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05 avril 2012

LA VALEUR D'UN BRONZE (45) : LE CARABINIER A CHEVAL DE FREMIET

Marthe C., de Saint-Mandé, m'a apporté une bronze de Frémiet et m'a demandé ce que j'en pensais.

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Comme Emmanuel Frémiet est sans doute, à mes yeux, le plus grand des sculpteurs animaliers, j'ai déjà souvent parlé de lui ici et le referai bientôt à propos de très beau et très émouvant livre "Frémiet" de Philippe Fauré-Frémiet. Et comme, au surplus, il y a beaucoup à dire sur ce bronze, je ne m'étendrai pas à nouveau sur le vie de ce très grand artiste (1824-1910).

Ce bronze, qui mesure 30 cm de long, 36 cm de haut et 12,5 cm de profondeur, est généralement appelé "Carabinier à cheval" mais a pour titre exact : "Cavalier d'un régiment de carabiniers, en grande tenue de service à cheval". L'exemplaire de Marthe C. est légèrement incomplet : le haut de l'épée (je n'ose dire sabre car la lame est normalement droite et non pas un peu tordue comme sur cette pièce) et le fourreau manquent, mais ces petites réparations, que je conseille, seraient très faciles à faire.

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On peut voir ce Carabinier au Musée des Beaux-Arts de Rennes, en entrant à gauche, où il a pour compagnie un "Cavalier d'un régiment de cuirassier de la ligne (1852-1858) dans la position "haut pistolet" ainsi qu'un "Artilleur à cheval".

Je tire ces noms très précis du livre co-édité par le Musée des Beaux-Arts de Dijon et le Musée de Grenoble "Emmanuel Frémiet - La main et le multiple". Y sont également montrés (je ne mets pas les noms complets, un peu long...) un Brigadier des Cent-Gardes, un Gendarme à cheval, un Artilleur au manteau, un Zouave en grande tenue, un Zouave couché, un Zouave assis, un Chasseur à cheval, un Grenadier de la Garde, un Cheval d'armes au piquet, etc. Là aussi, les noms exacts sont impressionnants de précision. Par exemple, pour cette dernière pièce, le nom est : "Cheval d'armes d'officier du 1er régiment de carabiniers (1852-1865) en garnison à Versailles". Toutes ces pièces ont été réalisées entre 1855 et 1865.

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Que signifie cette collection ? Pourquoi Frémiet s'est-il soudainement pris de passion pour l'armée ?

Il faut chercher la réponse dans le livre de Philippe Fauré-Frémiet mentionné plus haut. Il cite une lettre de l'artiste lui-même :

"Un jour, écrit Frémiet, à une revue, une vedette d'artilleur à cheval m'avait intéressé par son originalité ; j'en fis une statuette que le surintendant vit dans mon atelier et qu'il porta à l'Empereur. Sa Majesté eut alors l'idée de me faire faire, de même, toute l'armée française, avec ce perfectionnement que les statuettes seraient complétées par de la peinture. 

Explications : une "vedette" est une sentinelle à cheval ; l'Empereur est Napolon III et le surintendant est le comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts sous le second Empire et qui fut en quelque sorte le protecteur de Frémiet.

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Le sculpteur accepte donc la commande à condition que les pièces puissent être éditées, ce qui est accepté. Connu pour son remarquable sens du détail, Frémiet raconte :

 "Je pensais alors au meilleur moyen de me tirer du mauvais pas de la peinture de ces figurines. Je pris d'abord de la poussière de laine pour papiers veloutés et avec un mordant, je fis prendre cette poussière sur tout ce qui était vêtements dans les petits soldats ; les fourrures des talpacks et des paquetages furent obtenues de même avec de la soie floche hachée, les brides des chevaux découpées dans de la peau de gant ; tout ce qui dans la nature était en métal, cuirasses, casques, armes, boutons, etc., fut exécuté en bronze avec un soin microscopique, les lisérés des pantalons étaient imités par des fils de soie collés sur les étoffes."

On imagine le travail colossal et la merveille que représentait cette collection, qui comptait 72 costumes différents et une pièce d'artillerie tirée par des chevaux.

