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23 février 2013

HYÈNES RAYEES

J'ai déjà parlé ici de l'Association Tonga Terre d'Accueil créée par le formidable Pierre Thivillon, Directeur et fondateur du zoo de St-Martin-La-Plaine, entre Lyon et St-Etienne. Pour retrouver cette note, se reporter à ce lien : http://www.damiencolcombet.com/search/tonga

En contrepartie d'une très modeste cotisation, Tonga vous adresse régulièrement des nouvelles du refuge et des animaux recueillis. L'une des dernières notes a particulièrement attiré mon attention car elle parle de deux très beaux animaux assez méconnus et rarement présentés dans les zoos : des hyènes rayées.

http://asso.tonga.over-blog.com/article-presentation-des-hyenes-batiment-4-etc-114582444.html

Bien sûr, on note des points communs avec les hyènes tachetées, plus connues, mais l'espèce rayée est beaucoup plus jolie, avec son pelage clair maqué de zèbrures noires.

La famille des Hyénidés comprend 4 espèces : la hyène tachetée (1m à 1,70 m de long), la hyène brune (1m20 de long), la hyène rayée (1m10 de long) et le petit Protèle (70 cm de long), qui ne mange que des insectes et s'apprivoise bien.

La hyène rayée présentée dans la note de Tonga vit dans les zones arides et désertiques de l'Inde et de l'Afriaque du Nord. C'est un charognard qui mange aussi de petits animaux vivants et des fruits.

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18 février 2013

NOUVELLE CRÉATION : L'ABREUVOIR

Voici le résultat du travail de ces dernières semaines : "L'abreuvoir", une scène se passant visiblement dans une cour de ferme, de haras ou de club hippique et réunissant autour d'un baquet d'eau une jument de trait, son poulain, un âne et un petit poney shetland.

L'abreuvoir vu de gauche détouré compressée.jpg

La jument est grande, un peu prétentieuse, peut-être à cause de son joli poulain qui ne présente pas encore les traits lourds de sa race. On lui a fait une petite tresse entre les oreilles avec les poils de sa crinière. J'avais prévu de lui faire regarder d'un air menaçant l'âne qui arrive - généralement, ânes et chevaux ne s'entendent guère - mais cela aurait nécessité un socle immense pour que l'âne soit loin et dans l'axe du regard de la jument. Quant au poulain, au licol fait d'une simpe corde, il observe les ronds dans l'eau de l'abreuvoir.

 

L'abreuvoir vu de gauche détouré compressée zoom.jpg


Les pavés de la cour sont inclinés de façon à former une rigole sur laquelle est posé l'abreuvoir. Il doit être un peu vieux car le bois a travaillé et l'un des côtés est arrondi, rongé par les dents des chevaux, comme le bord des box.

L'abreuvoir vu de dessus détouré compressée.jpg

L'âne s'approche, avec l'attitude soucieuse et obstinée de son espèce. Le poney, tout petit (il mesure 10 cm de haut), sellé à la mode western, somnole les yeux fermés en attendant résigné la 350ème promenade des enfants autour de la cour.

Poney détouré zoom.jpg

Dimensions de la cour : 38 cm x 43 cm.

Hauteur (en haut des oreilles et non au garrot) des animaux, représentés à 1/10ème de leur taille réelle :

Jument : 22 cm

Poulain : 13 cm

Ane : 11 cm

Poney : 10 cm

Classiquement, les rênes du poney ne seront pas fondues avec le reste de la pièce mais réalisées à part, dans un ruban de bronze.

L'abreuvoir vu de trois quarts détouré compressée zoom.jpg

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13 février 2013

UN "NOUVEAU" LIVRE SUR BARYE PAR ARSENE ALEXANDRE

Il ne s'agit pas d'un livre nouveau au sens de récent mais d'un ouvrage que j'ai découvert il y a peu et à ajouter à la longue liste des livres relatifs à la sculpture et à l'art animalier (cf. l'album photo "Les livres", où vous retrouverez des dizaines de références).

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Ce livre peu épais (112 pages) a été écrit un an seulement après la mort d'Antoine-Louis Barye et il est fort intéressant d'avoir un témoignage de la façon dont le grand sculpteur était perçu de son vivant ou juste après sa disparition.

