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30 mars 2011

UNE VACHE POUR S'AMUSER

Pour me remettre au travail après une trop longue interruption, je me suis amusé à faire cette petite vache (11 cm de haut) dont il n'est pas nécessaire de préciser ce qui l'occupe...

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Je ferai donc simplement mention de quelques caractéristiques techniques : c'est un petit sujet, qui a donc été difficile à travailler. Trois des 4 pattes se sont cassées, un sabot aussi. Il y aura donc des finitions à faire sur le bronze : la queue sera très amincie dans sa moitiée supérieure, les pattes seront redressées pour que les sabots reposent bien à plat, les cornes seront polies pour être un peu plus pointues, les sabots et les trayons seront limés car ils sont un peu trop gros.

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Dans quelques jours, vous verrez sur ce site les photos d'une autre nouveauté.

 

28 mars 2011

TONGA : TERRE D'ACCUEIL POUR ANIMAUX SAUVAGES

L'association "Tonga Terre d'accueil" a été créée en janvier 2008 par Pierre Thivillon, le fondateur et Directeur du zoo de Saint-Martin-La-Plaine (entre Lyon et St-Etienne). J'ai déjà eu l'occasion de parler de l'incroyable aventure de Pierre Thivillon et sa femme Eliane à propos du gorille Platon. Vous pouvez retrouver cette note en cliquant sur le lien suivant :

http://www.damiencolcombet.com/archive/2009/01/21/vivre-a...

Tonga est le nom d'un hippopotame saisi en juin 2007 par les autorités. Il appartenait depuis 7 ans à un cirque, dont les propriétaires ne détenaient pas de certificat de capacité et Tonga avait visiblement manqué de soins. Le zoo de Saint-Martin-La-Plaine a accepté de recueillir l'hippopotame et cet animal a fini par être relaché dans un grand parc en Afrique du Sud, où il a retrouvé ses congénères.

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(ceci n'est pas une photo de Tonga mais de deux hippopotames du zoo de Ziniaré au Burkina)

Suite à cette aventure, est née "Tonga Terre d'accueil", qui s'est en fait spécialisée dans l'accueil des fauves et primates saisis, maltraités, abandonnés. En 2007, les Douanes françaises estimaient à 150 le nombre de fauves qui devraient être saisis sur notre territoire. Les demandes de refuge pour les singes sont également très nombreuses : plusieurs dizaines chaque année.

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L'association compte maintenant 458 adhérents (dont moi !), 13 donateurs et 33 sympathisants.

Je vous conseille vivement de consulter le site de Tonga Terre d'Accueil, car les photos sont excellentes, souvent impressionnantes et les aventures des pensionnaires très intéressantes.

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Vous pouvez recevoir régulièrement les nouvelles de Tonga en vous inscrivant sur le site (adresse ci-dessous). Enfin, sachez que l'adhésion est d'un très faible montant : 20 Euros.

Voici l'adresse du site :

http://asso.tonga.over-blog.com/article-tous-nos-fauves-e...

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25 mars 2011

LES DEGATS CAUSES PAR LES ELEPHANTS

Lorsque je suis allé passer une semaine dans une réserve de chasse au Burkina Faso, il y a quelques années, j'ai été frappé par le nombre d'éléphants présents et surtout par les dégâts causés à la nature par ces pachydermes : arbres déracinés, baobabs dont l'écorce avait été arrachée, mares endommagées... Dans certaines zones, on aurait dit qu'une tornade était passée.

J'en ai discuté avec un chasseur retourné tout récemment sur cette zone : il m'a dit que les éléphants étaient désomais si nombreux dans cette réserve qu'ils en sortaient fréquemment pour dévaster les greniers des paysans, soulevant le toit de ces frêles constructions et se servant comme dans une bonbonnière.

Du coup, pour survivre - le Burkina est un des pays les plus pauvres du monde - les pauvres agriculteurs se défendent comme ils peuvent et attaquent les éléphants avec des sagaies ou de vieux fusils, armes assez inefficaces mais qui irritent fortement les éléphants. Cet ami chasseur m'a dit qu'en conséquence, les éléphants chargaient systématiquement les hommes lorsqu'ils les croisaient dans la réserve, à pied ou en voiture, et qu'il fallait donc redoubler de vigilance.

