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30 janvier 2010

LES VACHES ENFIN !

Après trois mois d'attente - un peu plus que les deux mois habituels pour une nouvelle pièce, mais celle-ci est grande - la fonderie Deroyaume m'a livré les vaches laitières.

J'ai expliqué en novembre pourquoi j'avais modelé ces animaux et vous pouvez relire cette note en allant dans les Archives (en bas à gauche).

La fonderie a, comme toujours, très bien travaillé et voici quelques photos. D'autres sont visibles dans l'album-photo.

Dimensions : 63 cm (long.) x 16 cm (prof.) x 18,5 cm (haut.)

La deuxième vache sera fondue séparément et posée sur un socle de style un peu ancien (une terrasse).

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19 janvier 2010

LA VALEUR D'UN BRONZE (26) : JUMENT ARABE ET SON POULAIN, DE MENE

Monsieur Alex A. m'a envoyé quelques photos d'un très joli bronze de Pierre-Jules Mêne. Il a trouvé un bref descriptif sur internet, mais comme il s'agit visiblement d'un texte en anglais traduit de façon automatique, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce moment de poésie surréaliste (j'espère que notre internaute, qui n'y est pour rien, ne m'en voudra pas) :

"DESCRIPTION: Une sculpture réaliste d’excellente caractéristique montrant la relation entre une jument et son poulain hargneuse ludique. Le bronze a une excellente frottée légèrement patinée et des détails de surface croustillante. Élevée sur la base naturaliste ovale."

Vous apprécierez la "surface croustillante" !

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J'ai déjà parlé de Pierre-Jules Mêne (avec un accent circonflexe et non pas grave, comme on le voit souvent) mais comme je viens de relire sa vie dans le superbe "Catalogue raisonné" de MM. Richarme et Poletti (Univers Du Bronze), voici encore quelques mots sur ce très grand sculpteur exclusivement animalier.

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Né en 1810 et mort en 1879, il s'est spécialisé dans les scènes de chasse, les chevaux et les chiens. Il a aussi réalisé des animaux de ferme, de basse-cour (dont un très joli coq), quelques animaux sauvages, mais il est particulièrement connu pour ses chiens et chevaux. Il dessinait fort bien et s'attachait à reproduire exactement la morphologie de races bien précises. On pourrait tout juste lui reprocher d'avoir un peu raté un chamois au museau étonnament long (chamois sautant n°2)... Il est connu pour réaliser des pièces incroyablement détaillées et finement ciselées. Il a très vite connu le succès. Détail touchant, il est décédé très peu de temps après son épouse, qu'il adorait et qui le secondait fort bien. Sa fille s'était mariée avec le sculpteur animalier Auguste Cain et tout ce petit monde vivait bourgeoisement dans le bonheur familial d'une même grande maison.

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Mène ouvrit sa propre fonderie en 1837 pour éditer ses oeuvres puis celles de son gendre. Comme tous les sculpteurs renommés, Mêne fut imité et il existe un très grand nombre de copies plus ou moins bien réalisées de ses oeuvres.

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Le bronze ici présenté s'appelle précisément "Jument arabe et son poulain (Kemlem-Handani)". Il a été créé en 1850 et édité aussitôt. Il en existe une réduction de 26 cm de long soit environ la moitié de celui-ci. Présenté au Salon en 1850, avec d'autres pièces, il est remarqué par le prince Louis-Napoléon, qui en fait l'acquisition. Dans le catalogue du fondeur Susse, fin XIXème, il est vendu 300 Euros. Les dimensions mentionnées sont celles-ci : h. 30 cm, l. 50 cm, p. 24 cm.
 
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Selon MM. Richarme et Poletti, cette scène a connu un succès limité - peut-être à cause de sa grande taille ? - et les tirages sont généralement d'époque et de bonne qualité (à la différence de la réduction, largement copiée).
Le bronze qui nous est ici soumis est très fin : voyez les veines sur la tête de la jument, les petits sabots du poulain.
Malgré tout, la ciselure n'est pas aussi parfaite qu'on pourrait le souhaiter : le corps de l'animal adulte est un peu trop lisse et les détails du sol ne sont pas aussi précis que sur les plus beaux exemplaires.
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Cela reste un magnifique bronze et, bien qu'on ne puisse en être certain qu'en le voyant en réalité, il est peu probable que ce soit une copie ou une fonte tardive.
Il est difficile de donner un prix à un tel sujet car les bronzes de Mêne de cette taille sont maintenant rares. Je relève que la réduction sera mise en vente à Evreux dans quelques jours, à un prix qui devrait tourner autour de 2500 Euros je crois.
Si un examen attentif confirme bien que le grand bronze de notre internaute est ancien, il pourrait sans doute se situer autour de 6000 Euros.
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14 janvier 2010