L'auteur, Arsène Alexandre, montre avant tout les difficultés considérables qu'eut à connaître l'artiste, rejeté par les critiques, ignoré par le jury du Salon, peu apprécié des autorités officielles de l'époque alors qu'il jouissait des faveurs du public. J'ai cité récemment, dans ma note relative à l'Aigle, les déconvenues de Barye quant aux commandes publiques qui lui auraient permis de sortir de la quasi-misère dans laquelle il vivait : ce livre cite bien d'autres exemples de mesquineries, jalousies et ignorances des milieux artistiques du XIXème vis-à-vis de Barye.

Extrait :

"Lorsqu'il [Barye] eut réussi, par une succession d'envois éclatants [au Salon], à exaspérer ceux dont tout le mérite consiste à introduire dans l'art les moeurs de la politique, le sculpteur se vit enfin infliger l'insulte d'un refus au Salon. Dès lors, on se plut à exercer plus d'une fois contre lui des tristes représailles.

Or, comme un jour, après la nouvelle d'une exécution de ce genre, Barye se promenait en méditant sur la bonne foi, il rencontra le grand paysagiste Jules Dupré. Celui-ci lui demanda avec intérêt des nouvelles de ses travaux : "Cela va fort bien, répondit Barye ; je suis refusé." Et comme l'honnêteté de Dupré se récriait : "Mais  c'est tout naturel, reprit-il avec cette sarcastique tranquillité qui commençait à murer son visage, je compte trop d'amis dans le jury."

On voit que Barye était lucide sur la jalousie des hommes...

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Ce livre est remarquablement écrit, dans un style impeccable que l'on ne trouve plus guère aujourd'hui (sauf peut-être dans le très beau "Ce qu'il advint du sauvage blanc", de François Garde, paru début 2012 chez Gallimard). Il est accompagné de 32 gravures mais qui présentent peu d'intérêt.

Ce livre se trouve assez facilement sur les sites internet des bouquinistes.

"A.L. BARYE" - Arsène Alexandre - Collection "Les Artistes célèbres" - Librairie de l'art - 1889 - 112 p.

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09 février 2013

UNE FABLE DE LA FONTAINE : "LA LICE ET SA COMPAGNE"

Une autre fable méconnue de Jean de La Fontaine (précision : une lice est une chienne de chasse, en général reproductrice) :

 

La lice et sa compagne

Une lice étant sur son terme,

Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,

Fait si bien qu'à la fin sa compagne consent

De lui prêter sa hutte, où la lice s'enferme.

Au bout de quelques temps, sa compagne revient.

La lice lui demande encore une quinzaine :

Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu'à peine.

Pour faire court, elle l'obtient.

Ce second terme échu, l'autre lui redemande

Sa maison, sa chambre, son lit.

La lice cette fois montre les dents et dit :

Je suis prête à sortir avec toute ma bande

Si vous pouvez nous mettre hors.

Ses enfants étaient déjà forts.

 

Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.

Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête

Il faut que l'on en vienne aux coups ;

Il faut plaider, il faut combattre.

Laissez-leur prendre un pied chez vous,

Ils en auront bientôt pris quatre.

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04 février 2013

LA VALEUR D'UN BRONZE (49) : AIGLE, DE BARYE

Madame Henriette H. m'a récemment envoyé des photos d'un grand bronze en sa possession, un aigle signé Barye. Elle a fait quelques recherches et me dit craindre que cet aigle soit une copie ou une fonte récente, car le modèle original de Barye qu'elle a repéré était différent, l'aigle tenant un héron.

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Notre internaute a en partie raison : il existe d'autres versions de cet aigle de Barye, et pas seulement avec un héron, mais ce n'est pas pour autant que son aigle est un mauvais modèle.

Voyons cela plus en détail :

Antoine-Louis Barye (1795-1875) est le plus connu des sculpteurs animaliers français, grâce à la qualité, la nervosité de ses créations mais aussi parce qu'il fut le pionnier de la très grande école française de sculpture animalière, école qui comprend des noms fameux comme Mêne, Frémiet, Rosa et Isidore Bonheur, Dubucand, Cain, Navellier, Fratin, Paillet, Gardet, et tant d'autres.

