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21 octobre 2015

NOUVEAUX LIVRES : OUVRAGES DU MUSÉE DE VERNON

Le beau Musée de Vernon (Eure), dont j'ai récemment parlé à propos de l'exposition Rosa Bonheur qui s'est tenue cet été, est spécialisé - mais de façon non exclusive - dans l'art animalier. On peut y admirer des peintures de Rötig, de Jouve et Sandoz, des bronzes de R.Bugatti, d'Alfred Barye, de N.Rubinstein, des terres de Roger Godchaux, etc.

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Et ce Musée fort dynamique édite également de remarquables ouvrages. Les plus récents (Harry Eliott, Rosa Bonheur) sont dans un format carré, original et très agréable.

Voici une sélection de ces catalogues d'expositions.

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En 2008, le Musée de Vernon a accueilli une exposition consacrée à Maurice Prost (1894-1967), exposition qui s'était tenue l'année précédente au Musée de Brunoy. Cet artiste connût un destin dramatique qui ne l'empêcha pas de devenir une excellent sculpteur et dessinateur.

Né à Paris en 1894, Maurice Prost est fils d'hôtelier. Il grandit près des Halles et aime beaucoup traîner aux abattoirs de La Villette ou sur les bords de la Seine. Bon dessinateur, il suit des cours auprès de différents professeurs, dont l'excellent sculpteur Charles Valton, qui fut élève de Barye et Frémiet. Prost produit très tôt ses premières pièces, remporte des prix et semble promis à un bel avenir.

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Mais la guerre de 14-18 va le frapper : dès décembre 1914, en Argonne, il est grièvement blessé au bras gauche, que l'on doit lui amputer. Terrible épreuve pour un sculpteur ! Malgré tout, de sa seule main droite, Maurice Prost travaille la glaise, la cire, la plastiline tout en regrettant de ne plus pouvoir se lancer dans la taille directe, qui l'attire particulièrement. En 1927, il déménage dans le 5ème arrondissement et un outil observé dans la verrerie voisine lui donne l'idée d'utiliser un burin pneumatique relié à un compresseur. Calé au creux de son épaule gauche, guidé par sa main droite, le burin va lui permettre de réaliser ses rêves de sculptures.

C'est toute cette histoire que l'on retrouve dans le catalogue Maurice Prost, avec de nombreuses illustrations des œuvres très variées de cet artiste inclassable, capable du plus grand réalisme comme de l'extrême stylisation.

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En 1995, le Musée de Vernon a consacré une exposition à Jacques Nam (1881-1974). Né à Paris, Jacques Lehmann, qui prendra le pseudonyme de Nam, aime dès sa jeunesse dessiner les chats. Il devient élève de Gérôme, excellent peintre et sculpteur et farouche ennemi de l'Impressionnisme. Nam se consacre ensuite à l'illustration de presse puis de livres suite à une belle rencontre avec Colette, qui le séduit avec son Dialogues de bêtes. 

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Mais Nam ne se limitera pas aux chats et aux chiens pour lesquels il est connu : passionné par les zoos, il se rend fréquemment à Anvers, où il finit par louer un appartement, et voyage en Afrique du Nord, en Italie, en Autriche... Très talentueux, il sculpte des chiens, des chats, des lapins, un chimpanzé..., il continue ses illustrations souvent humoristiques, reçoit une commande d'Etat (une grande et magnifique "Histoire Naturelle" pour l'école de Mantes-La-Jolie), réalise de grandes fresques pour des habitations privées, peint des nus, des scènes de port, des portraits...

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Incorporé en 1914, frappé en 1940 par les mesures anti-juives, Jacques Nam médite sur la guerre, la conduite à tenir pendant l'Occupation, les horreurs de l'Epuration.

Nam est aussi connu comme un des grands spécialistes de la laque. Intéressé par cette technique dès le lendemain de la guerre de 14-18, il y voit un moyen de se démarquer des autres artistes animaliers. il aime aussi la minutie des gestes, la précision du travail de sculpteur qui est exigé.