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Qu'est devenue cette série magnifique ? Le pauvre Frémiet eut hélas bien des malheurs avec elle. Outre qu'elle lui a finalement bien peu rapportée au regard du temps extrême qu'elle lui prit (il explique que l'habillage lui prenait autant de temps que la réalisation en sculpture), elle connut dès sa conception un premier épisode douloureux :

"Une fois, un précepteur du Prince Impérial trouva simple, pendant une visite d'un jeune Fleury au Prince, de livrer tous ces soldats comme joujoux aux deux enfants ; le gros oeuvre de ces statues étant en plâtre, à la fin de cette séance, il y avait 23 statuettes avariées. On les fit porter chez moi et Madame Frémiet, qui m'aidait dans les difficultés minutieuses de l'habillage des statuettes, travailla deux mois et demi à réparer le dommage ; on reporta aux Tuileries les objets remis en état, et jamais nous n'eûmes, pour cette corvée gracieuse de notre part, ni une attention ni un remerciement."

A la lecture de ces lignes, on tremble de rage contre le précepteur imbécile et l'on imagine la tête du pauvre sculpteur en découvrant les dégâts et le peu de considération portée à son oeuvre remarquable.

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Il est amusant d'apprendre que cette histoire, déformée, fut racontée par les frères Goncourt dans leur Journal. D'après eux, le Prince Impérial jouait avec les statuettes sur le plancher quand un gros homme entra, buta et tomba "en plein sur l'armée française qu'il écrase et démolit presque entièrement". Cet homme était le Général Leboeuf. On déclara donc que c'était le "pronostic de ce qui allait arriver". Pour éclairer cet trait d'esprit, il faut savoir que Leboeuf fut ministre de la Guerre à l'époque de la guerre contre la Prusse en 1870, qui provoqua la chute de l'Empire. Pour l'anecdote, c'est lui qui déclara : "Nous sommes prêts et archi prêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats". Encore une occasion de méditer sur le coq, symbole de la France...

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Frémiet raconte encore qu'il dût accéder au souhait de l'Empereur de figurer parmi les statuettes mais que la pièce fut critiquée par l'Impératrice (Frémiet précise "les aides de camp firent chorus", évidemment...) parce que l'Empereur auraient eu les jambes, au-dessus des genoux, trop courtes "malgré les mesures". Frémiet dut refaire la pièce à ses frais.

Une autre fois, le surintendant commanda à Frémiet, à l'insu de l'Impératrice et pour lui en faire la surprise, une statuette du Prince impérial en grenadier de la garde. Cette fois, Eugénie le trouva trop pâle et la pièce fut rendue à son auteur... Navré, Nieuwerkerke l'acheta 300 francs pour tenter d'indemniser le pauvre sculpteur.

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Frémiet cite encore un incident qu'il qualifie cette fois de comique : il avait besoin de choisir un modèle de cheval et d'homme pour réaliser son Chasseur à cheval. Il se rendit donc à la caserne d'Orsay et rencontra le Colonel. Celui-ci déclara que ce choix lui appartenait et qu'il allait donc désigner à Frémiet le modèle à retenir. Malgré les explications de l'artiste, qui ne voulait pas forcément le plus bel homme ni le plus beau cheval mais ceux qu'il considérait comme les plus intéressants, l'officier ne céda pas. Frémiet non plus et ils se quittèrent très froidement. Le modèle fut finalement mis à califourchon sur une chaise... Ce colonel me fait d'ailleurs penser à une blague un peu méchante : "Les cavaliers sont comiques : même à pied, ils vous regardent du haut de leur cheval"...

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Mais le plus grand malheur qui frappa cette collection fut sa destruction complète lors de l'incendie des Tuileries par les Communards en mai 1871. Le récit de cette mise à sac, par exemple au lien ci-dessous, est poignant et son "sadisme" constitue encore l'un des grands moments d'illumination intellectuelle révolutionnaire, comme la destruction de très nombreuses statues religieuses sous la Révolution... Ne nous croyons pas à l'abri d'une nouvelle folie de ce genre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_des_Tuileries#Incendie

Seules quatre statuettes, dispersées, ont été préservées, et une douzaine, que Frémiet avait eu le temps de rééditer en bronze. Le Carabinier à cheval de Madame C. est une édition de l'un de ces modèles sauvé par Frémiet.

