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02 août 2013

LA VALEUR D'UN (FAUX) BRONZE (52) : LE LIÈVRE DE GARDET

M. Vincent L. m'envoie des photos d'un lièvre assis, d'environ 12 cm et signé Gardet, sur lequel il a quelques doutes. Nous allons donc examiner ensemble ce bronze.

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Georges Gardet est né à Paris en 1863 et y est décédé en 1939. Fils de sculpteur, il fut élève du très grand Emmanuel Frémiet. On connaît surtout de lui ses fauves, dont le tigre et la tortue, les deux panthères se battant, un couple de tigres dans une attitude tendre, tout comme un lion et une lionne. Il fit un remarquable ours assis, la tête levée, semblant mendier une friandise.

Au parc Montsouris à Paris, on peut admirer "Drame au désert", où une panthère découvre avec fureur le serpent qui a tué ses petits. Exposé au Salon alors que l'artiste n'avait encore que 24 ans, cette scènel attira sur lui les louanges. Polyvalent, ce artiste sculpte égalemet dans la pierre, notamment le magnifique chien danois en marbre tacheté que l'on peut admirer au Musée des Beaux-Arts de Lyon, où il n'est malheureusement guère mis en valeur (photo ci-dessous).

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Gardet a réalisé de nombreuses oeuvres monumentales, présentes dans de nombreux musées français et étrangers, où il jouit d'une excellente réputation, à mon sens justifiée. Ses bronzes ont été édités par plusieurs fonderies dont Thiébaud, Barbedienne, Siot-Decauville, Valsuani, Colin. Certains modèles ont également été réalisés en biscuit de Sèvres.

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La patine du lièvre de notre internaute est assez jolie, avec ses teintes marron et noires, nuancées de doré qui est en fait le cuivre apparaissant en transparence. En revanche, sans être rédhibitoire à première vue, la ciselure semble assez pauvre, surtout quand on connaît le talent de Gardet. Le bout des pattes du lièvre, le poil du ventre ne sont pas très détaillés. A ce stade, on peut donc penser qu'il s'agit simplement d'une fonte tardive. 

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Tout amateur de bronze commence par le retourner et regarder ce qui est son véritable pedigree : le dessous du socle. C'est là que l'on voir des vis, dont la forme et l'apparence sont riches d'enseignement. Le montage, parfois une marque de fondeur comme le fameux H des excellentes fontes de Brame) ou une inscription permettront de dater la pièce.

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Le dessous du lièvre n'est pas exaltant : une couleur grisâtre, un aspect un peu trop lisse, trop propre, des coulures. C'est mauvais signe. Et l'examen des détails de la sculpture vont confirmer ce sentiment : le bord des oreilles est mal ébarbé et certaines parties présentent même des trous.

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On trouve généralement sur le socle une signature, théoriquement assez nette, et parfois une marque de fondeur sous la forme d'une inscription (Barbedienne Fondeur, par exemple, ou Susse, Rudier ou autre), d'une estampille (comme Barye, pour les fontes d'atelier) ou d'un cachet (Valsuani, Hebrard, Siot Decauville, etc.). Mais là, la signature est à peine visible, très faiblement gravée, et le cachet rond (à doite sur la photo ci-dessous) est illisible. De plus, il y a une goutte de bronze juste sous la queue (rond rouge du haut), ce qui n'est pas normal du tout.

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Une ciselure très approximaive, un dessous du socle trop propre, une signature à peine lisible, un cachet de fondeur illisible, des trous et un ébarbage mal fait : ce bronze est un surmoulage ou une copie malhabile. Un collectionneur ne s'y attardera pas : ce lièvre dont l'attitude est pourtant jolie n'a qu'une valeur décorative et à mn sens ne devrait pas être présenté en vente comme un bronze "de" mais au mieux comme "d'après" et idéalement comme "dans le style" ou "dans le goût" de Gardet. Il ne devrait donc pas être adjugé plus de 100 ou 150 Euros. 

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20 juillet 2013

GALERIE LOIC LUCAS A CHAMONIX

Chamonix et ses paysages magnifiques, le charme de son village, les panoramas grandioses du haut de l'Aiguille du Midi, le Mont Blanc qui semble veiller sur la vallée...

