Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 janvier 2015

NOUVELLE CRÉATION : LES BOUQUETINS

Pour bien commencer l'année 2015, voici une nouvelle création : les bouquetins sur le rocher. Inspiré sans doute par la précédente création, les chamois, je persiste dans la ligne des animaux de montagne.

Bouquetin couché 2.jpg

Il existe un grand nombre d'espèces de bouquetins : bouquetin d'Espagne, du Népal, de Nubie, de Sibérie, sans parler des animaux appelés bouquetins à tort et qui sont en fait de la famille des chèvres, comme par exemple le bouquetin du Caucase dont le nom véritable est "chèvre aégagre". Les animaux que j'ai représentés sont des bouquetins des Alpes. 

Yvette Mathieu.JPG

Le bouquetin des Alpes est un gros animal, lourd, massif, proche d'un gros bélier auquel on aurait ajouté deux immenses cornes. Les plus gros mâles peuvent mesurer 90 cm au garrot, 160 cm de long et peser 100 kg. Les cornes atteignent 100 cm de long. Ce sont ces cornes qui caractérisent bien cet animal. Hautes, élégamment recourbées, elles portent à intervalles réguliers de grosses nodosités qui ne marquent d'ailleurs pas le nombre d'années de l'animal. Ces cornes sont si longues qu'un grand mâle peut aisément se gratter le postérieur en rejetant simplement la tête en arrière. C'est bien utile lors de la mue, quand l'animal quitte son pelage d'hiver, car cela provoque de fortes démangeaisons. C'est sans doute le bouquetin de Nubie qui porte les plus belles cornes, parfaitement recourbées en formant presque trois quarts de cercle.

Bouquetins sur rocher 2.jpg

Les cornes sont plus ou moins écartées selon les individus. Sur mon modèle, le bouquetin qui est debout au premier plan a les cornes un peu trop écartées et surtout elles ne sont pas tout à fait symétriques. Cela vient du fait que sur le modèle en terre, il est très difficile de faire tenir correctement les cornes, très lourdes. Pendant la prise des photos, l'une d'elles a légèrement pivoté ! Mais tout ceci sera corrigé sur le modèle en bronze, bien sûr.

Bouquetins sur rocher 1.jpg

L'histoire de la population des Alpes est intéressante. Jusqu'au XVème siècle, cette population était importante, mais, peu farouches et constituant une abondante réserve de viande, les bouquetins se sont fait tuer quand les armes à feu se sont répandues. C'est grâce au roi Charles-Félix de Savoie que les derniers bouquetins ont été sauvés : en 1821, il interdit leur chasse dans le domaine de Grand Paradis puis sur l'ensemble des terres de Savoie. Le roi Victor-Emmanuel II fera de Grand Paradis sa réserve de chasse et créera même un corps de garde-chasse affecté spécialement à la horde de bouquetins. 

P1010644.JPG

Côté français, à cette époque, il reste une petite population d'animaux dans une région plus isolée et escarpée : le massif de la Vanoise. Au cours du XXème siècle, des animaux passent de la Savoie à la Vanoise et accroissent ce groupe. La création de réserves et parcs naturels ainsi que la réintroduction d'animaux puis en 1981 un arrêté ministériel protégeant totalement l'espèce permettent à la population française des bouquetins de s'accroître pour atteindre aujourd'hui plus de 10 000 individus.

 

P1010634.JPG

 

Le bouquetin est dit animal de haute montagne mais en fait il peut se déplacer des crêtes situées à 3000 m l'été aux vallées à moins de 600 m en hiver. Sans doute parce qu'il n'est pas chassé, mais peut-être aussi parce qu'il est d'un naturel confiant, le bouquetin n'est pas farouche et se laisse approcher par l'homme, parfois à de très faibles distances. 

Bouquetin couché 1.jpg

Et pour terminer, deux anecdotes : le bouquetin fait partie des rares animaux à posséder dans le cœur un petit os en forme de croix ; il était autrefois très recherché car évidemment il était censé porter bonheur. Au début du XXème siècle, les autorités suisses demandent au roi d'Italie quelques bouquetins pour pouvoir les réintroduire chez elles ; le roi refuse. Elles demandent donc à un membre d'une famille de braconniers bien connus et très habiles de se rendre en Italie et de capturer des animaux. C'est ce qu'il fera, ramenant deux jeunes femelles et un mâle. J'ignore quelle fut la réaction du roi...

 

P1010657.JPG

Merci à Yvette M. qui m'avait fourni de nombreuses photos des chamois et illustre cette note avec ses photos de bouquetins.