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En 1993, c'est à Roger Godchaux, connu pour ses sculptures d'éléphants indiens et de fauves, que le Musée de Vernon a consacré une exposition. Godchaux (1878-1958) est né dans une famille aimant l'art : sa mère est concertiste et son père antiquaire. Très doué pour le dessin, il entre - lui aussi ! - dans l'atelier de Gérôme, puis, après son service militaire, se consacre aux illustrations, lithographies, à quelques bas-reliefs et gravures de médailles, puis il se lance réellement dans la sculpture.

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Godchaux connût une carrière "tranquille", faite de stabilité familiale, de succès régulier sans "période noire" ni dépression. Il expose beaucoup, reçoit des commandes d'Etat, intéresse les collectionneurs français mais aussi américains. Adhérent à la Société des Artistes Animaliers, il noue des liens d'amitié avec Jouve, Gardet, Nam, Navellier, Sandoz, etc. Il collectionne les œuvres de ces amis mais se prend aussi de passion pour les bronzes de Barye (1795-1875), dont il possédera une quarantaine d'exemplaires, reconnaissant sans doute en ce maître disparu le précurseur, le pionnier de cet art animalier auquel il se consacre. En 1940, Godchaux est comme Nam frappé par les mesures anti-juives mais ne quitte pas Paris et continue à travailler sans cesse dans son atelier. Il meurt à 80 ans en 1958, très éprouvé physiquement.

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Gaston Suisse (1896-1988) eut les honneurs de l'exposition de 2000 au Musée de Vernon. Cet artiste entre en 1913 à l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et s'intéresse alors surtout à la gravure. Mais appelé dès 1914, il traverse la guerre dans des conditions dures, effectuant des travaux de terrassier, ne cessant de pratiquer des marches forcées, puis appelé en Orient où il passe deux ans. Il subit le bombardement de l'hôpital (pourtant signalé par une croix rouge de 4 m x 5 m !), est envoyé dans les tranchées, dans un secteur assez calme mais où il règne un froid intense. A la fin de la guerre, Suisse reçoit plusieurs distinctions. Sa vaillance ne se démentira pas pendant la seconde guerre mondiale, puisqu'il s'évadera d'un camp de prisonniers, reviendra vivre incognito à Paris et réussira même à exposer à la barbe de l'occupant.

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Suisse est l'un des grands spécialistes de la laque et les œuvres reproduites dans ce catalogue sont splendides. Un peu à l'image de Rosa Bonheur, Gaston Suisse vit entouré d'une multitude d'animaux : il recueille des chouettes pour lesquelles il doit élever des souris et des grenouilles, il apprend à son merle à siffler "J'ai du bon tabac", il héberge une pie, un martin-pêcheur, un rouge-gorge. Tous ces animaux se retrouveront sur ses laques, tout comme les poissons, motif très à la mode dans les années 1920-1930. Et comme ses amis animaliers, Suisse fréquente le Jardin des Plantes où un chimpanzé baptisé Solange tient la vedette, prenant diverses poses dès l'arrivée des artistes.

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En 2002, le Musée de Vernon a pris pour sujet d'exposition "Un Cheval, des Artistes". Le catalogue reproduit donc des peintures, sculptures, dessins, gravures d'un grand nombre d'artistes et est articulé autour de thématiques telles que "Le portrait équestre", "Le cheval et le monument aux morts", "Les chevaux de course", "Le cheval dans la ville", etc. Un beau catalogue, riche et varié.

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Le catalogue ci-dessous n'a pas été édité à l'occasion d'une exposition mais est destiné à faire connaître les très nombreuses œuvres de Théophile-Alexandre Steinlein appartenant aux collections permanentes du Musée de Vernon.

