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09 mars 2010

L'ELEPHANT N'ETAIT PAS MORT !

Dans ma note du 13 février, je me demandais ce qui avait bien pu arriver à l'Eléphant d'Afrique couché : était-il blessé ? mort ? simplement endormi ? Bonne nouvelle, il devait simplement sommeiller car il vient de se relever !

Difficile de redresser une telle masse. Pourtant il va y arriver, et plus vite qu'on ne l'imaginerait. La tête en avant pour faire contre-poids, il s'apprête à pousser sur ses cuisses et à relever son énorme postérieur. Les oreilles légèrement écartées, il a senti quelque chose et va se mettre en alerte. Il se pourrait bien qu'on le retrouve debout d'ici peu en photo...

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Il n'a qu'une défense, mais la fonderie voudra bien en fondre deux identiques, qui trouveront leur place de chaque côté. Même s'il est fréquent de voir dans la nature des pachydermes "monopointe", c'est plus joli quand les deux sont bien présentes.
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Il reposera sur le même socle exactement que l'Eléphant d'Afrique couché.
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Dimensions (socle compris) : 45 cm (long) x 27 cm (larg) x 24 cm (haut)

LA VALEUR D'UN BRONZE (27) : CHEVAL PERCHERON DE BARYE

Madame Sylvie F. m'a envoyé un joli cheval en bronze, que l'on sent musclé, dans la position typique des chevaux effrayés ou reculant : l'oeil grand ouvert, les postérieurs ployés et surtout les oreilles en arrière. Dimensions : 20,5 cm x 17 cm.

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Il s'agit bien sûr du "Cheval percheron" d'Antoine-Louis Barye (1795-1875), sculpteur renommé dont j'ai abondamment parlé sur mon site. La première édition de ce Percheron a eu lieu vers 1870. On ne peut s'empêcher de le rapprocher du "Cheval turc", qui a à peu près la même position : un antérieur levé, un postérieur touchant à peine le sol du bout du sabot.

A tort, on assimile souvent les percherons aux plus lourds chevaux de trait. C'est faux et il suffirait de placer côte à côte un Ardennais, un Breton, un Comtois et un Percheron pour que ce dernier ait presque, par contraste avec les trois autres, l'allure d'un cheval de selle.

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Au risque d'être contredit par beaucoup, je trouve que le cheval n'est pas l'animal que Barye père maîtrisait le mieux : son "Cheval demi-sang tête levée" et son "Pur-sang d'Arabie" ont la tête trop petite, le "Cheval attaqué par un tigre" aurait presque un style année 30 et, malgré son immense sucès, son "Cheval turc" n'est pas extraordinaire. Le "Cheval surpris par un lion (1ère version)" est mieux, mais il faut bien reconnaître que l'on est loin des chevaux de Mêne, dont on croit voir les muscles frémir sous la peau.

Ce Percheron me semble avoir, là encore, une tête trop petite, des oreilles trop longues et il est bien haut sur pattes ! La musculature de l'épaule est exagérée et la pièce ne présente guère de  détails ; la ciselure est un peu molle. Enfin, le socle très épais alourdit exagérément la pièce. Mais ce n'est qu'un avis car, comme on le verra plus loin, c'est un bronze de valeur.

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Madame Sylvie F. a relevé un petit cachet sur la terrasse. On y lit les noms suivants : "Fumière Thiébaut Fres Paris Gavignot Srs". Il s'agit de la marque de fondeur de Thiébaut, dont l'histoire est très riche.

En 1787, Charles Cyprien Thiébaut prend la direction de l'entreprise où il travaille, s'installe rue du Faubourg-Saint-Denis et produit essentiellement des cylindres de cuivre et accessoirement quelques objets d'art. Son fils et surtout son petit-fils Victor vont fortement développer la société et créer une fonderie en 1851. Les pièces produites sont brutes et les finitions, ciselures, patines sont réalisées par d'autres fondeurs, comme Barbedienne. Thiébaut va ainsi réaliser des bronzes pour Carpeaux, Pradier, Dubois, etc, ainsi que les médailles de David d'Angers.

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Les trois fils de Victor reprendront ensuite la fonderie et produiront même des armes. Ils déménageront l'atelier rue de Villiers et ouvriront une boutique avenue de l'Opéra. On leur doit notamment le monument à la Défense de Paris (Barrias), le Triomphe de la République (Dalou) place de la Nation ainsi que la statue de la Liberté du pont de Grenelle. Fin XIXème siècle, le dernier survivant des trois frères Thiébaut s'associe avec Fumière et Gavignot, d'où le cachet sur notre percheron, puis d'autres cessions et associations suivront rapidement, avec des cachets différents et, finalement, la société disparaîtra en 1926.

Thiébaut a acheté huit modèles de Barye, dont notre Percheron mais aussi le "Petit chameau de perse", la petite "Lionne debout", le petit "Lion debout".

On peut donc dater avec assurance la pièce de notre internaute des dernières années 1800, probablement 1898. On mesure ici l'importance de relever la présence sur un bronze d'une marque de fondeur.

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Ce bronze apparaît régulièrement en salle des ventes mais n'est tout de même pas extrêmement courant. Le hasard fait qu'un exemplaire fonte Thiébaut sera mis aux enchères dans quelques jours (28 mars) à Deauville. Il est estimé entre 9000 Euros et 12 000 Euros hors frais, ce qui est beaucoup trop cher. Il me semble absolument impossible que ce bronze monte à ce prix. N'oublions pas que les fontes Thiébaut sont des fontes posthumes, et donc qu'elles ne peuvent pas être estimées au prix d'une fonte du vivant de Barye.