Ce bronze, et l'ensemble de la collection, ont donc une histoire remarquable, à garder en mémoire quand on admire les détails exceptionnels de cette pièce, qui mérite donc une légère restauration au fourreau et à l'épée. La tête du cheval, que l'on voit ici en gros plan, ne mesure que 8 cm du bout des lèvres au haut des oreilles.

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Combien vaut un si joli bronze, dont la patine est également très belle ?

Il apparait très rarement dans les ventes aux enchères donc il est bien difficile de donner avec certitude une "cote" pour cette pièce. J'en ai trouvé deux traces :

- Drouot mars 2009 : estimé 2500 à 3000 Euros, il n'a pas trouvé preneur.

- Drouot début 2012 : estimé 1500 à 2000 Euros, il a été adjugé 2000 Euros 

Pour ma part, je considère que la valeur de ce bronze est plutôt de 3000 Euros minimum.

Si ces anecdotes de la vie d'Emmanuel Frémiet vous ont plu, sachez que j'en raconterai bien d'autres d'ici quelques jours à propos du livre de Philippe Fauré-Frémiet.

Vous avez un bronze animalier et voulez en savoir plus sur lui ? Envoyez-moi quelques photos très nettes (vue d'ensemble, signature, marque éventuelle du fondeur, dessous du socle) avec les dimensions exactes de la pièce et je vous répondrai. Envoyez ces éléments à : damiencolcombet@free.fr

20:35 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (5)

02 avril 2012

DE MAGNIFIQUES PHOTOS ANIMALIERES

Un internaute, Monsieur Marc Sarazin, m'a envoyé quelques-unes de ses photos animalières. Elles sont absolument magnifiques et montrent - si c'était encore nécessaire ! - que l'art animalier passe vraiment par la photo.

Modeste, M.Sarazin explique qu'il doit encore travailler avant de soumettre ses photos aux concours qui fleurissent ici et là, soit dans les revues spécialisées, soit lors de rencontres maintenant bien établies comme celles du Der. Je crois qu'il est beaucoup trop modeste...

Toutes les photos qu'il m'a envoyées auraient leur place ici mais il faut bien se limiter. Bien que la petite taille des photos, due au site, ne les mette pas suffisamment en valeurs, voici un échantillon (avec l'aimable autorisation de Marc Sarazin, que je remercie).

Rouleau digue du Havre.jpg

Le Havre

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L'abeille arrivant sur son lieu de travail

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Deux amanites tue-mouches ou fausses oronges

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Le héron avançant avec componction

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Un guêpier fier de la capture d'une libellule 

très gros plan chouette hulotte.jpg

Jeune chouette hulotte

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Chamois

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Renard roux

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Juste les grandes oreilles d'une chevrette (femelle du chevreuil)

 

20:30 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

29 mars 2012

LA VALEUR D'UN BRONZE (44): LE SINGE AU PANIER, DE FRATIN

Voici une pièce amusante envoyée par un internaute qui me dit en avoir hérité. Il m'indique que ce bronze porte la signature Fratin, mais que le N est à l'envers. Il y a également une marque : "Daubrée". Il me demande un avis sur ce modèle, qui mesure 26 cm de haut, 22 cm de long et 14 cm de profondeur.

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Ce singe est bien de Christophe Fratin (Metz 1801 - Le Raincy 1864), qui étudia le dessin à Metz puis à Paris dans l'atelier de Géricault. Il fut très populaire en son temps, en France et dans le reste de l'Europe, en particulier en Angleterre. J'ai déjà parlé de cet artiste à propos de son Taureau, à la page suivante :
 
 
Dans le Dictionnaire des bronzes du XIXème, Pierre Kjellberg indique que ses fondeurs furent Thiébaut, Quesnel, Braux, Susse, Richard-Eck-et-Durand et... Daubrée. C'est précisément la marque que porte le bronze de notre internaute.

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Intrigué par ce nom de fondeur que je ne connaissais pas, j'ai découvert, dans ce même Dictionnaire de P.Kjellberg, qu'Alfred Daubrée "possédait un magasin d'orfèvrerie à Nancy avant de s'établir, dans les années 1850, marchand de bronzes d'art et de bijouterie 85 rue Montmartre à Paris. Il édite un certain nombre de bronzes de Fratin, Cumberworth [...]. Il aurait eu recours à des intermédiaires pour vendre ses bronzes, qui ne portent que rarement sa marque. [...] Lors de l'Exposition Universelle de 1867, il est cité parmi les fondeurs réputés de l'époque. Son fils lui succède après sa mort en 1885."
 
