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24 juin 2011

EXPOSITION "L'ANIMAL DANS L'ART" A MORESTEL

A Morestel, en Isère, il y a une grande et belle maison qui surplombe le village et est entourée d'un grand jardin en terrasses. La vue est superbe. C'est la "Maison Ravier", du nom du peintre lyonnais François Auguste Ravier (1814-1895), qui se destinait à devenir notaire et quitta le droit pour être artiste. Ami de Corot, Ponthus-Ciner, Coignet, Vernay et bien d'autres, il acquit cette maison en 1867 et y vécut presque trente ans, jusqu'à sa mort.

La Maison Ravier abrite chaque année de belles expositions, aux thèmes très variées. Celui de cet été est :

"L'animal dans l'art, du 20ème siècle à nos jours".

 

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Seront présentées des oeuvres picturales et des sculptures de Diego Giacometti, François Pompon, Edouard-Marcel Sandoz, Gérard Boudon, Jean-Baptiste Vendamme, Georges Rossi, et bien d'autres. Et une demi-douzaine de mes bronzes !

Du 12 juin au 25 septembre - Exposition ouverte tous les jours de 14h30 à 18h30 sauf le mardi.

Maison Ravier - 302 rue F.-A.Ravier (vieille ville) - 38510 Morestel

Renseignements au 04 74 80 06 80 et sur le site internet : http://www.maisonravier.com/html/principal.html

16 juin 2011

SUITE DU FAUX BRONZE QUI N'EN EST PAS UN

Comme pour illustrer les premières phrases de ma précédente note, je lis ce soir dans Le Monde daté du 17 juin le titre suivant : "Le coup de bluff du vrai-faux 4x4". Je ne comprends pas comment un journal aussi sérieux que Le Monde, qui écrit encore - pas toujours, hélas - "M.Sarkozy" ou "Mme Merkel" et non "Nicolas Sarkozy" ou, pire, "Sarkozy" ou "Merkel", peut se laisser aller à utiliser des expressions aussi dénuées de sens...

Plus intéressant, l'ami dont je mentionne ci-dessous la collection de bronzes de Rosa Bonheur m'a envoyé quelques photos des trois taureaux dont je parlais.

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Et comme il aime vraiment beaucoup - autant que moi - Rosa Bonheur, il possède également les trois moutons de ce remarquable sculpteur, ainsi que le marque du fondeur Peyrol.

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Evidemment, PEYROL est assez difficilement lisible, car il ne mesure que quelques millimètres de long, mais la présence d'une telle marque se voit tout de même bien sur la tranche de la terrasse.

13 juin 2011

UN FAUX FAUX BRONZE... QUOIQUE...

Il y  a quelques années (20 ?), une affaire de faux passeport d'un homme politique a donné lieu à l'apparition dans les medias d'une insupportable expression utilisée à tout bout de champ et de façon inappropriée : "vrai-faux". Désormais, on n'entend plus faux, mais "vrai-faux" en permanence : un "vrai-faux" alibi, un "vrai-faux" document, une "vraie-fausse" information... Cela ne veut rien dire.

Ceci étant dit, je vais vous parler ici d'un faux faux bronze !

Un ami a acheté, lors d'une vente aux enchères, un taureau couché de Rosa Bonheur. Il me l'a montré car il était très sceptique sur l'authenticité de cette pièce.

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Effectivement, plusieurs éléments étaient très troublants : d'abord une patine grisâtre curieuse, comme si la pièce était en... zinc ; ensuite, une ciselure très sommaire ; et encore, le dessous du socle gris foncé uni ayant une allure trop neuve ; enfin et surtout des dimensions anormales, puisque la longueur de cette pièce, telle que mentionnée dans les livres, est de 27 cm alors que le bronze que nous avions entre les mains mesurait 29 cm. Un écart de 2 cm soit près de 10% est trop important pour qu'il s'agisse d'une erreur de mesure. La signature - Rosa B - était en revanche bonne.