11:27 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

07 janvier 2015

BONNE ANNEE 2015

Bouquetins sur rocher 1 Voeux.jpg

09:52 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

02 janvier 2015

VISITE AU PARC ZOOLOGIQUE DE PARIS

Le Parc zoologique de Paris - plus connu sous le nom de Zoo de Vincennes - a été créé pour l'Exposition coloniale de 1931, battant alors des records de fréquentation, puis s'est agrandi. Il a connu des heures de gloire mais ces dernières années, les structures - en particulier le grand rocher - se sont fortement dégradées et les enclos ne correspondaient plus guère aux standards des zoos modernes.

P1150892.JPG

Après environ 5 ans de fermeture et plus de deux ans de chantiers, le zoo a rouvert courant 2013. Je n'avais pas encore eu l'occasion de le visiter mais c'est maintenant chose faite. A vrai dire, ayant entendu quelques commentaires un peu négatifs de visiteurs ayant découvert le zoo juste après son ouverture - animaux annoncés mais manquants, difficulté à observer les bêtes - j'ai préféré attendre un peu pour m'y rendre.

P1150910.JPG

Le jeu des rochers est très réussi : ils sont propres, bien imités et structurent l'espace de façon à la fois moderne et en rappelant les rochers d'origine. Les lions disposent même de rochers chauffants, où ils aiment s'allonger, restant ainsi à la vue du public.

P1150904.JPG

P1150893.JPG

Vigognes

Parmi les autres points forts du parc, l'aménagement paysager, qui fait du zoo une agréable promenade, même en hiver. Lorsque les arbres auront grandi, l'ensemble sera encore plus joli.

P1150911.JPG

Rhinocéros blanc

P1150912.JPG

L'impressionnante harde de girafes du zoo 

Le zoo présente encore d'autres atouts, en particulier les grandes volières et la présentation d'animaux plutôt rares dans les zoos : jaguar, tapir, grand koudou, tamanoir, lamantin, chiens des buissons...

P1150929.JPG

Grands koudous (mâle et femelle)

P1150935.JPG

Jaguar

Parmi les animaux rares, il y en a un très intéressant dont je connaissais le nom mais que je n'avais encore jamais vu : le Fossa. Il s'agit d'un petit carnivore vivant à Madagascar, que l'on compare parfois à un petit puma mais dont la tête tient plus de la genette, me semble-t-il.

Le fossa est le plus gros prédateur de Madagascar et n'hésite pas à s'attaquer à de grosses proies comme des singes et lémuriens, mais en fait il ne mesure que 70 à 80 cm de long, sans compter une queue aussi longue que le corps et qui lui donne une jolie allure.

P1150974.JPG

Fossa

P1150976.JPG

Comme dans tous les zoos, il est proposé aux visiteurs d'assister aux repas des animaux. Celui des loups ibériques est intéressant : les animaux sont isolés dans une cage voisine et les soigneurs dissimulent des quarts de poulets dans les rochers, les arbres, sous des pierres puis les loups sont libérés. La ruée silencieuse mais extrêmement rapide, souple, de la demi-douzaine d'animaux, très excités, est fascinante. Ils cherchent frénétiquement leur nourriture, avalant presque sans mâcher de très gros morceaux mais oublient souvent de lever la tête et ne voient donc pas tout de suite la viande cachée à faible hauteur dans les arbres. De temps en temps, un loup manque visiblement de respect au chef de la meute et se fait vertement rabrouer d'un coup de dent vif. Aussitôt, il baisse la tête et file la queue entre les jambes. 

P1150959.JPG

Loup ibérique

P1150938.JPG

Tapir d'Amérique du Sud

Les jaguars, dont un noir, ont été placés en face des tapirs, une allée séparant leurs deux cages. Les gros tapirs ne semblent pas y prêter attention mais les fauves sont fascinés dès que leurs proies habituelles peuvent être aperçues : les jaguars s'immobilisent aussitôt, le regard intensément braqué sur leurs voisins. Une sorte de supplice de Tantale...

P1150973.JPG

Toucan

Si je devais émettre un regret sur ce zoo, c'est qu'il y manque quelques grands animaux emblématiques : tigres, hippopotames, éléphants, grands singes... Quand on compare le zoo de Paris avec celui de Lisbonne, par exemple, ce dernier prend très largement l'avantage, bien qu'il soit placé en pleine cœur de la ville, environné d'immeubles : on y voit 9 rhinocéros, des okapis, guépards, bongos, etc. Mais peut-être qu'au fil du temps, la liste des pensionnaires parisiens s'allongera...