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Je ne vais pas raconter à nouveau ici la vie de cet artiste au talent immense mais je peux évoquer quelques points particuliers. Par exemple celui-ci : après avoir travaillé de 1821 à 1832 chez l'orfèvre Fauconnier et exposé certaines de ses oeuvres au Salon, Barye s'installe à son compte, un peu contraint sans doute par la faillite de Fauconnier. Les créations de Barye sont alors fondues par Honoré Gonon ou d'autres artisans. Le sculpteur commence à rencontrer un très grand succès. Il prend la décision de produire lui-même ses bronzes, plutôt que de les confier aux grands fondeurs comme Barbedienne, Susse, Martin, etc. En 1838, il crée donc sa propre fonderie et sa boutique.

On comprend le souhait de Barye : la fonte, dans son processus complexe, est réellement la prolongation de la création. La reprise des modèles en cire, les finitions sur le bronze, la patine comptent presque autant que le modelage du modèle en terre, plâtre ou cire, et l'idéal serait de passer autant de temps à chaque étape de la création, ce qui est malheureusement impossible au plan économique : la répercussion sur le prix du modèle des très longues heures passées rendrait le prix de l'oeuvre absolument inabordable.

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Barye va précisément en faire l'expérience : il est si exigeant sur chacune des pièces que son affaire s'avère impossible à rentabiliser et qu'il n'a plus le temps de vendre ses bronzes. Il tente de sauver son entreprise et son art en s'associant avec Emile Martin, qui se charge de la commercialisation, Barye gardant la production. Mais même ainsi, les choses tournent mal et en 1846, tous ses modèles, son outillage - jusqu'à ses propres poinçons "BARYE" - sont gagés auprès de Martin. Il est donc désormais totalement dépendant de Martin, à qui il doit acheter les modèles qu'il veut fondre et vendre ! Cette situation terrible va durer plus de 10 ans. Enfin, en 1854, d'importantes commandes publiques permettent au sculpteur de sortir la tête de l'eau et, quelques années plus tard (1858), de racheter ses modèles et son matériel à Martin. Entretemps, il aura connu la quasi-pauvreté, contraint par exemple de faire enterrer sa mère à la fosse commune.

Si vous voulez en savoir plus sur la vie d'Antoine-Louis Barye, je vous conseille la lecture de "Monsieur Barye" (Michel Poletti - Editions Acatos), qu'idéalement il faut lire avec sous la main le "Catalogue raisonné des bronzes de Barye" de Richarme et Poletti (Gallimard). Vous pouvez retrouver ces livres dans l'album photo "Les livres", à droite sur ce site.

Revenons à notre aigle.

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En feuilletant le Catalogue raisonné ou encore "La griffe et la dent" édité par le Musée du Louvre, on constate qu'il existe un grand nombre de versions : tête tournée à droite, tête tournée à gauche, bec ouvert, bec fermé, emportant un serpent, sur terrasse avec profil (forme géométrique), sur terrasse naturaliste, tenant un héron, s'abattant sur un bouquetin... Barye a ainsi multiplié les combinaisons et créé au moins 8 aigles différents, sans compter les bas-reliefs et les aigles en pierre.

Celui de notre internaute est le plus fréquemment rencontré : l'aigle aux ailes étendues, le bec ouvert, la tête tournée à gauche, sur terrasse naturaliste. Ses dimensions, assez difficiles à prendre pour la largeur et la profondeur puisque la pièce n'a pas de sens particulier, sont les suivantes : 33,9 cm de long x 24,2 cm de profondeur x 25 cm de haut.

La première édition de ce modèle daterait de 1862. Cet aigle est en tous cas absent du catalogue de 1860. Les différents modèles d'aigle auraient été réalisées par Barye lorsqu'il fut question, à l'initiative de Thiers, de couronner l'Arc-de-Triomphe de l'Etoile d'un rapace gigantesque (27 mètres d'envergure). Des études furent demandées, en 1834, à l'artiste et il prépara alors un aigle posé sur une demi-sphère, très proche de celui qu'il éditera 28 ans plus tard sans la demi-sphère. Hélas, le projet monumental fut abandonné.