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Cet ami a exposé ces faits au commissaire-priseur qui, honnête, lui a immédiatement  proposé de reprendre la pièce et de le rembourser, puisque le bronze était annoncé comme "Bronze de Rosa Bonheur" et non "Bronze d'après Rosa Bonheur". Il a toutefois marqué son étonnement puisque ce bronze venait d'une succession un peu ancienne : "cette pièce n'est peut-être pas une fonte d'époque, mais elle date sans doute des années 1950" a-t-il fait remarquer.

Nous avons donc commencé par nettoyer soigneusement ce bronze, très encrassé. Première découverte : les détails sont bien présents, ce qui se voit sur la queue, l'oeil du taureau, le chanfrein.

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Deuxième opération : cirage. Un petit tour à la fonderie nous a permis de chauffer légèrement le bronze avant de le cirer, ce qui fait davantage pénétrer la cire. Et là, la patine est devenue superbe, tout à fait identique à un autre taureau de Rosa Bonheur - debout celui-ci - que possède également cet ami. On était alors en présence d'un beau bronze... sauf qu'il mesurait 2 cm de trop !

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C'est le livre de référence "Les Bronzes du XIXème" de Pierre Kjellberg qui a apporté la clé de ce mystère, à l'article Rosa Bonheur : "Des sujets différents, certains tirés par d'autres fondeurs que Peyrol, ont été présentés en 1973 à la galerie des Arts décoratifs, à Lausanne, dans le cadre de l'exposition Les Animaliers du XIXème siècle. Il s'agit de Bélier couché 9,5 x 22,5 cm [...], Taureau beuglant 15 x 22 cm, Taureau couché 15 x 29 cm".

Et voilà, nous étions en présence d'une de ces pièces, ou au moins identique à l'une d'elles.

A peine cet article terminé, je découvre qu'à Boulogne/mer, le 25 juin prochain (2011 donc), sera mis en vente un Taureau couché de Rosa Bonheur, fondu par Peyrol, son beau-frère, donc au-dessus de tout soupçon de copie ou surmoulage - les bronzes de Rosa et Isidore Bonheur fondus par Peyrol sont les plus recherchés - et dont la longueur est annoncée comme faisant 28,5 cm !

Voici qui illustre encore une fois la très grande difficulté à s'y retrouver entre les vrais et les faux bronzes, les exemplaires authentiques, les fontes d'atelier, les bronzes "d'après..", les surmoulages, les fontes tardives... Et finalement, comme dans d'autres domaines, il n'y a qu'en "pratiquant" énormément, autrement dit en observant de très très nombreuses pièces, que l'on peut se faire une idée de l'authenticité d'une pièce.

Et cet ami a conservé son taureau couché, ce qui lui a permis de posséder les 3 taureaux que Rosa Bonheur a réalisés : Taureau marchant, Taureau beuglant et notre Taureau couché.

07 juin 2011

LA VIE DE ROSA BONHEUR

Bien avant de découvrir l'immense talent de son frère Isidore, j'ai toujours particulièrement aimé Rosa Bonheur (1822-1899). Est-ce d'abord grâce à son merveilleux patronyme ? Est-ce dû à l'éblouissement devant le très grand "Labourage nivernais" exposé aujourd'hui au Musée d'Orsay ? Est-ce pour sa passion envers les moutons et les bovins ?

Je ne sais mais j'ai toujours été particulièrement touché par ses peintures et ses bronzes, même si hélas ceux-ci sont en nombre réduit puisque Rosa laissa volontairement le champ libre à son frère Isidore.

J'avais déjà le beau livre illustré "Rosa Bonheur", édité par le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux et William Blake and Co. Edit. mais quelle joie en découvrant il y a quelques jours la parution d'un nouveau livre "Rosa Bonheur - une artiste à l'aube du féminisme" de Marie Borin (Pygmalion - 444 p. - Mai 2011 - 23,90 Euros).

