essai malheureux, j'ai renoncé à patiner celui-ci en noir et blanc car le résultat n'était pas fameux. Il a donc une patine noire classique.

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20:35 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

14 juin 2010

EXPOSITION A TOULON

La galerie Michel ESTADES à Toulon vient d'inaugurer une exposition de groupe. Parmi les oeuvres des peintres et sculpteurs présentées, une douzaine de bronzes, dont les dernières créations, seront exposées.

Galerie Michel ESTADES - 22 rue Henri Seillon - 83000 TOULON - 04 94 89 49 98

15 juin-17 juillet et 3-14 août 2010

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20:40 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

13 juin 2010

200ème BRONZE : L'ELEPHANT DE CIRQUE ASSIS

Voici le 200ème bronze sorti de la fonderie, qui correspond aussi à un nouveau modèle, le 44ème : l'Eléphant de cirque assis.

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A plusieurs reprises sur ce site, j'ai raconté combien j'aimais le cirque, son ambiance féérique, l'odeur des ménageries et de la sciure. J'ai déjà modelé un éléphant de cirque debout sur un tabouret ; voici un éléphant assis. Il s'agit d'un éléphant d'Asie, dont les femelles ne portent généralement pas de défenses, et qui se dresse beaucoup mieux que les éléphants d'Afrique. On voit parfois des espèces africaines dans les cirques, mais cela reste rare.

Je me suis amusé à reproduire un tabouret de cirque constitué de planches de bois dont on voit les nervures et cassures, ce qui donne à l'ensemble un air plus rustique qu'avec ces modernes tabourets en métal qu'utilisent maintenant les dompteurs.

Il semble que cette position assise, évidemment assez peu naturelle, soit en réalité très inconfortable pour les éléphants et puisse provoquer des blessures si elle se prolonge. C'est pourquoi les pachydermes ne restent pas longtemps dans cette position.

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Un internaute m'a un jour demandé s'il n'était pas déplorable de reproduire de telles scènes, où l'éléphant est ridiculisé. Cela renvoie à la question de la présence d'animaux sauvages dans les cirques. Pour ma part, je me contente de reproduire une scène vue à de nombreuses reprises et il n'y a là aucune volonté de ridiculiser l'éléphant. Il me semble que l'évolution de la législation, qui interdit désormais aux cirques de détenir des animaux ne se produisant pas en piste, est bonne. Elle évite de voir des animaux tourner comme des fous dans des cages dont ils ne sortent qu'après leur mort.

L'éléphant de cirque assis mesure 23 cm de haut.

21:26 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (3)

06 juin 2010

LA VALEUR D'UN BRONZE (30) : LE CHEVAL TURC N°3 DE BARYE

Monsieur Damien W. nous envoie quelques très bonnes photos d'un joli cheval bien ramassé sur ses postérieurs et une jambe levée. Il s'agit bien sûr du "Cheval turc" d'Antoine-Louis Barye.

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Je ne reviens pas sur la vie de cet immense sculpteur (1795-1875), dont j'ai souvent parlé dans mes précédentes notes. Je mentionnerai simplement qu'il était si apprécié et renommé que l'année même de sa mort, une exposition rétrospective lui était consacrée à l'Ecole des Beaux-Arts à Paris, puis encore une autre, plus importante encore, 15 ans plus tard (1889), dans le but de lui ériger un monument à Paris. Elle connût un succès mitigé, à la différence de celle organisée fin 1889 aux American Art Galleries de New York, qui permit enfin l'érection du monument situé près du Jardin des Plantes. Il faut dire que les collectionneurs américains aimaient particulièrement Barye : en 1873, par exemple, la Corcoran Gallery of Art à Washington commanda un exemplaire de chacun des bronzes, soit plus de 120 pièces.

Ces informations sont extraites de l'indispensable Catalogue raisonné d'Antoine-Louis Barye, de MM. Poletti et Richarme (Univers du Bronze à Paris), édité par Gallimard. Je précise qu'il ne faut pas confondre Antoine-Louis Barye avec son fils Alfred, également excellent sculpteur (cf. plusieurs notes sur mon site). Notons que deux autres fils étaient ciseleurs. Ainsi, comme chez les Bonheur-Peyrol ou les Mêne-Cain, la sculpture était donc une affaire de famille chez les Barye !