ART ANIMALIER N°2 EN KIOSQUE

Pour ceux qui ne sont pas abonnés, le numéro 2 du magazine ART ANIMALIER – Nature & Culture est en kiosque (Maison de la presse – Relais H – Angora, toutes les grandes distributions de presse) depuis le 7 janvier.

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Au sommaire :

  • Deux portraits d’artistes : Laurence Saunois et Jean-Baptiste Vendamme (excellent artiste lyonnais !).
  • Portrait d’Animal avec un reportage sur les panthères au Parc des Félins de Nesles.
  • Interview exclusive de l’astrophysicien Hubert Reeves sur la biodiversité.
  • Interview exclusive de Christian Huchedé, fondateur du Refuge de l’Arche dans la Mayenne.
  • Mission éducative à Lemurs’Park – Madagascar.
  • Actualité cinéma  avec le reportage sur le film OCEANS de Jacques Perrin.
  • Une nouvelle de Nelly Boutinot, vice-présidente de la ligue ROC.
  • Dans la rubrique Métier, deux créateurs de peluches d’Art.
  • Présentation de plusieurs ouvrages.
  • Et bien sûr l’agenda des expositions des artistes animaliers.

Si vous souhaitez découvrir l’amorce des articles, rendez-vous sur le site du magazine à l'adresse suivante :

http://www.artanimalier.fr/2010/01/03/editorial-n%c2%b02/

23:14 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2)

10 janvier 2010

LE CROCODILE DU NIL

Deux mois sans créer de nouvel animal ! Cette période a pourtant été fort occupée en raison de l'exposition de Saint-Mandé, du Salon des Artistes Animaliers de Bry/Marne, de la vente à Drouot, mais aussi par la réalisation de ma première oeuvre de grande taille (150 cm de hauteur), actuellement à la fonte et qui devrait être prête fin janvier.

Pour bien commencer l'année après les vacances de Noël, je me suis remis au travail avec un sujet qui me faisait envie depuis longtemps mais que je craignais de ne pas savoir faire : un Crocodile du Nil. Et finalement, je n'en suis pas mécontent.

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Il ne faut pas confondre la famille des crocodilidés, qui comprend 3 genres et 14 espèces, avec celles des caïmans, alligators et gavials. Caïmans et alligators ont une tête plustôt ovale et courte, alors que le gavial a un museau extrêmement effilé (voir "Le tigre attaquant un gavial" de Barye) et le croco une tête plutôt triangulaire. Autre différence, l'alligator ne laisse pas voir ses dents lorsque sa gueule est fermée, contrairement aux autres et en particuler au crocodile. Au très beau Muséum d'histoire naturelle de Vienne (Autriche), on peut admirer un gigantesque gavial qui doit bien mesurer 6 mètres de long.

Les crocodiles marins, vivant en Océanie et en Australie, et les crocodiles du Nil, présents dans presque toute l'Afrique noire, sont les plus gros, le record étant atteint par un croco marin de 8,60 mètres. En dehors de cet animal exceptionnel, les très grands animaux peuvent, dans l'une et l'autre espèce, mesurer 6 à 7 mètres et peser 900 kg voire une tonne. C'est le cas d'un véritable monstre installé dans un lac au Burundi et surnommé Gustave. Il serait d'ailleurs mort maintenant mais on voit souvent des photos de cet animal sur internet.

Les crocodiles ont 5 doigts aux pattes antérieures et 4, palmés, aux postérieurs.