J'ai lu récemment un petit livre très intéressant qui relate exactement les mêmes faits, mais dans la bouche d'un pisteur peul ayant passé sa vie tout près de la réserve où était cet ami chasseur. Ce pisteur est en réalité métis puisque son père était français et sa mère peule. Son nom complet est Rasmané Paul Barry de Lesguenec ! 

Même si, comme moi, vous n'êtes pas chasseur, je vous conseille vivement la lecture de ce livre très intéressant. En voici un extrait.

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"Souvenirs d'un pisteur peul" - Rasmané barry - Editions du Markhor - 2004 - 206 pages 

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11 mars 2011

LA VALEUR D'UN BRONZE (36) : LE FAISAN ET LA BELETTE, DE MOIGNIEZ

 Monsieur O. m'a envoyé il y a déjà plusieurs semaines  - je reçois de très nombreuses demandes d'avis sur des bronzes et j'y réponds toujours, mais je prends parfois du retard - d'excellentes photos d'une pièce signée Moigniez. Je souligne la qualité des clichés car il est difficile de donner un avis sur photos, mais si elle sont de mauvaises qualités, floues, cela devient impossible.

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Jules Moigniez est né à Senlis en 1835 et mort à Saint-Martin-du-Tertre (Seine-et-Oise) en 1894. Son père était doreur de métaux. Jules fut élève de Paul Comolera (1818-1897), grand sculpteur spécialisé dans les oiseaux. On voit souvent, de Comolera, une jolie petite oeuvre quoique un peu triste : un moineau mort couché sur le dos.

Moigniez exposa sa première scène lors de l'Exposition universelle de 1855 (à 20 ans !) : "Chien braque arrêtant un faisan". Il exposa ensuite régulièrement au Salon, de 1859 à 1892. Il connût un très grand succès, tant en France qu'en Angleterre et même aux Etats-Unis, y exportant nombre de ses oeuvres. Face au succès de son fils, son père créa spécialement une fonderie pour lui ; une grande partie des oeuvres furent donc fondues "en famille".

Très malade, Jules Moigniez s'est suicidé en 1894.

entrer des mots clefs

Dans le "Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers" du Dr.Hachet (Editions Argus Valentines) comme dans "Les bronzes du XIXème siècle" de P.Kjellberg (Editions de l'Amateur), il est dit que les appréciations sur ses oeuvres sont assez contrastées : certains admirent le très grand travail de ciselure, tandis que d'autres considèrent qu'il est poussé à l'excès.

Est-ce pour cela que Moigniez est sensiblement moins coté que d'autres illustres sculpteurs animaliers du XIXème siècle ? Par seulement, me semble-t-il. je trouve qu'il y a chez beaucoup d'oeuvres de Moigniez un manque de vie, un aspect trop souvent figé, voire même parfois un peu caricatural. Ce n'est pas vrai de tous ses bronzes, mais un certain nombre, en particulier les chiens et les chevaux, ont une allure raide et manquent de naturel. D'une certaine façon, les bronzes de Moigniez n'ont pas la force de ceux de Barye ni l'exactitude de ceux de Mène.

Revenons au bronze de Monsieur O. Il représente donc une scène d'affrontement entre une petite belette et un coq faisan. Difficile de dire qui a attaqué l'autre car le volatile a sûrement des comptes à régler avec le petit carnivore qui vole les oeufs et sait se montrer très féroce, mais la belette, malgré sa petite taille, pourrait bien être tentée de sauter au cou de l'oiseau et de le saigner !

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La signature en écriture cursive est bien caractéristique de Moigniez. Le dessous du socle révèle un montage un peu hétéroclite fait d'écrous et de clavettes, tout à fait ancien.

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Le bronze est ici posé sur une pendule tout à fait neutre et dont on voit bien qu'elle est destinée à ne pas nuire au sujet qui la surplombe. Je ne sais qui produisait les pendules de ce type, mais je les ai souvent vues servant ainsi de socle aux bronzes. Cette semaine encore, j'en ai vu une identique supportant un joli petit bronze de Delabrierre.