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 Au coeur du village, le statue de Horace Bénédict de Saussure (1740-1799) et du guide Jacques Balmat regardant le Mont Blanc.

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Vue prise depuis l'Aiguille du Midi (3850 mètres)

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Le Mont blanc, 1000 mètres plus haut.

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 Chamois

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Bouquetin

Une très belle galerie vient d'ouvrir dans l'artère principale de Chamonix, au 29 de la rue du Docteur Paccard (Michel Gabriel Paccard conquit le Mont Blanc en 1786).P1100975.JPG

Loïc Lucas y expose des tableaux anciens et contemporains, ayant souvent trait à la montagne. Il expose aussi mes bronzes et vous pourrez y voir le rhinocéros blanc chargeant, la lionne et le buffle, le crocodile du Nil, les vaches de retour à l'étable, l'éléphant et l'éléphanteau, etc.

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Galerie Loïc Lucas

29 rue du Docteur Paccard

74400 Chamonix Mont Blanc

Tél : 06 62 61 13 31

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Le Musée alpin de Chamonix présente actuellement une belle exposition sur le peintre de montagne et alpiniste Gabriel Loppé. Voir :

http://www.chamonix.com/exposition-peinture-gabriel-loppe...

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13 juillet 2013

"CHASSES EN MER" DE FLAMENT-HENNEBIQUE

Ma précédente note parlait de ce grand illustrateur qu'était Joseph Oberthür. J'ai trouvé récemment sur internet, à un prix très abordable, un charmant petit livre bien connu des chasseurs : "En suivant mon fusil", de Robert Flament-Hennebique. Réédité en 1939 aux Editions de la Bonne Idée, cet ouvrage raconte quelques souvenirs de chasse, toujours amusants, de l'auteur, industriel parisien à la plume fort jolie.

Il est illustré par quelques-uns des plus grands noms du dessin de chasse : Malespina, de Poret, Mérite et... Oberthür.

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Je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire une partie du chapître "Chasses en mer", qui évoquera bien des souvenirs non seulement aux chasseurs en bateau - sans doute bien rares - mais aussi et surtout aux pêcheurs et plaisanciers mal aguerris.

"Vous êtes sur le quai, en conférence avec un pêcheur narquois qui est de son propre aveu le plus fin marin du pays. Rendez-vous est pris pour le lendemain à une heure impossible : "à cause de la marée..." mais j'incline à penser que les gens de mer ne sont pas fâchés de mettre le Parisien en état de moindre résistance pour lui assurer, à défaut de gibier, le souvenir attendri d'un formidable mal de mer.

Vous voilà donc sur le quai à deux heures du matin. C'est peut-être une bonne heure pour se coucher mais c'en est assurément une bien mauvaise pour se lever. Il fait froid. Un froid humide qui vous glace l'échine. Il pleut probablement aussi et la pluie de mer méprise les imperméables citadins. Enfin, inhabitué de vous lever de si bon matin, vous n'avez rien pu avaler et votre estomac, qui flaire déjà la houle, vous prévient loyalement qu'il ne faut pas compter sur lui.

Tous les éléments d'une excellente partie de plaisir sont donc réunis..

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Le résultat dépasse les espérances. Vous embarquez parmi des objets hétéroclites aux angles agressifs, glissez sur le pont gluant, trébuchez dans des gouffres ouverts sous vos pas, et parvenez enfin à vous assoir, la cheville tordue et le ciré en lambeaux, sur une arête aiguë qui vous scie les fesses.

L'amarre est larguée. Le moteur tourne, après quelques coquetteries, en exhalant cette bonne odeur d'huile brûlée qui contribuera puissamment à la rupture d'un équilibre stomacal déjà bien compromis.

Enfin, le bateau sort des passes. Il s'ébroue joyeusement. Une grande houle plaque ses embruns sur le cuir du marin debout à l'arrière, la pipe à la bouche, les mains dans les poches et la barre entre les genoux. Bientôt va sonner l'heure du Destin, car il a des casiers ou des filets à relever. Ce sont peut-être les siens, vous n'avez rien à dire... Supportez donc en silence le bouchonnement de l'esquif immobilisé en travers de la lame dont il épouse docilement les ondulations changeantes, car la mer est mauvaise. Bien entendu.

