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28 septembre 2014

JURY DU SALON DE BRY-SUR-MARNE 2014

Le Salon National des Artistes Animaliers (SNAA) de Bry-sur-Marne m'a demandé de faire partie du jury pour l'édition 2014. Pour mémoire, ce salon, le plus ancien et le plus réputé de France, qui reçoit chaque année près de 6000 visiteurs, expose une à trois œuvres d'une centaine d'artistes sélectionnés parmi plus de 250 dossiers de candidature. Ce salon s'internationalise puisque de plus en plus d'artistes étrangers postulent pour exposer à Bry/Marne. Les droits d'inscription au SNAA sont infimes, ne constituant donc pas une barrière à l'entrée pour les artistes. Les œuvres exposées peuvent être achetées par les visiteurs.

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 L'Hôtel de Malestroit à Bry/Marne, où se tient le SNAA

Le SNAA accueille à chaque édition deux invités d'honneur, un peintre et un sculpteur, qui reçoivent respectivement le prix Roger B.Baron et le prix Edouard Marcel Sandoz. Un large éventail de leurs œuvres sont exposées dans la grande salle du salon. Plusieurs autres prix sont accordés : des médailles d'or, d'argent, de bronze, le prix Rosini, le prix Mori, le prix Abbate-Piolé, le prix de la galerie Estades et un "Coup de cœur" du jury. J'ai reçu en 2013 le prix Sandoz.

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Le jury 2014

Le jury du SNAA de Bry/Marne, qui n'attribue pas les prix - sauf un - mais sélectionne les artistes qui seront exposés, présente plusieurs originalités : il est étoffé (une douzaine de membres), varié (peintre, sculpteur, photographe bien sûr mais aussi joaillier, ornithologue, grand reporter, vétérinaire, etc...), en grande partie renouvelé chaque année, indépendant (les artistes ne peuvent exposer au salon tant qu'ils sont membres du jury). Et surtout il choisit des œuvres et non des artistes. Concrètement, cela signifie que le jury examine les photos de chaque oeuvre sans en connaître l'auteur, les signatures ayant été effacées préalablement. Et comme il n'y a pas de sélection lors de la réception des dossiers, le jury doit juger des peintures, des sculptures, des gravures, des photographies d'artistes confirmés comme de débutants et d'amateurs, qui ont donc toute leur chance.

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Expérience très intéressante que ce jury. J'ai été frappé par la très forte implication et l'honnêteté du jury : malgré la fatigue (plusieurs centaines d'œuvres examinées), chaque photo a été regardée avec la plus grande attention. Evidemment, certaines œuvres ont emporté immédiatement l'adhésion, à l'unanimité ou presque, tandis que d'autres ont été refusées avec la même rapidité. Mais même dans ces situations, si un seul membre du jury élevait sa voix contre tous les autres, une véritable discussion suivait : qualité du travail, originalité, cadrage, couleurs, maîtrise de la technique, etc. étaient réexaminés. Et au terme de chaque discussion, un membre du jury particulièrement enthousiaste ou au contraire spécialement critique n'a pu, si son avis n'était pas finalement partagé, renverser la décision finale et, en quelque sorte, "forcer" le jury à le suivre, par facilité, complaisance ou lassitude. C'était donc bien une décision collective sans influence exagérée de quelques jurés.

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Edition 2013

Cet exercice procure beaucoup de joie et de fierté : joie bien sûr de rencontrer ou revoir les membres de ce jury, joie de contempler, à travers plusieurs centaines d’œuvres soumises au salon, un large panorama de l'art animalier français et même un peu mondial, joie de voir des artistes débutants (nous avions parfois des informations sur l'artiste mais toujours après que la décision ait été prise) mais très doués émerger et avoir accès à un prestigieux salon, fierté de voir se dessiner une sélection belle, variée mais cohérente, intéressante. Il y a toujours, aussi, une petite frustration de voir des œuvres que, personnellement, l'on juge magnifiques et qui, par décision d'une large majorité du jury, ne seront pas retenues, mais c'est la règle du jeu !

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En mémoire du sculpteur E. M. Sandoz, l'une de ses sculptures est toujours présente au salon.

Après avoir vu des centaines de dessins, peintures, terres, bronzes, photographies, gravures, il me semble que les candidats mettraient davantage de chances de leur côté s'ils suivaient quelques recommandations (NB : je ne parle pas au nom du jury ni du SNAA ; ce n'est qu'un avis personnel). Chaque artiste peut soumettre plusieurs œuvres (jusqu'à trois il me semble) ; or, le jury est assez déstabilisé si elles sont d'un style trop différent. Une aquarelle d'un paysage avec des oiseaux marins, un gros plan à l'huile d'une tête de girafe, un dessin au crayon représentant un chien montrent peut-être l'ampleur du talent de l'artiste mais le manque de cohérence donne une impression de dispersion néfaste. Très nettement, il vaut mieux montrer deux ou trois œuvres d'une même technique et d'un style homogène, ou à défaut se limiter à une seule oeuvre.