Le modèle initial du faisan et de la belette a été sculpté en 1864. Moigniez avait donc 29 ans. L'artiste était visiblement tout à fait confirmé à cette date, et le travail du plumage le prouve parfaitement. La belette a pourtant une drôle d'allure, ressemblant un peu à un petit ours. On note aussi l'allure un peu trop "romantique" du faisan, une patte en avant, l'autre en arrière, et la tête inclinée.

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Bref, il s'agit d'une très belle pièce, parfaitement ciselée et possédant une belle patine mais elle illustre aussi les critiques - peut-être un peu sévères... - qui peuvent être faites à Moigniez. De plus, le thème du faisan, pratiqué par presque tous les sculpteurs du XIXème, je ne sais pourquoi, est plutôt passé de mode. Perdrix et cailles sont également un peu démodées, mais certaines jolies pièces sont encore appréciées.

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Quelle valeur pour ce grand bronze, dont on donne les dimensions suivantes : 33 cm (long) x 15 cm (prof) x 35 cm (haut) ?

J'ai noté qu'un exemplaire proche, un faisan sur un petit tertre, mais probablement plus petit, était mis en vente à Valence le 17 mars. Interrogé, le commissaire-priseur l'estime à 300 ou 400 Euros.

Par ailleurs, voici quelques résultats de ventes aux enchères pour la même pièce exactement que celle de Monsieur O. :

- Tajan - Mars 2009 : estimé 3500 à 4000 Euros et invendu, ce qui n'est pas étonnant car largement surévalué.

- Liège (Belgique) - Décembre 2000 : adjugé à 1400 Euros

- Saint-Etienne - 1999 : adjugé 1200 Euros

- Toulouse - 1998 : adjugé 2100 Euros

Compte tenu de mes remarques ci-dessus sur les qualités et les "défauts" de ce bronze, il me semble qu'une estimation juste tournerait aujourd'hui autour de 1000 Euros, ou, pour être moins précis, dans une fourchette de 800 à 1200 Euros selon le lieu et le thème de la vente. Il me semble qu'il serait plus apprécié sans la pendule. 

Merci à notre internaute de nous avoir montré cette jolie pièce et encore merci pour la qualité des photos.

Vous avez un bronze animalier dont vous ignorez l'histoire et la valeur ? Ecrivez-moi à damiencolcombet@free.fr et envoyez-moi les dimensions exactes ainsi que quelques photos très nettes de la pièce, de la signature, du dessous du socle, de la marque éventuelle du fondeur.

02 mars 2011

CHURCHILL EN AFRIQUE

Winston Churchill (1874 - 1965) accomplit une tournée en Afrique de l'Est à l'automne 1907, alors qu'il était tout jeune sous-secrétaire d'Etat aux Colonies. A ceux qui aiment cette région (Somalie, Kenya, Tanzanie, Mozambique et autres, qui ne portaient pas ces noms-là à l'époque), je recommande la lecture du très intéressant petit livre relatant cette aventure.

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On est avant tout frappé de la maturité de ce voyageur de 33 ans, capable de mettre les évènements et les pays en perspective, de porter un jugement intelligent et de prendre beaucoup de recul sur ce qu'il voit.

Churchill fait preuve d'un certain humour anglais, dans le style d'ailleurs de Gerald Durrell. Enfin, son style est très agréable. Pour mémoire, Churchill reçut le prix Nobel de littérature en 1953 pour l'ensemble de son oeuvre.

Le livre étonne également par la liberté de ton vis-à-vis du colonialisme et le respect des Africains, ce qui ne devait pas être si courant au début du XXème siècle.

Voici quelques extraits.

En premier lieu, un passage amusant :

"Si vous tombez à l'improviste, sans arme, sur six ou sept lions, tout ce que vous avez à faire - selon les informations que j'ai reçues - c'est de leur parler fermement et ils vont s'enfuir, surtout si vous leur jetez quelques pierres pour accélérer le mouvement. Les plus hautes autorités recommandent toutes cette procédure".