P1150969.JPG

Tamanoir

17:33 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (4)

26 décembre 2014

LE MUSEE DES ANNEES 30 A BOULOGNE-BILLANCOURT

Les années 30 sont une période intensément créatrice : bouillonnement économique, politique, intellectuel, artistique, innovations industrielles et architecturales, multiplication des voyages et goût de l'exotisme, ce sont les "Années folles".

P1160001.JPG

Boulogne, près de Paris, est alors un lieu qui compte dans cette effervescence : y travaillent ou s'y installent les usines Renault, les avions Voisin, Farman et Blériot, les architectes Tony Garnier et Le Corbusier, les cinéastes Abel Gance, Renoir, Pagnol, Marcel Carné...

P1160012.JPG

C'est précisément à Boulogne, dans l'enceinte de la mairie, que le Musée des Années Trente nous fait découvrir les arts de cette période à la fois folle et tragique pour nous qui connaissons ce qui suivit et discernons chez bon nombre d'artistes et d’œuvres une certaine inquiétude, une forme de pessimisme et de désabusement.

P1150998.JPG

 "Dunoyer de Ségonzac et Boussingault peignant - 1914" par Bernard Boutet de Monvel

Ce musée est une merveille et il est incompréhensible qu'il soit si peu connu. Il y a quelques années, il avait présenté une exposition intitulée "100 sculptures animalières" très remarquée mais que je n'avais pu visiter hélas. Je suis donc allé récemment à Boulogne découvrir les belles œuvres très diverses (mobilier, architecture, peinture, sculpture...) harmonieusement disposées dans de belles salles claires et calmes.

P1160016.JPG

 Maquette de l'hôtel particulier Renard à Boulogne-Billancourt, par Jean-Léon Courrèges 

Cette visite m'a permis de mieux faire connaissance avec l'oeuvre de Landowski, de très grande qualité et dont je parlerai sur ce site.

P1160037.JPG

 "Paul Jouve" peint en 1946 par Georges Paul-Leroux

Voici quelques photos sur le Musée des Années 30.

Et pour tout renseignement : http://www.annees30.com/le-musee/renseignements-pratiques...

P1160039.JPG

P1160046.JPG

 "Tête de jeune Marocain" par Georges-Armand Lacroix

P1160052.JPG

"Rythme africain" par Evariste Jonchère

P1160054.JPG

 "Rythme africain" -Détail

P1160108.JPG

 "Baigneuse aux tresses" par Gilbert Privat

P1160110.JPG

"Sun Yat-sen" (premier président de la République de Chine) par Paul Landowski

20:26 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

18 décembre 2014

MISE EN VENTE DE LA MAISON DE ROSA BONHEUR

P1160117.JPG

Rosa Bonheur (1822-1899), géniale artiste française, a vécu les 40 dernières années de sa vie à Thomery, joli petit village situé près de Fontainebleau, où elle se fit construire une belle maison, "le château de By", comprenant un atelier. C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai découvert la demeure de cette femme remarquable.

P1160119.JPG

On imagine la joie pour Rosa, qui eut une enfance très pauvre et difficile - sa mère est morte d'épuisement et de misère, laissant quatre enfants, pendant que son mari s'enfermait dans un phalanstère - lorsqu'elle s'installa dans cette maison, située tout près de la forêt, où elle pouvait se consacrer à la peinture, à l'observation de ses animaux familiers (dont un cerf et une lionne !) et aux échanges avec ses amis artistes.

P1160124.JPG

C'est dans cette maison qu'elle reçut la visite de l'Impératrice Eugénie, venue la décorer de la Légion d'honneur (remise à une femme pour la toute première fois), puis de Sadi Carnot, Buffalo Bill, et tant d'autres personnages illustres.

P1160121.JPG

Cette maison, restée jusqu'à présent dans la famille de la meilleure amie de Rosa Bonheur, Anna Klumpke, a été mise en vente. La commune de Thomery n'a pas les moyens financiers de l'acquérir mais souhaiterait avant tout que l'atelier de Rosa, laissé parfaitement intact depuis la mort de l'artiste, soit préservé. On y voit les petits pots de peinture, la palette et les pinceaux, la blouse, une oeuvre en cours : il semble que Rosa se soit éclipsée un instant avant de revenir.

P1160118.JPG

Jeudi 27 novembre, le maire de Thomery, Monsieur Bruno Michel, organisait avec l'aide de Anne Zoé Vanneau, adjointe à la culture et au patrimoine, une table ronde autour de Rosa Bonheur pour faire connaître davantage cette grande artiste française, dont les œuvres figurent dans les plus belles collections, aux Etats-Unis notamment.

