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30 avril 2015

EXPOSITION ROSA BONHEUR AU MUSÉE DE VERNON (EURE)

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Le marché aux chevaux - Lithographie - Rosa Bonheur

Le musée de Vernon dans l'Eure, à 25 km au nord-ouest de Mantes-La-Jolie, possède des trésors de l'art animalier : des oeuvres de Paul Jouve, Pompon, Godchaux, Peter, Bugatti, Sandoz, Nam, Petersen, Guyot, mais aussi d'artistes contemporains comme le très talentueux Nicko Rubinstein.

Par le passé, de belles expositions ont été organisées autour de Harry Heliot, Steinlein, Maurice Prost, Gaston Susse, Roger Godchaux ou simplement d'un thème comme le cheval.

Vernon a donc la chance d'avoir un musée riche de belles œuvres et très dynamique.

Etude de tête de cheval - Gravure -  Rosa Bonheur.JPG

Etude de tête de cheval - Rosa Bonheur

Une exposition qui promet d'être magnifique vient d'être inaugurée sur le thème passionnant de "Rosa Bonheur ou l'éloge du monde animal". Grâce à la collaboration de plusieurs grands musées, d'associations et de particuliers, de nombreuses œuvres de la très grande artiste (1822-1899) seront présentées. Peintures, dessins, gravures, sculptures, documents divers sont regroupés par thèmes : présentation de l'artiste, les voyages, le Marché aux chevaux, le havre de By à Thomery, sa famille, Buffalo Bill, qui fut pour Rosa Bonheur un ami et un sujet d'inspiration.

Rosa bonheur - Les paturages - Gravure en couleurs.JPG

Troupeau de Salers dans la montagne

Le musée, sous l'égide de sa dynamique responsable, Judith Cernogora, a planifié une série de conférences qui se tiendront tout au long de l'exposition : le Marché aux chevaux, Ernest Gambart marchant d'art et ami de Rosa Bonheur, Rosa Bonheur un pinceau sans frontières, Buffalo Bill au temps de Rosa Bonheur, l'intérêt zootechnique de l'oeuvre de Rosa Bonheur, etc.

Pour ma part, j'interviendrai le 6 juin à 15h sur le thème de Rosa Bonheur et la sculpture animalière.

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Taureau marchant - Bronze de Rosa Bonheur

Il ne faut pas manquer cette exposition, qui sera l'occasion de visiter la jolie ville de Vernon !

 

"Rosa Bonheur ou l'éloge du monde animal"

Du 26 avril au 20 septembre 2015

Musée de Vernon - 12 rue du Pont - 27200 Vernon

Du mardi au dimanche de 10h30 à 18h

http://www.vernon27.fr/Culture/Musee-de-Vernon

16:14 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

27 avril 2015

LA TROUPE DES ÉLÉPHANTS GROSSIT PEU A PEU...

Dans une note précédente, je vous présentais ma dernière création, un vieil éléphant d'Afrique, et j'indiquais qu'il s'agissait d'une première étape.

http://www.damiencolcombet.com/archive/2015/04/02/nouvell...

En voici une seconde, avec la création d'un tout petit éléphanteau, qui doit courir pour suivre le rythme, et d'un adolescent déjà grand mais encore rond, avec de toutes petites défenses.

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Le reste de la troupe va les rejoindre peu à peu.

10:50 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

20 avril 2015

LA VALEUR D'UN BRONZE (58) : LIONNE RAPPORTANT UN MARCASSIN, DE CAIN

Nous allons parler cette fois d'un très bon sculpteur sur qui je n'avais pas encore fait de note : Auguste Cain. Monsieur K. m'a en effet envoyé quelques photos d'un grand bronze de ce sculpteur : on y voit un fauve tenant dans sa gueule un jeune sanglier ; trois lionceaux lui font bon accueil.

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Auguste Cain est né Paris en 1821 et y est mort en 1894. Un article d’un journal de 1879 l’appelait “le statuaire des lions et des tigres”. Cain a eu un parcours étonnant puisqu’il fut d’abord apprenti boucher avant de commencer la sculpture sur bois chez Alexandre Guionnet puis chez le grand Rude, le sculpteur de La Marseillaise de l’Arc-de-Triomphe de l’Etoile à Paris.
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Il épousa Julie Mêne, la fille de Pierre-Jules Mêne et il fut là à bonne école. On apprend d’ailleurs en lisant la vie de Mêne que les parents Mêne et les enfants Cain partageaient la même grande maison. Après la mort de Mêne, c’est d’ailleurs Julie Cain puis les enfants Cain qui superviseront – très bien – l’édition des bronzes de PJ Mêne.
 