D'autre part, le SNAA reçoit un nombre incalculable d’œuvres représentant des chiens, des chats, des éléphants, des gorilles, des rhinocéros. Naturellement, un effet de saturation se fait sentir. Du coup, un sujet d'inspiration plus original a probablement plus de chances d'être retenu. Le jury appréciera forcément - à condition que l'oeuvre soit belle, évidemment - un peu plus de variété.

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Pélican - François Blin

Les invités d'honneur de l'édition 2014 sont Florence Jacquesson pour la sculpture et François Blin pour la peinture. Florence est une artiste talentueuse, confirmée et réputée mais je ne la connais pas. En revanche, j'ai eu l'occasion en 2012 de féliciter chaudement François pour ses magnifiques peintures. J'avais été émerveillé par son très grand pélican et j'ai la joie de voir qu'il fait l'affiche du salon de cette année.

Voir : http://www.damiencolcombet.com/archive/2012/11/15/le-snaa...

 

 

Salon National des Artistes Animaliers de Bry/Marne -

Hôtel de Malestroit

Du 15 novembre au 14 décembre 2014

http://www.artistes-animaliers.com/

 

20:28 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

24 septembre 2014

UN BRONZE AU VATICAN !

Courant 2012, la Fondation Saint-Irénée à Lyon m'a commandé une statue du saint, deuxième évêque de la "Capitale des Gaules". Livrés au cours du premier trimestre 2013, plusieurs exemplaires de ce bronze ont été mis aux enchères afin de recueillir des fonds pour la Fondation.

Voir : http://www.damiencolcombet.com/apps/search/?s=ir%C3%A9n%C...

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La Fondation a conservé quelques exemplaires du Saint Irénée et en a notamment fait cadeau à des personnalités dont le Professeur Durand, historien et ancien Président de la Fondation de Fourvière, lors de son départ de cette institution (le Pr Durand est aujourd'hui élu de la mairie du 5ème arrondissement de Lyon).

Voir : https://twitter.com/IreneedeLyon/status/41373611177385984...

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Mais cette fois, le Saint Irénée connaît un extraordinaire destin puisque Mgr Barbarin, Cardinal de Lyon, vient d'en offrir un exemplaire au pape François. Accompagné de M.Etienne Piquet-Gauthier, Directeur de la Fondation Saint-Irénée, Mgr Barbarin s'est rendu à Rome le 19 septembre 2014 pour rencontrer le pape et annoncer le jumelage du diocèse de Lyon et de Mossoul en Irak, ville où de nombreux chrétiens ont été persécutés récemment. Mgr Barbarin avait également emmené avec lui deux très grands chefs, le pâtissier Philippe Bernachon et le chef restaurateur Christophe Marguin, qui s'associe pour le grand dîner de charité donné le 2 octobre prochain en faveur des chrétiens d'Irak.

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Que Saint-Irénée trouve désormais sa place au Vatican est évidemment un immense sujet de fierté pour son auteur, qui remercie encore la Fondation Saint-Irénée, son président et Mgr Barbarin de leur confiance.

http://www.leprogres.fr/rhone/2014/09/19/et-si-bernachon-fabriquait-un-gateau-pour-le-pape

11:16 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

17 septembre 2014

"MONSIEUR BARYE"

Je viens de relire "Monsieur Barye" par Michel Poletti, qui est également, avec Alain Richarme, l'auteur d'un ouvrage de référence paru en 2000 : "Barye - Catalogue raisonné des sculptures" (Gallimard).

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"La vie de Barye se raconte en quinze lignes" (Charles Blanc, historien et critique d'art contemporain de Barye). Heureusement que M.Poletti ne s'en contente pas et va bien au-delà, puisant dans une abondante documentation et s'appuyant notamment sur "L'oeuvre de Barye" de Roger Ballu, paru en 1890.

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"Monsieur Barye" se lit comme un roman. On y découvre un enfant pauvre et sans instruction, entrant très jeune en apprentissage chez un graveur sur acier, mobilisé en 1811 comme huit autres employés mais seul survivant en 1814. Très tôt "tourmenté par sa vocation de sculpteur" selon ses propres mots, son destin a peut-être été radicalement influencé par un sculpteur faisant partie comme lui de la Garde Nationale et qui lui donna des conseils. Barye en parlait comme d'une rencontre importante.