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On repart enfin. Mais le pêcheur se désintéresse de la chasse. Vous pouvez tirer ce qui passera, bien sûr, mais aucune puissance au monde ne l'empêchera de larguer son chalut ou de tirer ses lignes à maquereaux et comme, pour ce faire, il faut marcher en ligne droite, les évolutions pour ramasser le gibier, si par extraordinaire il y en a, sont absolument impossibles.

En voilà pour une dizaine d'heures, car si la marée oblige à partir tôt, elle ne permet jamais de rentrer de bonne heure. Et quand le matelot goguenard vous aura déposé par la peau du ciré sur un quai étonnamment stable et touchera sans vergogne le prix de sa forfaiture, vous aurez l'impression réconfortante d'en avoir eu pour votre argent.

Voilà la chasse en mer."

Ah ! Cette odeur de fioul de bateau à l'aube...

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03 juillet 2013

UN DESSINATEUR GENIAL : JOSEPH OBERTHÜR

Tous les chasseurs révèrent le nom de Joseph Oberthür mais le talent de ce génial dessinateur animalier mérite d'être connu bien au-delà du monde de la chasse.

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Joseph Oberthür est né à Rennes en 1872, dans une famille d'imprimeurs d'origine alsacienne installée en Bretagne  : il est le fils de François-Charles Oberthür qui fonda cette entreprise réputée bien au-delà des frontières de la Bretagne. Le tréma sur le U sera retiré en 1942 par René pour franciser le nom de la famille. Enfant, je me souviens d'avoir été en classe à Rennes avec des Oberthur. L'entreprise, qui éditait notamment ces grands posters utilisés dans les classes d'histoire, de géographie et de sciences naturelles, existe toujours mais elle a été divisée en trois activités distinctes : Ouest Impression Oberthur pour l'impression et la reliure, François-Charles Oberthur Fiduciaire pour l'activité fiduciaire (dont la conception et la fabrication des cartes à puces) et les Editions Oberthur pour l'édition de calendrier et d'agendas.

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Joseph était quant à lui médecin. Passionné de chasse, il révéla rapidement de grands talents de dessinateur et raconte dans ses mémoires qu'étudiant à Paris, il était bien logé et nourri grâce aux moyens de ses parents mais manquant d'argent de poche, il vendait ses premières oeuvres dans une galerie.

Il passa son enfance à Rennes, dans le beau parc de la propriété de ses parents, située à l'époque à la campagne et aujourd'hui en plein centre de la ville. Le Parc Oberthur est de nos jours un parc public appartenant à la ville. Fin XIXème, enfant, Joseph Oberthur y menait des expéditions de chasse, et se souvient même y avoir tué une loutre !

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La passion de la chasse tenait tellement ce médecin qu'il constitua une belle meute de chiens et disposait bien sûr de plusieurs chevaux. Même aux non-chasseurs, je recommande vivement la lecture du livre ci-dessous "Chasses et pêches - Souvenirs et croquis", que l'on trouve facilement et pour quelques dizaines d'Euros sur les sites de livres d'occasion.

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"Voilà quinze ans que j'ai fixé ma retraite définitive dans la vieille maison de pêcheur [à Cancale, près de Saint-Malo] que mes grands-parents ont acquise il y a juste un siècle. De la pièce où j'écris, toute la baie s'étale devant mes yeux ; la mer sillonnée par de gracieux petits côtres à la voilure blanche comme des ailes de mouette et par quelques canots à moteur ; les belles bisquines à la voilure majestueuse ont presque toutes disparu : il n'y a plus assez de poisson pour entretenir des équipages de huit à dix hommes."