Toujours dans ce Dictionnaire, est mentionné parmi les oeuvres de Fratin "Le singe aux paniers".

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Je me suis également plongé dans un petit ouvrage édité en 1983 : "Le sculpteur animalier Christophe Fratin - Essai sur sa vie et son oeuvre" par Jacqueline J.A. Bougon, archiviste de la Société Historique du Raincy. Y est citée une lettre de Madame Bizard-Daubrée au Musée de Metz, à l'occasion du don d'une oeuvre de Fratin. Elle est la belle-fille d'Alfred Daubrée qui, raconte-t-elle, fut "éditeur d'un très grand nombre d'oeuvres de Fratin, il fut lié à celui-ci par des sentiments de grande cordialité".
 
Fratin a réalisé de nombreux singes (une vingtaine) et ours (une quarantaine), les "humanisant" très souvent : Ours lisant un journal politique, Ours dentiste, etc. Ce singe fait partie de cette veine, que Fratin aimait mais qu'il considérait seulement comme une distraction car il ne les présenta jamais au Salon.
 
Pour ma part, je suis assez réservé sur les oeuvres de Christophe Fratin, qui était certainement doué d'un grand talent, comme le prouve par exemple son "Lion dévorant un cheval", ses "Jument et poulain", sa "Jument au baquet" ou encore son "Cavalier en armure", mais ses fauves frisent le ridicule. Ses petits animaux humouristiques, à quelques exceptions près, sont assez sommaires. On dirait que ce sculpteur a un peu dilapidé par jeu ou manque de perséverance son talent, qui lui a pourtant permis de sculpter par exemple "L'éléphante défendant son petit contre un lion", que l'on peut voir au Musée des Beaux-Arts de Lyon.
 
Il reste la question du N à l'envers sur votre bronze. Dans le Dictionnaire des sculpteurs animaliers, du Dr Hachet, la signature de Fratin est reproduite. Et le N est bien à l'envers. Il faut savoir que cette interversion du N était courante jusqu'à une date assez récente.

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En résumé : ce bronze est bien de Fratin et il a probablement été fondu du vivant de l'artiste, ce qui lui donne de la valeur. Son sujet est amusant. Le singe est un peu sommaire (par exemple sur les bras) mais la tête et les paniers sont bien faits. Il est assez grand.
 
Je n'ai pas trouvé de trace, dans les ventes aux enchères, de ce modèle exactement, mais je n'ai certainement pas tout regardé. En revanche, j'ai trouvé à de nombreuses reprises un singe avec une hotte, un singe assis fumant sa pipe, etc. Ils étaient généralement estimés autour de 2000 Euros. je pense que la marque du fondeur et la taille plus importante de ce modèle pourrait le faire monter à 2500 Euros voire peut-être 3000 Euros.
 
Vous possédez un bronze animalier et vous voulez en connaître la valeur ? Envoyez moi quelques photos très nettes (vue d'ensemble, dessous du socle, signature, marque éventuelle de fondeur) et les dimensions exactes à damiencolcombet@free.fr et je vous répondrai.

20:36 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

23 mars 2012

LA VALEUR D'UN BRONZE (43) : COUPE AU VAUTOUR ET AU RENARD, DE MOIGNIEZ

Monsieur ou Madame A. m'envoie des photos d'une "petite desserte en bronze" ayant les dimensions suivantes et me demande un avis. Elle est signée de Moigniez.

Diamètre du plateau : 27 cm

Hauteur totale 21 cm

Poids 3,280 gr

 

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Jules Moigniez est né à Senlis en 1835 et, malade, mit fin à ses jours à St-Martin du Tertre en 1894. Il a modelé de nombreux oiseaux, après des études auprès de l'excellent sculpteur Comolera. Il a régulièrement exposé au Salon entre 1859 et 1892 et eut semble-t-il plus de succès à l'étranger (Grande-Bretagne et Etats-Unis) qu'en France. J'ai déjà parlé de lui dans la note n° 36 à propos du Faisan et de la belette, à cette adresse :
 
 
Je trouve que les bronzes de Moigniez sont généralement trop maniérés : ses animaux n'ont ni la vigueur et la force de ceux de Barye, ni le naturel de ceux d'Isidore Bonheur. Je lis à peu près le même avis dans le Dictionnaire des bronzes du XIXème, de Pierre Kjellberg : "Les qualités plastiques des oeuvres de Moigniez ne le classent pas parmi les meilleurs artistes du genre et l'on peut lui reprocher un excès de détail dû à une ciselure souvent trop fignolée, excès racheté, il est vrai, par une certaine élégance des attitudes".