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A propos des projets d'embellissement de l'Arc-de-Triomphe de l'Etoile, voici ce qu'écrit, avec un peu d'ironie, Arsène Alexandre, en 1889 (14 ans après la mort de Barye), dans un intéressant ouvrage dont je parlerai bientôt sur ce site : "A.L.Barye" paru dans la Collection "Les Artistes célèbres" éditée par La Librairie de l'Art :

"Concu par Chenavard, [le projet] avait été sérieusement discuté dans le cabinet ministériel. Il est peut-être curieux de dire en quoi il consistait, pour montrer que les hommes politiques ne doutent de rien quand il s'agit de promettre.

Sur l'acrotère [ornement sculpté situé au sommet du monument] devait figurer Napoléon, traîné sur un char triomphal. Aux quatre coins, seraient érigés les statues équestres de ses frères et du prince Murat. La décoration devait être complétée, dans le bas, par les statues équestres des douze maréchaux de l'Empire, disposés autour du monument. On voit qu'il y avait de quoi occuper la vie d'un homme. Le projet fut examiné avec tant de bonne volonté qu'il en reste du moins quelque chose : un mot comique de M.Thiers. Comme un conseilleur, intervenant dans la discussion, contestait la valeur de Barye en matière de figures humaines, le ministre de l'Intérieur s'était écrié, avec son habituelle pétulance : "Eh bien, M.Barye fera les chevaux et un autre les cavaliers!".

Il fallut en rabattre du trop pompeux projet de Chenavard. On parla plus simplement d'une gigantesque figure d'aigle, qui serait censée s'abattre sur le glorieux portail de granit. Une maquette fut même faite par Barye. Elle disparut avec le projet. On peut supposer que l'idée a été utilisée pour la statuette de l'Aigle, les ailes étendues sur un rocher. De tant de déceptions a été fondu un bronze haut de vingt-cinq centimètres."

Le modèle d'Henriette H. est signé A.L.Barye (NB : la signature de l'artiste est variée, portant souvent son simple nom de famille sans initiale du prénom) et porte la marque "F.Barbedienne Fondeur", ce qui est le signe d'une bonne fonte XIXème. A la mort de Barye, en 1875-1876, sa veuve mis en vente les modèles avec droit de repoduction et le contenu de l'atelier. Barbedienne, Peyrol, Brame, Delafontaine et d'autres éditeurs se partageront les chefs-modèles. L'aigle a été acquis par Goupil pour être édité par Barbedienne puis Leblanc-Barbedienne.

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Il existe bien, comme le signale notre internaute, un "Aigle terrassant un héron", en deux versions (tête de l'aigle tournée à droite ou à gauche). Barye a alors combiné un aigle avec le pauvre héron du groupe "Ocelot emportant un héron", à propos duquel j'ai rédigé une note :

http://www.damiencolcombet.com/archive/2012/06/29/la-valeur-d-un-bronze-47-ocelot-emportant-un-heron-de-barye.html

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Admirons la majesté des ailes à demi déployées, le détail des grandes plumes d'aigles, l'impression de puissance de l'oiseau.

Ce modèle, comme celui de l'aigle tenant un héron, n'est pas rare : ils sont régulièrement proposés en salle des ventes, en France et à l'étranger. L'historique des résultats depuis 20 ans compterait des dizaines de dates. Voici quelques chiffres représentatifs de la tendance récente :

- New York 2008 : 7000 $ soit 5500 €.

- Drouot 2010 : 3000 €

- Bucarest 2010 : 4000 €

- Fontainebleau 2010 : 2900 €

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Notre aigle a donc l'inconvénient de n'être pas rare mais deux qualités : la fonte XIXème et la majesté du modèle créé par Barye. Malgré la tendance à la baisse des bronzes animaliers du XIXème, je pense que ce modèle peut encore être estimé autour de 2500 € à 3000 €.

Vous avez un bronze animalier et vous voulez en connaître la valeur ? Envoyez-moi des photos très nettes de l'ensemble, de la signature, de l'éventuelle marque du fondeur, du dessous du socle à :damiencolcombet@free.fr

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20:35 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)