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"Au temps de mes jeunes années, les baigneurs, les "hors-venus" comme on disait ici, n'envahissaient point notre coin de côte. Pas de villas, rien que des maisons de granit, basses, couvertes en chaume, bâties dans les creux pour être à l'abri du vent, mais aux facades fleuries. Dans la campagne, quelques champs de blé noir ou de choux, mais surtout de la lande toute dorée au printemps par les fleurs d'ajonc. Beaucoup de vieux arbres, ormes, chênes, séparaient les propriétés et donnaient à certaines parties du pays l'apparence d'une forêt. On ne trouvait de vraies fermes, avec des champs de blé et de tabac, que dans l'arrière pays. La population côtière ignorait celle de l'intérieur et les marins considéraient celle-ci avec un certain mépris, les cultivateurs étaient pour eux des "Bertons". Je me souviens d'un véritable scandale que fut le mariage d'un de nos voisins, fils d'un gros patron de pêche avec la fille d'un riche fermier."

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"Lorsque [mon frère et moi] eûmes une dizaine d'années, pendant les vacances au bord de mer, nos parents ne pouvaient plus nous surveiller de près. Ils recevaient de nombreux amis, partaient constamment en excursion et, sans nous compter, l'omnibus était comble ; d'ailleurs, ces promenades, ces visites de site et de propriétés manquaient d'attrait pour nous. Au lieu de faire nos devoirs de vacances nous allions courir les grèves avec les moussaillons du voisinage ; je connaissais plusieurs vieux pêcheurs qui avaient pour moi une place dans leur canot et je rentrais souvent en retard ; mon frère, souffrant du mal de mer de façon incoercible, restait à m'attendre sur le plancher des vaches : cela ne pouvait durer et comme nos parents avaient fait un essai malheureux en nous envoyant faire nos devoirs chez une espèce de toqué, ils se mirent en campagne pour trouver [comme précepteur pour l'été] l'oiseau rare ; je dois reconnaître qu'ils réussirent au delà de toute espérance pour les deux parties."

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 "Un jeune séminariste du pays, d'une famille de marins, depuis quelques mois surveillant à notre collège, avait fait amitié avec nous ; pendant les récréations, nous parlions de notre cher Cancale, de pêche et de bateau ; il était plein d'entrain et de gaîté, d'esprit large, remarquablement érudit pour un si jeune homme. [...] Les trois années de vacances que nous passâmes ensemble restent sans doute les plus belles de notre jeunesse. Une heure de travail bien employée suffisait, s'accordant toujours avec les moments creux des horaires de marées ; lorsqu'il s'agissait d'une grande journée de pêche ou de navigation on remettait devoirs et leçons au lendemain ; le programme n'en souffrait pas, car nous y mettions le maximum de bonne volonté.

En même temps, nous apprenions à appareiller un bateau, à connaître les basses et amers de la côte, à gréer nos lignes et à chercher de la bouette [des appâts]."

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Joseph Oberthür est un formidable conteur et un remarquable dessinateur. Bien entendu, ses sujets de prédilection se rapportent à la chasse dans nos régions : chevaux, chiens de meute, cerfs, sangliers, chevreuils, daims, renards, canards, etc. 

Mais il a également publié des livres aux thèmes beaucoup plus originaux : les animaux préhistoriques ou la grande faune d'Afrique.

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Cet artiste sait allier l'exactitude morphologique à la spontanéité des scènes qu'il dessine. Ses très  nombreuses journées de chasse en France et à l'étranger lui fournissent l'inspiration de multiples anecdotes souvent amusantes, récits d'une époque où finalement la vie rurale était proche de celle de l'Ancien Régime. 

Pour être tout à fait juste, il arrive parfois que certaines de ses peintures soient un peu trop naïves, les couleurs trop vives. Je pense que ses plus belles réussites sont ses études, en couleurs ou au crayon.

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Il est également amusant d'observer que ses dessins exotiques sont moins réalistes que ceux du gibier d'Europe, probablement parce qu'Oberthür s'est trop peu - ou pas du tout ? - rendu en Afrique et en Amérique alors qu'il consacrait tous ses loisirs à la chasse dans nos bois, champs et étangs français.

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Joseph Oberthür finit sa vie à Cancale, entre Saint-Malo et le Mont-Saint-Michel, dans la propriété héritée de ses grands-parents, où il mourut en 1956. Enfant, il y fit de formidables parties de pêche, dont le récit fait partie des meilleures pages de ses mémoires.