Cain a, dans une première partie de sa vie, surtout modelé de petits modèles qui seront fondus en bronze, notamment chez Susse (après sa mort). Puis, à partir de 1868, il est accaparé par des grandes commandes de l’Etat, objectif que souhaite atteindre tout sculpteur. A l’entrée des Tuileries, de chaque côté du grand escalier, on peut admirer deux très grands groupes : Lion et lionne se disputant un sanglier, et Tigres attaquant un rhinocéros. Dans le jardin des Tuileries, on trouve encore plusieurs œuvres de Cain, ainsi qu’à Chantilly. Certains de ces modèles ont été édités en petite taille, et bien souvent en plusieurs tailles différentes. C’est le cas par exemple du lion ayant tué une autruche.

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 Rhinocéros attaqué par deux tigres

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Lion et lionne se disputant un sanglier

Auguste Cain a participé au Salon des Artistes Français de 1846 à sa mort. Selon le Dictionnaire des bronzes du XIXème (P.Kjelleberg), de son vivant, Cain a fait fondre ses bronzes dans la fonderie de son beau-père Pierre-Jules Mêne. Mais selon MM.Poletti et Richarme (Catalogue raisonné des bronzes de PJ Mêne), Mêne n’a jamais eu de fonderie ! J’avoue avoir plutôt tendance à croire MM.Poletti et Richarme car aucun bronze de Mêne ne porte une quelconque marque de sa propre fonderie. Cain et Mêne faisaient donc certainement fondre leurs bronzes chez divers sous-traitants dont ils surveillaient très étroitement le travail. Après la mort de Cain, ses bronzes seront principalement édités par Susse (comme celui de notre internaute) et parfois Barbedienne. Les grands bronzes seront fondus par Thiébaut, Gonon, Barbedienne et d’autres grands fondeurs.

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 Lion ayant tué une autruche (petit modèle)
 
Dans le catalogue ancien des bronzes de Cain, Susse propose deux versions pour notre bronze : l’une au prix de 1300 francs avec un seul lionceau, l’autre au prix de 1600 francs avec trois lionceaux. Les deux ont pour longueur 62 cm de haut mais la version 1 lionceau mesure 76 cm de long contre 87 cm pour la version 3 lionceaux. Il est précisé qu’il s’agit d’une “Lionne rapportant un marcassin” et non un sanglier.

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Coq sur un panier (petit modèle) - A.Cain

 
Le thème du fauve rapportant du gibier à ses petits a été exploré de deux façons par Cain : d’une part la lionne rapportant un marcassin, d’autre part le tigre rapportant un paon (et qui existe également en deux tailles). On ne peut s’empêcher de rapprocher ces bronzes de celui de Delabrierre (1829-1912) : “lion rapportant un lièvre à ses lionceaux” ou “Premier gibier”, mais le modèle de Cain est beaucoup plus beau, même si, comme dans celui de son confrère, le fauve est un peu trop triomphant et fier de lui. Dans le bronze de Cain, la lionne aurait eu la tête baissée vers ses petits, la scène aurait été beaucoup plus naturelle. Le marcassin est admirable : on croit le voir encore vivant se secouer et agiter ses pattes dans l’espoir vain de desserrer l’étau de la mâchoire du félin.
 
Il faudrait voir ce bronze en vrai mais le modèle qui nous est présenté semble être une bonne fonte : la signature du fondeur (la fonderie Susse existe d’ailleurs toujours), la ciselure, la patine le montrent. C’est probablement une fonte ancienne, postérieure à 1894 mais qui pourrait être du début XXème.

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Coq (petit modèle) - A.Cain

 
Quelle valeur donner à ce grand bronze ?
 