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A l'époque, la seule façon pour un artiste de se faire remarquer, de vendre, d'engranger des commandes et donc de vivre était le salon des artistes français, que l'on appelait simplement "le Salon". Par ses origines prestigieuses - il a été créé par Colbert - et par l'abondance des œuvres présentées, il est extrêmement réputé et populaire. La presse se fait l'écho de ce qu'on y voit, ce qui s'y passe, les critiques y assassinent des artistes ou les portent aux nues, des scandales éclatent à propos de certaines œuvres comme, par exemple, "Le gorille emportant une négresse" de Frémiet (NB : "Le déjeuner sur l'herbe" de Manet fit lui aussi scandale, en 1863, mais c'était au Salon des Refusés).

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A l'époque de Barye, au Salon, les peintres se taillent  la part du lion alors que les sculpteurs sont relégués dans un couloir étroit et sombre. Lors du vernissage - terme né au Salon - la foule est immense et... pas toujours très soigneuse ! Balzac, dans un de ses romans, raconte que les sculptures sont "entassées les unes sur les autres dans un espace de quelques pieds carrés et si serrées que quatre personnes ne peuvent rester en même temps à les examiner". Une chroniqueuse de l'époque évoque "le public le plus vulgaire, les femmes les plus communes, les tournures les plus grotesques. Et puis, quelle foule ! Comme on se pousse ! A chaque porte, quelle cohue !". Avec philosophie, Barye raconte, lui, que ce qu'il présente "placé au bas de l'escalier servait de vestiaire. Souvent, j'y trouvais accroché quelques paletots ou quelques châles. Mais, enfin, j'y étais !".

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Barye aura de nombreux enfants (11 ! dont Alfred, très bon sculpteur lui aussi) mais hélas il en perdra beaucoup, comme sa première femme, et la quasi-misère le forcera à les déposer à la fosse commune. Car il fallut attendre bien longtemps avant que son génie, pourtant remarqué par les critiques dès ses premiers envois au Salon, lui permette d'enfin "décrocher" des commandes publiques, de récupérer ses moules, chefs-modèles et outils - jusqu'à son poinçon - gagés chez son créancier. Ce n'est qu'à près de 60 ans qu'Antoine-Louis Barye peut enfin jouir d'une certaine aisance. "J'ai attendu les chalands toute ma vie, ils m'arrivent au moment où je ferme mes volets !" dira l'artiste avec sans doute un peu d'amertume.

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M.Poletti trace ainsi le portrait d'un homme profondément humble, d'une extrême honnêteté, travailleur infatigable, mû par un élan, une force intérieure qui lui fait traverser toutes les difficiles épreuves de la vie, d'un XIXème siècle très agité, et surmonter les pièges et mauvais coups des jaloux.

Barye était aussi peintre et fit partie de l'école de Barbizon, où il acheta l'ancienne maison de l'excellent peintre Olivier de Penne. La principale source d'inspiration de sa sculpture et de sa peinture, à lui qui ne quittait pas souvent Paris et ne voyagea jamais hors de France, est toujours restée la ménagerie du Jardin des Plantes, où, très jeune, il entrait furtivement à l'aube grâce au gardien (le "père Rousseau"), qui lui offrait parfois quelques tartines soustraites aux ours.

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Comme, plus tard, avec Rosa Bonheur, on pourrait presque dire que les collectionneurs et marchands américains découvrirent Barye avant les Français, précisément à partir de 1859. En 1873, Corcoran, qui venait de créer à Washington la Corcoran Gallery, décide d'y créer une salle entière dédiée à Barye. Pour la remplir, il commande à l'artiste une pièce de chacun de ses modèles. "Mon propre pays n'en a jamais fait autant pour moi !" dira Barye, ému aux larmes. 

 

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Je n'ai cité ici que quelques épisodes de la vie de ce grand artiste mais on comprend déjà que la vie de Barye ne se résume finalement pas "à 15 lignes" mais est contraire très riche. Abondamment illustré, bien écrit, ce livre est d'un très grand intérêt. A lire.

"Monsieur Barye" - Michel Poletti - Editions Acatos - Novembre 2002 - 322 p.

21:25 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2)

02 septembre 2014

EDITION EN BRONZE DES ZÈBRES DE GRANT SE BATTANT

Voici l'édition en bronze des zèbres se battant. Il s'agit en fait d'un étalon harcelant une jument pour la ramener, elle et son petit, dans la harde.

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Pour en savoir plus, vous pouvez vous reporter à la note suivante :

http://www.damiencolcombet.com/archive/2014/04/15/nouvell...

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C'est une pièce assez grande, mesurant environ 40 cm de long.

Ce modèle, le 1/8, est actuellement présenté à la galerie Michel Estades à Lyon.

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D'autres images sur l'album photo à droite de cette page.

Et puis, pour s'amuser, une photo du tout petit poney shetland (10 cm de haut) en bronze mais avec une patine colorée, proche de la robe des véritables poneys.

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20:00 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)