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La coupe de notre internaute est très jolie : le vautour est tout à fait réussi, le renard est amusant et le plateau, orné de chamois, lapins et rapaces, est finement ciselé. La signature est curieuse car le nom de Moigniez est généralement en écriture cursive. Il semble ajouté postérieurement. Néanmoins, la coupe n'a pas l'air d'être une copie.

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Pour estimer une oeuvre, je fais généralement appel à mon intuition et mon expérience, puis je consulte des catalogues de ventes aux enchères ou les résultats de ces ventes. Dans la plupart des cas, mon intuition se trouve confortée par mes recherches. Curieusement, ça n'a pas été le cas avec cette coupe.

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La qualité de la signature - Moigniez est un sculpteur reconnu - l'originalité de la composition, la qualité de la ciselure m'auraient fait estimer cet objet d'art autour de 1000 Euros, voire plus. En réalité, je note que la même coupe a été adjugée le 5 déc. 2011 à Bruxelles au prix de 300 Euros. Le 19 février 2012, à St-Germain-en-Laye - où elle avait pourtant été vendue 1000 en avril 2007 - elle a été estimée 300 à 400 Euros mais n'a pas trouvé preneur. Une autre coupe encore, plus haute mais plus simple, était estimée en 2009 autour de 90 à 120 Euros.
 
Ainsi, les objets d'art de Moigniez - comme ceux de Cain, donc - sont cotés à un niveau faible.

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D'où cela peut-il venir ? D'une part, Moigniez a une cote beaucoup plus basse que Barye, Mêne, Frémiet, Isidore Bonheur, etc. Je me souviens d'une belle galerie spécialisée à Paris qui me disait : "Si vous avez des petits moyens, achetez un Moigniez, car ce n'est pas cher" !. D'autre part, le sujet du vautour est souvent peu apprécié. Enfin, il semble que la mode des objets d'art plus ou moins utilitaires en bronze soit totalement passée, probablement parce qu'ils sont plus difficiles à placer dans un intérieur qu'un bronze que l'on mettra sur une cheminée ou dans une étagère.

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Il faut donc admettre que cette coupe a une valeur de l'ordre d'environ 300 Euros selon moi, estimation que je trouve néanmoins... tristement basse.

20:30 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

19 mars 2012

DE NOUVEAUX LIVRES SUR LA SCULPTURE ANIMALIERE

Le temps passant, j'ai un peu laissé dans l'oubli une rubrique de ce site qui inventorie les publications relatives à la sculpture animalière. J'ai donc rattrapé mon retard et mis dans l'album photos de nombreux livres, catalogues, revues sur ce thème. Cet album, intitulé "LES LIVRES" et qui présente maintenant plus de 30 publications, est visible en bas à droite de ce site.

Vous y retrouverez notamment, parmi les plus récents :

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Une biograpie très complète et très émouvante d'Emmanuel Frémiet, écrite par Philipe Fauré-Frémiet (Gabriel Fauré était le gendre de Frémiet), à laquelle je consacrerai bientôt une note.

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Une somme monumentale sur Rosa Bonheur, écrite au début du siècle par Anna Klumpke, qui, unie à Rosa par une belle et profonde amitié, partagea avec elle une grande partie de son existence. C'est Marie Borin, biographe de Rosa Bonheur, qui m'a procuré ce rare et beau livre.

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Un amusant petit livre qui constitue un bon résumé de la vie d'Antoine-Louis Barye.

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Un bel album édité par la Gallery Dieleman (Belgique) présentant les grands noms des sculpteurs animaliers ayant travaillé sur le thème du cheval.

Et bien d'autres livres encore.

Si vous avez connaissance de publications sur ce thème qui ne seraient pas dans l'album-photo, n'hésitez pas à m'en faire part.

20:35 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)