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Steinlein est né en Suisse en 1859, d'une mère d'origine française. Il s'installe à Paris en 1881, y fait connaissance d'Aristide Bruant et Jean-Louis Forain,  et, l'année suivante, commence à faire paraître dans la presse les dessins de chat qui feront sa réputation. Steinlein collaborera ensuite avec de nombreux éditeurs et illustrera des ouvrages de Courteline, Aristide Bruant, Anatole France, Victor Hugo, etc. En parallèle, il réalise un grand nombre d'affiches publicitaires. En 1898, il réalise ses premières gravures. Il fréquente Henri Rivière et bien d'autres artistes, écrivains, éditeurs. Il voyage, participe à la création de journaux, expose au Salon d'automne où une salle lui est réservé. Des expositions personnelles lui sont consacrées à Paris, Londres, Lausanne... Il meurt à Paris en 1923. Steinlein n'a pas dessiné que des animaux. Au contraire, le catalogue édité par le Musée de Vernon présente surtout des portraits, des scènes de genre, de guerre, de rue...

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Comment cette collection de près de 250 œuvres de Steinlein, artiste suisse, se retrouve-t-elle à Vernon alors que cet artiste n'avait pas d'attache particulière avec cette ville ? C'est en fait une curieuse histoire, celle de Yvan Lamberty.

Né en 1872 en Belgique dans un milieu modeste, cet homme est devenu fondé de pouvoir d'une des plus importantes banques de son pays. Il consacre une grande part de ses revenus à l'art, non comme placement mais réellement comme mécène et collectionneur. Les murs de son hôtel particulier sont littéralement couverts de dessins et peintures, les meubles sont chargés de sculptures et bibelots. Lamberty ouvre volontiers sa porte aux nombreux visiteurs, jouant finalement le rôle de galerie. Lors de ses séjours à Paris, il découvre Poulbot mais aussi Steinlein, dont il devient ami et sans doute le plus grand collectionneur. Malheureusement, vers 1918, à la suite d'un divorce semble-t-il, la collection est mise en vente et dispersée. Mais Yvan Lamberty rachète une partie des œuvres et recommence une nouvelle collection, qui devient l'une des plus importantes de la ville : Manet, Courbet, Daumier, Monticelli, Clodion, Meissonier, etc. et 150 œuvres de Steinlein.

Dans les années 30, Lamberty s'installe à Paris. Au moment de la déclaration de la guerre, sa fortune a visiblement souffert et ses collections sont amputées de ce qu'il a fallu vendre. Il quitte Paris et s'installe, pour une raison que l'on ignore, dans le village de Saint-Marcel proche de Vernon. Il prête les pièces de sa collection pour diverses expositions dont la grande rétrospective Steinlein organisée en 1953 par la Bibliothèque Nationale de Paris. Yvan Lamberty décède en 1957. Malgré l'attention de quelques proches Vernonnais, sa compagne connaît alors la solitude et quelques difficultés financières. Selon la volonté de Yvan Lamberty, une cinquantaine d'oeuvres sont données au musée de Vernon, qui va ensuite s'attacher à tenter de reconstituer la collection Lamberty. 

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Enfin, dans le nouveau et très agréable format, un dernier catalogue édité par le Musée de Vernon à l'occasion de l'exposition "Harry Eliott - Le Gentleman illustrateur" début 2012. Français, n'ayant guère quitté Paris et la Normandie de toute sa vie, Charles-Edmond Hermet, plus connu sous le pseudonyme de Harry Eliott, est né à Paris en 1882 dans une famille d'éditeurs et imprimeurs. Ses parents et leurs nombreux enfants vivent dans une relative aisance jusqu'à la mort du père. Son épouse tentera de reprendre l'imprimerie mais elle fera faillite et la situation des Hermet devient plus tendue. Ils déménagent sur l'île du Pont de Neuilly et y occupe un ancien chalet en bois, vestige de l'Exposition Universelle de 1900, où sont accueillis de nombreux chiens, chats, chèvres. Charles-Edmond monte alors avec son frère et sa sœur un atelier de frises et pochoirs pour chambres d'enfants. Il signe EH, qui peut être Edmond Hermet mais aussi Eliott Harry ! Alors que sa soeur devient illustratrice de la Semaine de Suzette et travaille pour Hachette, Gautier-Languereau, Albin Michel, Harry Eliott fonde sa propre imprimerie de pochoirs et reprend comme son père la distribution d'estampes anglaises (dont celles de Cecil Aldin), qui l'inspireront beaucoup.