Cela me fait un peu penser aux instructions données, au Québec, aux visiteurs des parcs hébergeant des ours. En cas de mauvaise rencontre, on leur explique ce qu'il faut faire (abandonner un sac, un vêtement, etc.), non sans les avoir prévenu que les ours courrent plus vite que les hommes, nagent très bien et grimpent aux arbres (heureusement qu'ils ne volent pas !). Dernier conseil : leur jeter du poivre sur le museau, ce qui pourrait les faire fuir. C'est vraiment l'ultime recommandation...

Un deuxième passage, qui ressemble presque mot pour mot à ce que m'a dit au Burkina-Faso un guide de chasse ayant abattu la veille, à 4 mètres de lui, un lion chargeant :

"Quand il a été chassé de place en place, poussé d'un côté et de l'autre [...], la disposition naturellement amène du lion tourne à l'aigreur. Tout d'abord, il se met à gronder et à rugir face à ses ennemis, afin de les terrifier et de les forcer à le laisser en paix. Finalement, quand chaque tentative de persuasion pacifique a échoué, il s'arrête brusquement et propose d'engager la bataille. Une fois qu'il en est arrivé là, il ne fuira plus. Il a l'intention de se battre et de se battre à mort. Il a l'intention de charger jusqu'au bout ; et quand un lion, rendu fou par l'agonie d'une blessure par balle, en détresse du fait d'une longue et pénible poursuite [...] finit par se décider à charger, la mort devient l'unique conclusion possible. Des membres, des machoires brisées, un corps ravagé de part en part, des poumons transpercés, des entrailles déchirées et saillantes - rien de tout cela ne compte. Ce doit être la mort - instantanée et absolue - pour le lion, sans quoi c'est l'homme qui meurt".

Et voici un troisième extrait, très étonnant si l'on se souvient qu'il a été écrit en 1907, en pleine fièvre colonisatrice :

"Q'en est-il de l'Africain ? Quatre millions de ces hommes à la peau sombre vivent dans les districts du protectorat de l'Afrique de l'Est et sont soumis, entièrement ou partiellement, à son administration. Un nombre plus grand encore d'entre eux vivent au-delà de ces vastes frontières. Quel rôle vont-ils jouer dans la formation de l'avenir de leur pays ? C'est après tout leur Afrique. Que vont-ils faire pour elle et que va-t-elle faire pour eux ?

"Les indigènes, dit le planteur, manifestent une grande réticence à l'idée de travailler, et surtout de travailler régulièrement". D'autre disent : "Il faut les forcer à travailler". Nous demandons innocemment : "Les forcer à travailler pour qui ?" La réponse ne se fait pas attendre : "Pour nous, évidemment. Vous pensiez que nous voulions dire autre chose ?".

Et encore :

"C'est sentir le sol trembler sous ses pieds que de comparer la vie et le lot de l'indigène africain - tranquille dans son abîme de dégradation satisfaite, riche au sens où tout lui manque et où il ne veut rien - avec le long cauchemar d'inquiétude et de privation, de saleté, de tristesse et de misère, éclairé seulement par les éclats d'une connaissance qui torture et d'un espoir qui allèche, ce cauchemar qui constitue la vie de tant de gens pauvres en Angleterre et en Ecosse.

"Cela ne serait pas bien d'avoir beaucoup de "Blancs miséreux" dans ce pays, ai-je entendu dire un jour un gentleman. "Cela détruirait le respect de l'indigène pour l'homme blanc, s'il voyait quels gens misérables nous avons chez nous". 

Voilà, les rôles sont renversés et la civilisation a honte de ses combines en présence d'un sauvage, embarrassée qu'il puisse voir ce qui se cache derrière l'or et la pourpre de la robe de l'Etat et commencer à subodorer la fraude de l'homme blanc tout-puissant."

Et voilà donc ce qu'à 33 ans écrit Churchill, sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, en 1907.

"Mon voyage en Afrique" - Winston Churchill - Editions Tallandier - 196 p. - 8 Euros