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Le crocodile fascine et fait peur, avec son espèce de sourire sadique, son cou épais et goitreux, son oeil impassible, sa somnolence immobile, gueule ouverte, qui cache en réalité une très grande vivacité. Je me souviens qu'un jour, au Kénya, un employé de restaurant jetait des restes de repas au bord du lac pour faire venir les crocodiles, au grand bonheur des touristes. Effectivement, on vit des vieux troncs d'arbres flottant sur l'eau (comme dans Tintin !) s'animer, monter lentement et pesamment sur la berge. Lenteur simulée car un gros croco fit tout à coup volte-face et bondit quasiment sur le pauvre homme qui ne dut son salut qu'à une bon réflexe - ou une grande habitude de ces reptiles.

J'ai lu quelque part : "Un crocodile est un dinosaure qui n'a pas disparu". Ci-dessous une photo d'un vrai croco, prise au zoo de Ziniaré.

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Un crocodile peut courir à 18 km/heure, jaillir verticalement hors de l'eau et même, pour certaines espèces, sauter. On a tous vu un jour cette scène : dans la rivière Mara ou au bord d'un marigot, une antilope boit et un croco l'attrape soudain par le museau puis recule jusqu'à mettre dans l'eau le bout du museau de sa victime, qui se noit debout.

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Il est très difficile d'ouvrir la gueule d'un croco qui tient une proie, mais à l'inverse il a peu de force pour l'ouvrir si on la lui tient fermée. C'est d'ailleurs ce qu'explique Freddy Boller dans un livre terrifiant ("L'enfer des crocodiles") où il raconte ses chasses au croco la nuit à pied et dans l'eau. Les dents de ces reptiles ne sont pas faites pour mâcher mais pour saisir. La proie est ensuite noyée puis mise à pourrir dans un trou sous l'eau, jusqu'à ce que le croco puisse l'avaler par morceaux. Autre technique : le croco s'accroche fermement à un gros animal mort, comme un hippopotame ou un zèbre, et fait des tonneaux sur lui-même afin d'arracher des morceaux.

Les crocodiles font beaucoup de victimes et il faut se garder, dans les régions qu'ils fréquentent, de marcher trop près de l'eau. Voici une photo, prise au Burkina, d'un trou de crocodile près d'un marigot.

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La tentation est toujours de croire cet animal lourd, lent et prévisible. Même s'il ne s'agit pas d'un crocodile du Nil mais probablement d'un caïman, un regard à cette photo (cliquer sur le lien) montre l'allure incroyable que ces reptiles peuvent avoir (on dirait l'une de ces créatures fantastiques des vieux films d'horreur, comme "Le monstre du lac noir"...) :

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Je me suis bien amusé avec mon crocodile du Nil : j'ai voulu réussir à lui donner un air inquiétant sans la gueule ouverte, ce qui aurait été trop facile. Je me suis attaché à rendre la puissance formidable de la queue, toujours très longue par rapport au corps, et l'attitude faussement au repos, matérialisée par la patte postérieure reposant à l'envers. Il a ce sourire bizarre et inquiétant qui vient de la forme de la bouche, dont la commissure est largement en arrière des yeux. Sa tête est comme bosselée. J'espère que la fonderie saura parfaitement reproduire le relief de la peau (dont seul le ventre est utilisable en maroquinerie) et les dents dépassant des machoires.

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Le bout des doigts n'est qu'esquissé pour l'instant. Une fois fondu, je polirai les griffes pour les rendre fines et pointues. D'autre part, je ne suis pas satisfait du socle que l'on voit ici. J'ai fait ne nombreux essais et finalement, j'en ferai un plus grand, de style ancien. Il existera aussi une version sans socle (comme le préfère certaines galeries).

En décembre, record battu pour ce site : plus de 10 000 pages vues. Merci à tous les visiteurs !

15:55 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (4)

08 janvier 2010

LA VALEUR D'UN BRONZE (25) : LA VACHE DE DUBUCAND

Monsieur Laurent S. possède une jolie vache en bronze signée Dubucand, qu'il tient de son grand-père. "J'ai beau chercher sur internet l'histoire de ce bronze, nous dit-il, je ne trouve rien".

 

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Effectivement, on ne trouve presque rien sur Alfred Dubucand, ni sur internet ni dans les livres, et c'est une injustice car il a fait de très belles choses. Bien sûr, il y a quelques lignes dans le Dictionnaire des sculpteurs de Kjellberg, ou dans celui des sculpteurs animaliers, du Docteur Hachet, mais c'est finalement dans le très beau "Les Orientalistes" de Stéphane Richemond (Les Editions de l'Amateur) que j'ai trouvé le plus d'informations.