Il a pour avantage d’être grand, en bon état, d’être d’un très bon sculpteur et de porter l'estampille de Susse, même si cela signifie donc fonte posthume. Toutefois, c’est un modèle un peu “pompier”, avec la lionne - dont la tête est d'ailleurs un peu celle d'un tigre, avec ses favoris - si fière d’elle, et certains amateurs peuvent la juger, à tort selon moi, un peu trop cruelle. Enfin, c’est un sujet qui a été assez abondamment édité et que l’on trouve donc régulièrement en salle des ventes. Tout ceci fait que, comme pour la tigresse apportant un paon à ses petits, il n’a pas une valeur toujours aussi élevée qu’on pourrait s’y attendre pour un modèle de cette taille.

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Voici quelques résultats relevés en salle des ventes :
 
- Issy les Moulineaux en nov. 2014 : estimé 1500 à 2000 € (ce qui est quand même très faible !), il a été adjugé à 3500 €
- Doullens en déc 2013 : il était estimé 7500  à 9000 €, ce qui cette fois me semble beaucoup trop élevé, mais je n’ai pas le résultat des enchères
Il a été mis en vente à Reims trois fois fin 2004 puis courant 2005, mais je n’ai pas les résultats. Il a probablement été vendu la 3ème fois donc il ne l’a pas été la 2ème alors qu’il était estimé 3000 à 4000 €
- Lyons la Forêt en mars 2003 : il a été adjugé à 1700 € mais il s’agissait d’une version plus petite (45 cm)
- Paris en nov. 2002 : adjugé à 4000 €
 
J’arrête là l’énumération, mais on le trouve bien souvent en ventes à des dates plus anciennes, avec des résultats extrêmement variables, qui vont de 2000 € à 13 000 € (ce chiffre reste néanmoins un peu exceptionnel et se rapportait probablement à une excellente fonte du vivant de Cain).
 
Je pense qu’en fonte Susse, donc posthume, dans un contexte de baisse du prix des bronzes animaliers anciens (XIXème), notre bronze pourrait être estimé autour de 3500 voire 4000 €, ce qui resterait à confirmer en voyant le bronze "en vrai".
 

Vous avez un bronze animalier et vous voulez connaître son histoire, sa valeur, en savoir plus sur l'artiste ? Envoyez-moi les dimensions exactes et des photos très nettes (10 Mo max. par mail) de l'ensemble du bronze, du dessous du socle, de la signature, le cas échéant de la marque du fondeur. Mais inutile de laisser une demande en commentaire de cette note : il faut envoyer vos éléments à damiencolcombet@free.fr

11:59 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

14 avril 2015

MES BRONZES AU SALON D'ANTIBES (18 avril - 4 mai)

Du 18 avril au 4 mai 2015, se tiendra le 43ème Salon d'Antibes, désormais appelé "Antibes Art Fair".

Avec une centaine d'exposants (antiquaires et galeries), plus de 25 000 visiteurs et collectionneurs, il s'agit là d'un des plus grands salons français. Après plusieurs années de travaux pour la construction d'un parking souterrain, le salon retrouve son site d'origine, face au port d'Antibes et à la Méditerranée : l'esplanade du Pré des Pêcheurs.

Les galeries Michel Estades seront présentes sur deux stands : 312 et 408, allée Cocteau, entrée vieille ville. Elles y présenteront notamment mes bronzes animaliers.

En vous présentant à l'une des galeries Estades (Paris-Lyon-Toulon), vous pourrez obtenir des invitations pour le salon d'Antibes.

Plus d'informations sur :http://www.salon-antiquaires-antibes.com/

14:21 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

08 avril 2015

QUELQUES MOTS DE RODIN

Je me méfie un peu de Rodin. D'un côté, il y a le mondain, avide de succès, l'homme à femme, celui de Marie-Rose Beuret et de Camille Claudel, celui du Balzac que je ne trouve pas extraordinaire (et dont un humoriste avait dit dans un journal en 1898 qu'il le trouvait "un peu trop'homme de terre en robe de chambre") et d'autres œuvres encore qui ne sont peut-être pas si géniales que cela, bref le sentiment que parfois l'homme a pris le pas sur son oeuvre.

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L'âge d'airain

Et d'un autre côté, il y a le grand sculpteur, l'élève de Barye, le créateur du Baiser, de la Porte de l'Enfer, du Penseur, des Bourgeois de Calais, de Victor Hugo et de tant d'autres belles œuvres.

