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17 septembre 2015

TROIS ŒUVRES SÉLECTIONNEES POUR LE SALON DES ARTISTES FRANÇAIS AU GRAND PALAIS

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Après l'annonce par le jury du Salon National des Artistes Animaliers de Bry/Marne que deux de mes bronzes étaient retenus pour l'édition 2015 du Salon (voir note précédente), j'ai appris cet été que, dès ma première candidature, le jury du Salon des Artistes Français avait sélectionné trois œuvres pour être exposées au Grand Palais à Paris, du 24 au 29 novembre 2015, dans le cadre de "Art en Capital".

Sous l'immense nef du Grand Palais, seront donc présentés "La course des oryx", "Le rhinocéros blanc chargeant et son petit" et "Les éléphantes d'Asie au zoo".

Le Salon des Artistes Français a une histoire très prestigieuse.

Le terme « Salon » apparaît en 1725 : c’est là, dans le Grand Salon du Louvre, que sont souvent présentées les œuvres des membres de l’Académie royale des Beaux-Arts. A partir de 1747, le Salon devient bisannuel. Il connaît un succès prodigieux : dans les années 1780, on compte un millier de visiteurs par jour.

Sous le nom très simple de « Salon de peinture et sculpture », le Salon continuera sous la Révolution, même en 1793 malgré le contexte dramatique. Sous la Restauration, il redevient « Salon de l’Académie royale » puis à nouveau « Salon de peinture et sculpture » de 1848 à 1881, où il prend le nom de « Salon des Artistes français ».

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A cette époque, le Salon est essentiel car pour un artiste, c’est LE lieu où montrer ses œuvres, espérer attirer l’œil des critiques et des journalistes, et idéalement recueillir des commandes d’Etat. C’est bien pour tout cela que les plus grands sculpteurs et peintres soumettent leurs oeuvres au jury avec l'espoir d'y être acceptés.

Au XIXème siècle, il ne faut pas imaginer le Salon comme une belle galerie d’art figée, silencieuse comme un musée et réservée à l’élite. Balzac raconte que les sculptures sont "entassées les unes sur les autres dans un espace de quelques pieds carrés et si serrées que quatre personnes ne peuvent rester en même temps à les examiner". Une chroniqueuse de l'époque évoque "le public le plus vulgaire, les femmes les plus communes, les tournures les plus grotesques. Et puis, quelle foule ! Comme on se pousse ! A chaque porte, quelle cohue !". Avec philosophie, Barye raconte, lui, que ce qu'il présente "placé au bas de l'escalier servait de vestiaire. Souvent, j'y trouvais accroché quelques paletots ou quelques châles. Mais, enfin, j'y étais !". En effet, les peintres se taillaient la part du lion et les sculptures étaient relégués dans une sorte de couloir obscur.

Je note que les incidents et bousculades n'ont pas cessés car lors du vernissage de l'édition 2014, l'affluence était telle que certains artistes qui exposaient n'ont pu entrer et qu'une bagarre a éclaté à la porte du Grand Palais lorsque les portes ont dû être momentanément fermées !

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Les Salons ont donné lieu à des anecdotes parfois amusantes. Il y eut de véritables cabales contre des artistes refusés par un jury jaloux de leur succès – ce fut le cas de Barye - et des querelles autour d’œuvres jugées immorales. Je ne reparlerai pas ici des scandales provoqués par certains tableaux mais plutôt de ce qui a trait à la sculpture.

Emmanuel Frémiet avait réalisé une scène de combat entre un gorille et une femme. Dans la première version, réalisée en 1859, le singe - qui semble être un curieux croisement de gorille et de chimpanzé - s'enfuit en courant, tenant par la taille le corps d'une femme inanimée ou morte dont les pieds traînent par terre. Cette œuvre fit scandale car on y vit l'expression de fantasmes inavouables sur les rapports entre femme et singe (une femelle pourtant). Théophile Gauthier prit farouchement parti pour le sculpteur. La pièce, soumise au Salon, fut refusée et faillit être retournée à l'auteur. Le comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts et protecteur de Frémiet, obtint qu'elle soit simplement dissimulée derrière un rideau, dans un débarras. Mais la foule la chercha et souleva le rideau !

Nadar, ami de l'artiste, se moqua du jury en décrivant ainsi le gorille : "Il emporte dans les bois une petite dame pour la manger. M.Frémiet n'ayant pu dire à quelle sauce, le jury a saisi ce prétexte pour refuser cette œuvre intéressante". Le modèle en plâtre ayant été détruit dans l’atelier de Frémiet par des ouvriers malveillants à qui Frémiet demandait de faire un peu moins de bruit, le sculpteur en fit une seconde versionen 1887, mais cette fois le gorille est percé d'une flèche, il tient une pierre  dans sa main et la femme n'est pas inanimée : elle essaie de se défaire de la terrible emprise du singe. L'œuvre fut accueillie avec enthousiasme et obtint la Médaille d'honneur. Rosa Bonheur eut également à souffrir du jury du Salon, qui luttait farouchement contre toute nouveauté.

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En 1848, il fut décidé par le Ministère de l’Intérieur que tous les artistes pourraient exposer librement. On se demande d’ailleurs comment cela fut techniquement possible : 5180 œuvres furent montrées ! Rosa Bonheur y montra 6 peintures et deux sculptures.

Depuis 2006, le Salon est de retour au Grand Palais. Art en Capital regroupe quatre salons : le Salon des Artistes français (650 artistes environ), le Salon des Artistes indépendants, Comparaisons et le Salon du dessin et de a peinture à l'eau. En tout, ce sont donc près de 2500 artistes qui exposent sous la vaste verrière du Grand Palais.

Un épais catalogue est édité chaque année.

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Toutes les informations sur http://www.artistes-francais.com/

15:26 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je suis ravie pour vous! C'est hautement mérité!

Écrit par : Sylvie Ducloux-Lebon | 21 septembre 2015

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