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Je n'en ai encore lu qu'un quart mais j'ai bien du mal à le quitter tant il est intéressant. J'ai un peu craint, à la lecture du titre, une appropriation ultra-féministe au mépris de la réalité, mais au contraire, l'auteur s'attache à revenir à la "vraie" Rosa, intelligente, déterminée, indépendante, mais humble, généreuse, droite et lucide.

J'ignorais combien l'enfance de Rosa avait été malheureuse et à quel point elle en a été marquée. Sa mère, née de parents inconnus, découvrit à la mort de son oncle bien aimé et protecteur, Jean-Baptiste Dublan de Lahet,  que celui-ci était en fait son père et les papiers lui révélant l'identité de sa mère disparurent mystérieusement dans les 48 heures du décès.

A 11 ans, Rosa perdit cette mère adorée et très courageuse, âgée de seulement 37 ans. Son père avait pratiquement abandonné sa famille pour rentrer dans une communauté saint-simonienne qui, il faut bien le dire, était quasiment une secte. A la dissolution de cette communauté, Rosa retrouvera son père, mais vivra comme un déchirement son remariage. Heureusement, elle se lie d'amitié avec la famille Micas, dont la fille, Nathalie, et Rosa ne se quitteront plus jusqu'à la mort de la première. Marie Borin combat d'ailleurs la thèse de l'homosexualité de Rosa Bonheur, qui fût souvent demandée en mariage mais refusa toutes les propositions, hantée par le malheur de son enfance et surtout de sa mère.

Extrait :  

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Le talent de Rosa éclate alors qu'elle est encore très jeune. Les oeuvres qu'elle présente au Salon sont immédiatement et unanimement saluées, et lui valent une très grande notoriété, en France et en Angleterre, puis aux Etats-Unis, où elle fait des rencontres étonnantes. D'ailleurs son mode de vie est assez excentrique. En particulier, elle ne peut se retenir d'acheter toutes sortes d'animaux qu'elle héberge comme elle peut : moutons, chèvres, cerf, lionne, taureau et vaches (qu'elle ne parvient pas à ramener d'Angleterre), etc.

Extrait :

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Elle est la première femme artiste décorée de la Légion d'honneur ; elle rencontre l'Impératrice Eugénie (qui débarque à l'improviste à son atelier), Napoléon III et le Prince impérial, le Président Sadi Carnot, la Reine Isabelle II d'Espagne ; elle devient amie de Barye, Mêne, Cain, de bien d'autres grands artistes.

On a beaucoup parlé de l'autorisation qu'elle reçut de la Préfecture de police de pouvoir s'habiller en pantalon. En réalité, comme on peut le lire ci-dessous, Rosa Bonheur n'en tire aucune gloire et ne revendique rien à ce sujet précis, mais elle a une haute idée de la dignité de la femme et tient à ce que celle-ci soit considérée selon cette dignité, ce qui n'était pas toujours le cas à l'époque. Nul doute que son très fort caractère sût imposer cette volonté lorsque c'était nécessaire.

Extrait :

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Je conseille donc vivement ce livre captivant et attachant. Il serait idéal d'avoir sous la main, lors de sa lecture, le livre précité édité par le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

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Et pour terminer, une anecdote pour ceux qui sont agacés de voir le nom de leurs oeuvres déformé dans les expositions, catalogues et salles des ventes : le fameux tableau "Labourage nivernais" fut présenté au Salon de 1849 sous le nom de... "L'abordage nivernais" !

06 juin 2011

LA TIGRESSE DE SIBERIE EN BRONZE

La Tigresse de Sibérie a été fondue en bronze. Les photos sont dans l'album correspondant.

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Très peu de retouches ont été nécessaires : la fonderie Barthélémy a bien su reproduire sur le bronze les détails de la pièce en terre : les coussinets sous la patte avant gauche, le pli de peau sous le ventre, l'épaisseur du pelage, les poils sur la queue...

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La patine de cette exemplaire est marron, très foncée avec quelques effets de "transparence" qui font deviner le métal comme si le bronze était un peu usé, frotté, sur les arêtes et les côtes. A la lumière, on devine également des reflets rouges qui donnent beaucoup de chaleur et de profondeur.

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