Mais revenons à notre cheval. Pourquoi "turc" ? Je n'en sais rien et si le chanfrein montre plutôt les traits d'un cheval arabe, l'allure général me semble plus lourde.

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Ce cheval fût un très grand succès dès sa création, mais le modèle a en réalité beaucoup évolué au fil du temps. Le premier Cheval turc date de 1874 et mesure 33 cm de long. Il a l'antérieur gauche levé. Ont suivi :

- Cheval turc n° 2 antérieur droit ou gauche levé (1840), terrasse rectangulaire, mesurant 32 cm de long et dont la musculature est beaucoup plus travaillée que sur le numéro 1. Tous les numéros suivants auront une morphologie assez proche de ce n°2. Les deux chevaux, levant une jambe différente, étaient destinés à faire pendant l'un de l'autre.

- Cheval turc n°2, toujours antérieur droit ou gauche levé mais cette fois terrasse ovale (1857) et mesurant 29 cm. Il n'y a pas que la terrasse (le "socle") qui change : la position de la tête et la queue sont également un peu différents.

- Cheval turc n°3 antérieur gauche levé sur terrasse carrée (1870) et mesurant 19 cm.

- Cheval turc n° 4 antérieur gauche levé sur terrasse carrée (1870) et mesurant 13 cm de long.

Ainsi, en comptant toutes les versions selon l'antérieur levé, ce n'est pas moins de 7 versions différentes que Barye a réalisé.

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Dans une note mentionnée dans le livre de MM.Richarme et Poletti, Barye écrivait : "le cheval doit avoir en résumé quatre choses larges : le front, le poitrail, la croupe, et les membres ; quatre longues : l'encolure, les rayons supérieurs, le ventre et les hanches ; quatre courtes : les reins, les oreilles, les paturons et la queue". Que l'on soit ou non d'accord avec les canons de la beauté équine ainsi décrits, force est de constater que Barye étudiait donc de façon quasi-scientifique ses sujets d'inspiration. Cette volonté de coller à la réalité fût encore plus manifeste lorsqu'il accourut au zoo avec Géricault pour étudier le cadavre d'un fauve mort peu avant.

Le cheval de notre internaute est le n°3, comme en atteste les dimensions qu'il a relevé : 19 cm de long. Damien W. a noté l'inscription du fondeur : Barbedienne, ce qui est généralement un gage de qualité, encore plus si ce grand fondeur, qui fit l'acquisition de nombreux chefs-modèles lors de la grande vente qui suivit de très peu la mort de Barye, a apposé son fameux "cachet or" constitué des initiales FB sur un petit rectangle doré. Il ne semble pas que ce soit le cas ici.

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Les auteurs du catalogue raisonné estiment que ces fontes postérieures à la mort de Barye sont très nombreuses. C'est donc la marque du fondeur et plus encore la qualité de la fonte, la ciselure, la patine qui en font une belle pièce ou un bronze quelconque. On peut même relever que de nos jours la Réunion des Musées nationaux en propose un très beau moulage en résine.

Il est évidemment difficile d'en juger uniquement sur photo car rien ne remplace l'examen de visu, mais le cheval de Monsieur W. semble très beau.

Fréquemment présenté dans ses différentes dimensions lors de ventes aux enchères, le cheval turc est presque toujours assez coté. J'ai ainsi relevé, pour un modèle identique à celui de notre internaute, un exemplaire adjugé 2900 Euros par Artcurial Deauville le 6 décembre 2009. C'est une enchère récente qui me semble juste. On note toutefois que le prix des bronzes après des années d'inflation, est en train de baisser assez rapidement. J'ai aussi relevé une adjudication le 14 décembre 2009 à 9500 Euros (Artcurial Drouot) mais ce prix très élevé ne peut être dû qu'aux qualité exceptionnelles de la pièce (fonte Barye,  Brame, Delafontaine ?).

23:10 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)