P1090078 zoom.jpg

Ce soir-là, devant une centaine de personnes, sont intervenus Marie Borin, biographe de Rosa Bonheur ("Rosa Bonheur - Une artiste à l'aube du féminisme" aux Editions Pygmalion, à lire absolument) et Pascale Nys, à propos de l'oeuvre picturale de l'artiste. Pour ma part, j'ai évoqué le sculpture de Rosa.

P1030503.JPG

Brebis broutant - Rosa Bonheur

Ce fut donc l'occasion d'expliquer que R.Bonheur était aussi talentueuse pour la sculpture que pour la peinture et que dès ses premières expositions, à 20 ans, ses premières créations furent remarquées. Et pourtant Rosa Bonheur réalisa peu d’œuvres : en bronze, on connaît trois taureaux, trois moutons, et il existe quelques sujets en cire, terre ou plâtre mais qui n'ont pas été édités (isard,sanglier, cheval...). Rosa a également modelé des fragments d'animaux, en particulier des jambes de chevaux et de taureau, mais il s'agit là d'études et non de modèles aboutis. Alors, si elle était à ce point talentueuse, pourquoi a-t-elle produit aussi peu de sculptures ?

P1030496.JPG

Brebis couchée - Rosa Bonheur

C'est tout simplement parce qu'elle a choisi de laisser cette technique à son frère Isidore, qui deviendra sculpteur après laissé la critique décider de son avenir : il a exposé au Salon peintures et sculptures (en particulier un cavalier africain attaqué par un fauve) et attendu les réactions pour savoir vers quelle technique il se tournerait.

Il est malgré tout certain que Rosa a fortement influencé Isidore et sans doute a-t-elle même réalisé certains des sujets portant la signature de son frère.

P1090542.JPG

Dromadaire harnaché - Isidore Bonheur

Rosa Bonheur choisit ses sujets parmi le bétail et les animaux sauvages de nos régions, mais, contrairement à Barye par exemple, ou à son frère Isidore, elle ne réalise pas d'animaux exotiques bien qu'elle possède une lionne apprivoisée.

Juliette, la jeune sœur de Rosa, s'est mariée avec Hippolyte Peyrol, excellent fondeur (ils auront un fils sculpteur, Auguste Hippolyte). Peyrol fond donc (au sable) les bronzes de la famille Bonheur et sait parfaitement restituer tous les détails de ces œuvres et leur donner une belle et riche patine. Les plus belles fontes de Rosa et Hippolyte portent un tout petit cachet "PEYROL" généralement sur le côté de la terrasse. Peyrol achètera quelques modèles et moules de Barye et les éditera avec le même soin.

P1050509.JPG

Comme Barye, Rouillard, Cain et son beau-père Pierre-Jules Mêne, avec qui elle entretient une abondante correspondance et qu'elle appelle "mon vieux PJ", Rosa Bonheur passe beaucoup de temps à la Ménagerie du Muséum de Paris (le zoo de Vincennes n'existe pas encore). Elle collectionne les bronzes de ces artistes et s'en inspire pour ses peintures. Ses propres bronzes lui servent aussi : elle pose les sculptures sur une table, projette dessus une lumière et dispose ainsi d'un modèle très réaliste pour le jeu des ombres. Elle utilisera par exemple, son taureau marchant pour son tableau des bœufs rouges du Cantal.

P1050270.JPG

Taureau couché - Rosa Bonheur

P1090082.JPG

Les "interactions" entre les artistes de la famille Bonheur sont nombreuses : une étude de Rosa représente un loup sur le dos que l'on retrouve exactement dans le bronze d'Isidore "Vache encornant un loup". Isidore s'inspire du grand tableau de Rosa "Le marché aux chevaux" pour créer plusieurs bronzes.

P1060451.JPG

Vache encornant un loup - Isidore Bonheur

Les œuvres de Rosa Bonheur montrent toutes une grande sensibilité, une certaine paix, à la différence de Barye qui aimait au contraire créer des animaux pris sur le vif, surpris ou en pleine action, souvent dans des scènes de prédation (serpent avalant une biche, tigre et gavial, lion et serpent, panthère surprenant un zibeth, etc.).

P1030502.JPG

Bélier couché - Rosa Bonheur

P1090081.JPG

Et comme un clin d’œil de cette géniale famille d'artiste, sur le chemin du retour, en passant devant le château de Fontainebleau, j'ai découvert ce bronze grandeur nature d'Isidore Bonheur : le zèbre attaqué par une panthère.

P1160128.JPG

00:03 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)