Alfred Dubucand est né à Paris (précisément : 14 rue Martrois) en 1828 et décédé en 1894. Il a commencé à exposer régulièrement en 1867 (39 ans) au Salon des artistes français, jusqu'en 1883. Selon les livres, Dubucand "est", "aurait été" ou "se dit" (on devine bien la nuance !) élève de Barye et Rouillard. Il obtint une médaille en 1879 pour son "Chasseur persan au guépard", qui est effectivement très beau : il représente un cavalier sur un splendide cheval, à la crinière et la queue soignées, marchant presque au pas d'école. Sur la croupe du cheval, juste derrière le chasseur, un guépard - que je trouve toutefois légèrement trop petit - est assis mais en position crispée comme il convient lorsqu'on est ainsi en position un peu instable !

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Si les oeuvres de Dubucand représentent parfois des personnages, ils sont toujours en compagnie d'animaux car il est essentiellement sculpteur animalier, d'inspiration largement orientaliste (d'où sa présence dans ce livre).

On apprend dans le dictionnaire du Dr.Hachet qu'il avait un fils ("E.Alfred Dubucand"), qui a exposé pendant 7 ans au Salon, à la fin du XIXème siècle, mais ne semble pas avoir connu la même renommée que son père.

Parmi les bronzes de Dubucand, je relève des pièces bien réalisées mais finalement de peu d'intérêt de nos jours car trop vues : Faisan, Cerf et biches, Cerf à l'écoute, Bécasse effrayée, Setter, etc. D'autres pièces sont elles aussi parfaitement travaillées mais plus originales ou charmantes : Cavalier et femme arabe à la fontaine, Paire de Greyhounds, Cavalier arabe avec deux lévriers, Chasseur berbère sur son dromadaire, etc. Deux pièces très surprenantes enfin : un Cavalier mexicain au lasso, incroyablement moderne, et une Chasse à l'autruche dans le Sahara, où l'on voit un cavalier au galop s'apprêtant à assommer d'un coup de trique une autruche elle aussi en pleine course. 

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L'une des pièces les plus connues de Dubucand, d'ailleurs reproduites dans les trois livres consultés, est "L'ânier du Caire", jolie scène représentant un jeune garçon négligemment accoudé sur son âne.

On est loin de la belle vache de notre internaute, mais il est intéressant d'évoquer un sculpteur parfois un peu oublié à l'ombre des Barye, Mêne, Frémiet, etc. Les bronzes de Dubucand ont la réputation d'être finement et joliment ciselés. C'est bien le cas de notre vache, d'un très grand réalisme. Vu la petite taille du pis, de nos jours il s'agirait presque plus d'une génisse que d'une bonne grosse laitière comme les usines à lait que l'on trouve maintenant dans nos champs.

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Quelle valeur pour ce bronze, qui mesure environ  26 cm de long, 10 cm de large et 20 cm de haut ? J'ai tenté d'oublier combien le sujet des vaches me plaisait et de rester objectif, pour estimer cette pièce aux alentours de 700 Euros à 800 Euros. C'est tout à fait cohérent avec l'estimation de 500 Euros à 800 Euros donnée par l'étude Beaussant-Lefèvre lors de la vente du 4 juin 2008, où cette pièce était proposée. Mais il devait y avoir un collectionneur de vaches ou un passionné de Dubucand dans la salle car elle est partie à 1300 Euros hors frais soit environ 1600 Euros frais compris.

Merci à Monsieur S. pour ce bronze rare. Je lui recommande de nettoyer la vache sous l'eau tiède, de la sècher (voir ci-dessous), de la frotter avec une brosse à dent et un peu de savon (type savon de Marseille mais pas de produit liquide), puis de la frotter avec du cirage à chaussure marron (Kiwi, par exemple, mais pas de crème). Une fois sèche, il passera une brosse à reluire ou un chiffon et elle sera magnifique. Une astuce pour étaler facilement le cirage sans encrasser le bronze : le faire chauffer plusieurs minutes au sèche-cheveux. Appliqué aussitôt (j'utilise un pinceau), le cirage sera presque liquide.

Ce week-end, je vous parlerai de ma nouvelle création.

23:05 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (3)