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Passionné par l'Angleterre, Eliott meuble son intérieur dans le style britannique. Mobilisé pendant la première Guerre mondiale, il en revient traumatisé et y perd son frère, gazé. Il se marie et s'installe dans l'Eure jusqu'en 1940. Cette installation en Normandie marque le début des scènes de chasse. Il illustre aussi des classiques de la littérature pour la jeunesse, tels Croc-Blanc et David Copperfield. Il collabore avec Manufrance pour la réalisation du fameux catalogue, puis avec "Le Chasseur français". Malheureusement, la vie d'Harry Eliott se termine tristement : il ne s'est jamais remis de la Grande Guerre, connaît des soucis de santé, des difficultés matérielles, perd sa femme en 1957 et décède dans la gêne en 1959.

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Le livre édité par le Musée de Vernon est très bien fait, riche de très nombreuses illustrations où l'on retrouve les scènes d'auberges anglaises, les arrivées de diligences dans la neige, les chasses à courre et à tir, la pêche, les réjouissances des moines, mais aussi de nombreuses publicités. Sur la couverture du livre, on reconnait bien Vernon et Vernonnet.

Tous ces ouvrages très intéressants sont disponibles au Musée de Vernon das l'Eure, dont le site internet est : http://www.vernon27.fr/Culture/MUSEE-DE-VERNON

15:15 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

16 octobre 2015

TIRAGE EN CIRE DES "LA MARCHE DES ÉLÉPHANTS"

Et voici quelques photos de l'édition en cire de "La Marche des Éléphants", que je suis allé récemment retoucher à la fonderie Barthélémy Art à Crest (Drôme).

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Si vous n'avez plus tout à fait en mémoire les différentes étapes qui permettent de réaliser un bronze, vous pouvez vous reporter à cet album photo : 

http://www.damiencolcombet.com/album/la_fonte_en_images/

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A cette étape, j'interviens pour revoir complètement chaque animal, vérifier qu'il ne manque pas un bout d'ongle ou de trompe puis je colle les différentes parties : oreilles, défenses, queue... Les joints doivent être masqués et la surface retravaillée.

C'est un très long travail qui rend unique chaque pièce. Les trous que l'on voit sur les cires permettront d'avoir des pièces creuses ; ils seront bien sûr refermés sur le modèle en bronze.

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Disposer les éléphants dans la position finale permet aussi de confectionner le socle ("la terrasse") et de créer une surface irrégulière. La terrasse mesurera donc environ 170 cm de long et 30 cm de large.

Il n'est pas possible de faire fondre l'ensemble d'un seul coup. Chaque éléphant sera donc fondu séparément et, pour des raisons de taille des cylindres, le socle sera séparé en deux parties. Tout sera ressoudé lorsque les pièces seront en bronze.

Et pour imaginer un peu mieux le résultat, voici quelques photos en noir et blanc. L'édition en bronze du premier numéro devrait être prête tout début novembre.

Plusieurs exemplaires ont déjà été réservés...

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15:39 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

04 octobre 2015

NOUVELLE CRÉATION : LE GRAND ÉLAN

Voici une nouvelle création pour se réhabituer à la terre après les vacances : un grand élan.

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Le grand élan (terre)

38 cm (long) x 35 cm (haut) x 20 cm (prof.)

Sur la photo ci-dessus, la différence de couleur entre le corps et les jambes vient du fait que ces dernières sont sèches alors que la terre du corps est encore humide. Les andouillers (pointes des bois) seront affinés sur le bronze.

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Orignaux (élans du Québec)

J'ai déjà réalisé, début 2009, une sculpture de ce cervidé mais elle était toute petite : 16 cm de haut. Cette nouvelle création est beaucoup plus grande : 35 cm de haut environ.

Voici un curieux animal : des pattes interminables, une bosse sur le garrot, des immenses bois palmés, un museau aussi long que celui d'un cheval et se terminant par un renflement assez disgracieux, une barbiche qui peut même pendre en forme de cloche comme chez certaines chèvres, une queue microscopique...