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Le Baiser

Mais au-delà de l'appréciation personnelle des œuvres de Rodin, je voudrais vous faire partager ici quelques lignes de sa main découvertes dans un petit livre édité en 2011 chez Fayard "Faire avec ses mains ce que l'on voit". Tout n'est pas passionnant dans ce livre mais j'ai été touché par certains passages. Voici ce qu'écrit "le maître" :

 "Ce qui m'a guidé, c'est surtout ce grand amour de la Nature ; oui, il faut l'aimer, être constamment avec elle. C'est la véritable Grande Muette, mais elle finit par vous parler, par vous inspirer, et par vous livrer ses secrets.

Il n'y a de vrai que la nature qu'il faut savoir regarder. On ne le sait pas. Quand on est jeune, on s'éparpille, on se gaspille. On a dans la cervelle un tas d'imaginations, de rêves, d'idées toutes faites. On cherche des sujets dans sa tête, il faudrait apprendre à ouvrir les yeux. C'est difficile."

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Et encore ceci qui me plaît beaucoup. Une lecture superficielle ferait penser que pour suivre ce conseil, il faut que l'exagération dont parle Rodin se voit. Or non, elle doit être si bien faite qu'elle ne se voit pas. Observez les bourgeois de Calais : leurs membres sont disproportionnés, les mains sont immenses mais il n'y a là rien de choquant.

"Toujours, toujours, j'ai copié la nature dans sa naïveté, et c'est en exagérant le mouvement que j'obtiens parfois une souplesse qui se rapproche du vrai. C'est en somme ce que faisaient les Anciens : ils amplifiaient la nature".

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Jean d'Aire, l'homme à la clé, l'un des Bourgeois de Calais (Musée de Bruxelles)

Rodin insiste encore :

 "Il faut donc se mettre devant la Nature, devant son mystère.

Il faut, pour la pénétrer, donner sa vie ou une grande partie de sa vie. Ainsi, ce que l'on apprend d'elle on le retient, car on le fait sien. Et si l'on comprend quelque chose, c'est un don créateur que la nature s'est laissée ravir. Les observations faites devant la nature sont votre création. [...]

Mais il est nécessaire pour cela d'être lent, de se tromper, de revenir ensuite sur le sujet de son étude, de même qu'il faut battre et rebattre le fer pour qu'il soit fort.

On ne gagnerait rien à comprendre du premier coup, car à chaque étape de l'art, il faudrait recommencer son travail. Pour qu'il entre dans l'habitude de votre cerveau et qu'il devienne le secret de votre art, il faut s'assimiler longuement le secret de la nature. Ce n'est pas tout que la tête comprenne, il faut en quelque sorte que tout le corps s'en nourrisse, il faut que cela entre dans le sang. C'est ce que l'on peut appeler la passion, l'amour éperdu de son art. Tout ce qui se fait trop vite ne peut pas être profondément compris, car il y a de la passion dans l'entière compréhension et la passion n'est pas une chose qui vous traverse mais une chose qui vous habite, qui vous possède."

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Le Penseur

Auguste Rodin sait se montrer très critique envers certains artistes :

"La plupart des œuvres contemporaines manquent totalement de métier. Tout y est faux, parce que la volonté de l'artiste n'a pas été mûrie par l'observation directe et par l'expérience personnelle. C'est l'anarchie des esprits, et aussi l'anarchie des formes.

Il serait indispensable que les nouvelles générations d'artistes apprissent de nouveau la sainteté du métier, pour que l'art redevienne ce qu'il a toujours été, l'expression complète et consolante de l'idéal humain. Il faudrait qu'ils sussent que ce que l'on appelle le métier aujourd'hui, n'est que le trompe-l’œil facile et insignifiant de quelques branches de l'industrie, et non de quelques genres de l'art."

Et pour finir, quelques conseils avisés et parfois difficiles à accepter :

"Accueillez les critiques justes. Vous les reconnaîtrez facilement. Ce sont celles qui vous confirmeront dans un doute dont vous êtes assiégé. Ne vous laissez pas entamer par celles que votre conscience n'admet pas."

Faire avec ses mains ce que l'on voit - Auguste Rodin - Fayard Coll. Mille et Une Nuits 2011 - 232 p. -  5 €

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10:41 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)