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On trouve régulièrement des oeuvres de Joseph Oberthür en salle des ventes et elles ne sont généralement pas trop chères, en comparaison avec celles de de Penne, par exemple. En format A4, une jolie étude d'oiseaux, de chevreuils ou de canards se situera dans une fourchette de 350 à 500 Euros.

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La plupart des nombreux livres de Joseph Oberthür peuvent être trouvés sans difficultés sur internet ou à la Librairie de Montbel rue de Courcelles à Paris. Certains ont été réédités il y a quelques dizaines d'années et les véritables collectionneurs de beaux livres préfèreront les éditions plus anciennes. Pour 15 Euros, j'ai trouvé chez un bouquiniste il y a quelques jours le charmant "Près des oiseaux" (1939) de Jean de Witt, illustré par Oberthür.

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28 juin 2013

NOUVELLE CRÉATION : LES ÉLÉPHANTES D'ASIE AU ZOO

Il y a environ un mois, je vous présentais ma dernière création : les éléphantes d'Afrique (actuellement en cours de fonte). Deux grands pachydermes accompagnés d'un éléphanteau s'abreuvaient près d'une mare. L'ensemble était d'assez grande taille : 42 cm de long x 30 cm de haut x 40 cm de profondeur.

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Cette pièce est en fait la première partie d'un ensemble imaginé une nuit et dont le pendant est maintenant prêt à être porté à la fonderie : les éléphantes d'Asie au zoo. Même composition : deux mères et un éléphanteau déjà grand. Mais cette fois, elles sont captives.

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Visiblement, elles sont concentrées sur les visiteurs qui leur jettent du pain. L'une d'elles, les pattes arrières croisées, lève la trompe pour quêter une friandise tandis que l'autre a obtenu ce qu'elle attendait, mais le quignon de pain a été lancé trop loin, sous ses pattes, et elle doit le chercher avec sa trompe, beaucoup plus utile que ses petits yeux myopes. Le petit prend des risques et, faisant contrepoids avec son gros postérieur, les pattes arrières repliées, en tension, il s'est avancé tout au bord du mur ; on se demande si, emporté par sa gourmandise, il ne va pas tomber.

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Les éléphantes d'Asie sont bien différentes de leurs cousines africaines : dos rond, petites oreilles, 5 ongles aux pattes avant et quatre aux pattes arrières (contre 4 et 3 pour l'Afrique), absence de défenses et ces deux curieuses bosses sur le crâne. Leur bouche semble également s'ouvrir plus largement, leur donnant toujours l'air de rigoler. Enfin, le bout de la trompe a une section triangulaire, avec un seul doigt, alors que la trompe des éléphants d'Afrique forme une pince à deux doigts.

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J'ai réalisé ces deux grands ensembles de mémoire, ne me laissant pas influencer, contraindre même, par des photos. Et curieusement, pour ces animaux d'Asie, c'est l'éléphanteau qui m'a donné le plus de difficultés alors que l'éléphante en mouvement a été très vite réalisée. J'en ignore la raison.

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Je pense que mon inspiration a néanmoins été nourrie par une petite reproduction, accrochée dans mon atelier, d'un tableau du peintre Albert Brenet (1903-2005) que j'aime beaucoup et dont je parlerai bientôt sur ce site. 

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Et j'ai découvert également, en regardant d'autres croquis de Brenet (ci-dessous), quelques points communs avec mes pachydermes.

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En faisant les éléphantes d'Asie, j'étais hanté par une question : peut-on encore modeler des éléphants au zoo après les chefs-d'oeuvre de Rembrandt Bugatti (1884-1916), dont son fameux "Il y arrivera !", tant il semble avoir par son génie avoir épuisé le sujet. 

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Rembrandt Bugatti - Eléphant blanc (Musée de Rennes)

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Rembrandt Bugatti - "Il y arrivera !"

Mais heureusement, je n'ai pas essayé de copier cet immense artiste et mes proboscidiens sont bien différents, ce qui permet d'éviter une comparaison qui m'aurait fait trop de mal !

Quelques améliorations seront faites sur le bronze : les queues seront plus fines, bien sûr, et la trompe de l'éléphanteau sera probablement plus courbe.

Mon souhait le plus vif pour ces deux groupes d'éléphants est qu'ils soient vendus ensemble, en pendant l'un de l'autre.

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