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Elan naturalisé - Muséum d'histoire naturelle de Bruxelles

Et pourtant, l'élan (Alces alces) est un animal impressionnant et majestueux. C'est le plus grand des cervidés : les mâles peuvent mesurer plus de 2 m au garrot et peser 700 kg. L'animal le plus imposant jamais mesuré faisait 2,30 m au garrot et pesait 816 kg. L'envergure de ses bois était de presque 2 m. Presque un Mégacéros, cet autre cervidé qui disparut pendant la Préhistoire et portait des bois gigantesques : plus de 3,50 m d'envergure totale. Le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris et le Musée Confluence de Lyon possèdent chacun un très beau squelette de cet animal. Dans la Grande galerie de l'Evolution, on peut également admirer un superbe élan bien naturalisé.

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Mégacéros - Musée Confluence à Lyon

L'élan, qu'il ne faut pas confondre avec le Wapiti, ce grand cerf d'Amérique du Nord, vit dans les forêts et les marais humides d'une bande géographique horizontale ceinturant le globe : Sibérie, Russie, Scandinavie, Canada (où il est appelé Orignal), Alaska. Les élans étaient présents en Europe de l'Ouest (France, Belgique, Suisse) jusqu'au Moyen-Age. En Russie, il a été domestiqué pour servir de monture et d'animal de trait.

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Le grand élan (terre) - Détail

La majesté des élans vient surtout de leurs bois. Ces grands attributs réservés aux mâles tombent chaque année en novembre et repoussent un peu plus grands. Ils peuvent peser jusqu'à 20 kg et présenter 20 pointes chacun.

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Elan naturalisé - Grande Galerie de l'Evolution - Paris

Je possède un bois d'élan qui m'a été offert par un garde forestier au Québec. Il n'est pas spécialement grand et est très sec, mais il pèse quand même 5 kg et mesure 70 cm de long x 60 cm de large. Il m'a bien sûr servi de modèle pour mon grand élan.

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Bois d'élan

L'élan aime les herbes aquatiques. Il plonge toute la tête sous l'eau, fermant ses narines et pouvant rester ainsi immergé plus d'une minute. Au vaste zoo de St-Félicien au Québec, on peut fréquemment voir cette scène. L'élan ressort parfois de l'eau les bois chargés d'herbes et de branches, ce qui lui donne un air farouche du plus bel effet. J'observe d'ailleurs que bien peu de zoos possèdent des élans, sans doute parce qu'il leur faut beaucoup d'espace.

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Le grand élan (terre), vu de haut.

L'élan est un animal généralement discret. En faisant preuve de patience, on peut toutefois l'apercevoir dans les grands parcs naturels du Québec. Il peut être dangereux s'il est blessé ou en période de rut. Involontairement, il peut également être très dangereux pour les automobilistes lorsqu'il traverse les routes. Au Québec, il m'est arrivé de devoir piler net pour éviter un choc avec cet animal et j'étais bien heureux d'éviter une rencontre brutale avec une bête plus grande qu'un cheval !

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Orignal (Québec)

Assez peu de sculpteurs ont réalisé des élans en bronze. Citons les plus connus : "Le grand élan" de Rembrandt Bugatti, qui lui a fait des jambes exagérément longues, "La chasse à l'élan" créée en 1841 par Antoine-Louis Barye pour faire partie du surtout de table du Duc d'Orléans, où cervidés et cavaliers se battent en une mêlée confuse, le très exagéré mais très beau "Elan surpris par un lynx", toujours de Barye, où l'on voit le petit carnivore réussir à mettre à genoux un grand élan (!).

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 Orignaux (Québec)

Mais selon moi, les plus beaux élans sont ceux de Franz Joseph Pallenberg (1882-1946), excellent sculpteur allemand un peu méconnu. Il a fait fondre un grand élan humant l'air, la tête levée, les naseaux grand ouverts, et un superbe élan couché que j'ai eu la joie d'admirer chez un antiquaire à Bruxelles.

Et si vous voulez voir une scène bien inhabituelle filmée dans une zone pavillonnaire à Anchorage en Alaska, regardez : http://www.ktva.com/video-rutting-moose-duke-it-out-in-an...

19:11 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)