J'ai trouvé quelques exemples de vente de ce Percheron qui, bien que trop élevées à mon sens, sont plus raisonnables : 30 000 francs (4500 Euros) à Pontoise le 3 mars 2001, 4 500 GB£ le 29 avril 2003 à Londres, 4 850 Euros le 14 décembre 2009 chez Artcurial (pour une estimation de 2000 Euros à 3 000 Euros).

Je pense que l'estimation donnée par Artcurial est la bonne : ce bronze devrait valoir environ 3000 Euros. Mais visiblement le sujet attire les collectionneurs et il se vendrait plutôt autour de 4 500 Euros.

Merci à Madame Sylvie F. d'avoir envoyé des photos de cette belle pièce.

Vous avez un bronze animalier et vous souhaitez en connaître la valeur et l'histoire du sculpteur ? Envoyez-moi (damiencolcombet@free.fr) quelques photos très nettes de l'ensemble de la pièce, du dessous du socle, de la signature et de toute autre marque visible (cachet, marque de fondeur, etc). Je vous répondrai (grâcieusement) sous quelques jours.

23 février 2010

LES VACHES DE YANN LESACHER

J'ai découvert récemment par hasard, en tapant "postier breton" dans un moteur de recherche, l'artiste Yann Lesacher.

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Il a notamment comme atout d'être breton, de très bien saisir les animaux et en plus d'avoir beaucoup d'humour et d'imagination. Mais il n'est pas spécifiquement artiste animalier et j'ai constaté qu'il savait tout dessiner et peindre : les dunes, une rose, un croissant, une tête de poisson, une cabine de plage ou un bateau de pêche, on dirait qu'il ne connaît pas de limite !

Regardez comme cette vache normande est belle : on l'imagine seule dans son champ, au bout du monde, un soir de grand vent et de pluie.

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Il a entrepris un tour de Bretagne ("La Bretagne par les contours") et ses croquis sont toujours agrémentés d'un petit dessin humouristique absolument génial. Je vous conseille donc d'aller voir ses deux sites dont je mets ci-dessous quelques extraits, avec son autorisation.

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Le premier de ses sites est : http://www.lesacher.com/
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Le second site, dédié au tour de la Bretagne est : http://yal.over-blog.com/
 
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22 février 2010

LE TAPIR MALAIS

Dans l'album-photo, j'ai mis quelques clichés d'un nouveau sujet : le Tapir malais et son petit.

Voici un animal que j'apprécie par sa simplicité et son élégance : rond, trapu, l'air simple, le poil ras et dru, il laisse aux autres animaux les complications telles que cornes, bois, défenses, crocs, venins et griffes. Il ne s'encombre pas non plus de crinière abondante, de tâches et d'écailles. Il n'a que deux coquetteries : une belle selle blanche (d'où son nom de "tapir à chabraque") et un discret rappel de ce blanc en haut des oreilles. Et comme il aime beaucoup ses petits - que la femelle porte plus d'un an - il a obtenu pour lui une très jolie robe brune marquée de longues rayures discontinues, robe que le petit perdra à l'âge où il faut revenir à une élégante sobriété.

J'oubliais une originalité dont il ne sait s'il faut être fier ou honteux : une courte trompe très mobile, qui lui sert... à pas grand-chose, car elle trop courte pour en faire le même usage que l'éléphant.

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La famille des Tapiridés comprend quatre espèces : le Tapir malais, ici représenté, et les trois espèces d'Amérique du Sud, dont l'allure est un peu différente. Ils sont un peu plus petits, ont le pelage uniformément marron et présentent une crinière en brosse courte au-dessus du cou.

Le Tapir mesure environ 2 mètres de long et 1 mètre au garrot, pour un poids de 200 à 300 kg. C'est un animal très discret, solitaire, dont les prédateurs sont les félins (tigre et panthère en Asie du Sud-Est et jaguar en Amérique) et les hommes, qui apprécient son cuir très épais et sa viande, sauf dans les pays musulmans d'Asie où il est assimilé au porc.

Il possède quatre ongles aux pattes antérieures et trois aux postérieures. Laissant une trace en trèfle, son empreinte sur le sol est assez proche, en plus petit, de celle du Rhinocéros.

Je n'ai trouvé que de rares  modèles de cet animal en bronze : un "Tapir assis" du sculpteur allemand Auguste Gaul (1869-1921), un "Combat de tapirs" du Français Edgar Joris (1885-1916) et la représentation à l'entrée de Caracas au Vénézuela de Maria Lonza, sorte de déesse de la nature, à cheval sur un tapir.

On peut voir des tapirs d'Amérique au zoo de Montpellier.

Il est difficile de donner du caractère à une sculpture de tapir car cet animal est simple, de forme arrondie et avec peu de traits spécifiques. Pour le sortir de l'ordinaire, je vais peut-être le faire patiner selon ses vrais couleurs : noir et blanc pour l'adulte, marron rayé de blanc pour le petit. En mouillant la terre, j'ai reproduit sur les photos ce que cela pourrait donner.

21 février 2010

PHOTOS DE LA VACHE LAITIERE SEULE EN BRONZE

Dans l'album-photo "La vache laitière seule", il y a maintenant les photos de la pièce en bronze, que m'a livrée la fonderie Deroyaume. Il s'agit de l'un des deux animaux (celui de derrière) de la grande scène "Retour à l'étable - Les deux vaches laitières". Il repose sur une terrasse ovale de style traditionnel, comme on en faisait au XIXème siècle.

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