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18 octobre 2009

DES PATTES PLUS COURTES !

Le Vautour fauve (ou "Le Directeur financier", bien campé sur son sac d'or) a subi une petite transformation. En effet, il avait un défaut immédiatement décelé quand il est revenu de la fonderie. Je l'avais modelé en deux parties : le corps d'un côté, le sac et les pattes de l'autre, l'assemblage en terre étant impossible car le poids du corps aurait brisé les fragiles pattes. J'avais donc donné à la fonderie les indications précises pour assembler les deux parties, précisant quelle longueur de pattes devait rester apparente.

Nous nous sommes mal compris et quand le vautour est arrivé, sans être quand même un échassier, il avait les pattes beaucoup trop hautes. Il est donc reparti illico à la fonderie, qui a parfaitement rattrapé les choses et le voilà avec une allure beaucoup plus réaliste (voir l'album-photo).

Voici donc les photos avant et après la petite opération chirurgicale.

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23:03 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

15 octobre 2009

UNE NOUVELLE GALERIE PLACE DES VOSGES A PARIS

Michel Estades, qui possède une galerie à Lyon - où mes bronzes sont présentés en permanence - et Toulon, vient d'ouvrir une galerie à Paris, 17 place des Vosges (75004). L'inauguration a eu lieu samedi dernier 10 octobre.

Un certain nombre de mes bronzes y sont exposés, parmi ceux de Pam, Boudon, Derely et bien d'autres artistes. On peut également y voir des tableaux de Fusaro, Toffoli, Buffet, Weisbuch, Brayer, etc.

La galerie est ouverte tous les jours de 11h à 13 h et de 14h à 19h.

 

Dans quelques jours, les photos d'une nouvelle pièce : les vaches laitières.

23:47 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (4)

27 septembre 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (21) : LA GENETTE DE BARYE

Monsieur Jean-Claude T. nous soumet aujourd'hui (enfin, il y a quelques semaines car je suis très en retard pour répondre aux nombreuses demandes...)  un bronze  de Barye et même plus précisément de l'illustre Antoine-Louis Barye (1795-1875), dont j'ai beaucoup parlé dans mes précédentes notes. A la différence des pièces présentées jusqu'ici, nous avons cette fois un bas-relief. Il représente une genette emportant un oiseau (on ne peut distinguer de quel oiseau il s'agit !).

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Un mot sur la genette : c'est un petit carnivore commun en Europe, d'environ 50 cm de long pour un poids de 2 kg. C'est un animal solitaire, excellent grimpeur et pourvu de griffes semi-rétractiles. Il apprécie les poulaillers... Il paraît que les genettes étaient souvent apprivoisées au Moyen-Age et rendait les mêmes services que les chats aujourd'hui, chassant les souris voire les rats.

Comme bien d'autres sculpteurs, dont Pierre-Jules Mêne après lui, Barye a modelé plusieurs bas-reliefs : fauves, rapaces, scènes de chasse, etc. Dans son catalogue édité vers 1860, Barye indique que le léopard, la panthère (NB : je ne sais comment il put distinguer ces deux animaux qui sont de la même espèce, seules les appellations locales changeant...), la genette et le cerf de Virgnie, réalisés en 1831, forment un ensemble. Chacun d'eux était alors vendu 10 Francs avec cadre et 6 Francs sans cadre.

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Il paraît que cette genette est plus rare que les bas-reliefs de rapaces. On la voit pourtant de temps à autre en vente.

Monsieur T. nous donne les dimensions suivantes : 14 cm x 6,5 cm. Elles sont logiquement un peu plus petites que celles du bas-relief avec cadre.

Comme le relève fort justement notre internaute, le très grand intérêt de cette pièce vient du fait qu'elle est datée sur le côté, verticalement "Barye 1831". Dans leur catalogue raisonné de l'oeuvre de Barye, Messieurs Richarme et Poletti mentionnent bien que Barye a daté ainsi certaines pièces jusqu'en 1834, et ce bas-relief en fait partie. Il s'agit donc ici d'une très belle et authentique sculpture, ce qui est de toutes façons visible à la finesse de sa ciselure : bien que ce bas-relief soit tout petit, on distingue parfaitement les traits de la genette, ses machoires gonflées par la proie qu'elle serre, ses doigts et son pelage. Tout le génie et le don d'observation de Barye ! 

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Donner un prix à cette pièce n'est pas facile : un bas-relief, surtout très petit, est moins "spectaculaire" qu'une pièce en trois dimensions, mais son authenticité lui donne une valeur particulière. Ce bronze a été vendu chez Christies en avril 2003 pour 1673 US dollars (frais inclus), mais en juin 2005, on la trouvait (probablement pas si ancienne) estimée entre 500 Euros et 600 Euros (hors frais). Il me semble qu'un amateur éclairé recherchant des pièces rares de Barye serait près à débourser entre 1000 Euros et 1500 Euros pour l'ajouter à sa collection.

En terminant cette note, je relève les estimations suivantes pour deux ventes à venir :

- Etude Coutau-Bégarie - 7 oct. 2009 - Bas-relief de Barye daté 1831 - "Léopard" : 500 Euros à 600 Euros (soit environ 700 Euros frans compris)

- Etude Boisgirard - 13 oct. 2009 - Bas-relief de Barye - "Lion" : 800 à 1000 Euros (soit environ 1000 Euros à 1200 Euros frais compris).

Merci à Monsieur T. pour la qualité de ses photos, et celle, amusante, du dos de la pièce.

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Vous possédez un bronze animalier et vous en ignorez l'histoire ou la valeur ? Envoyez-moi quelques photos très nettes (vue générale, signature, marque de fondeur éventuelle, dessous) à : damiencolcombet@free.fr

23:21 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2)

16 septembre 2009

LA MENAGERIE DU CIRQUE

J'aime beaucoup le cirque, surtout, évidemment, pour ses animaux. Oh ! Je sais bien que, malgré d'incontestables progrès et des règlementations plus strictes, bon nombre d'entre eux ont une toute petite cage et que les conditions sanitaires ne sont pas toujours extraordinaires. Mais c'est ainsi : depuis que suis petit, comme beaucoup, l'odeur de la paille, des éléphants, des fauves me ravit. Lorsque j'étais enfant, dans le village breton où je passais mes vacances, des petits cirques venaient l'été s'installer de nuit sur un champ à deux pas de la maison et nous étions réveillés par les coups de masse que deux monteurs assènaient en alternance sur les piquets destinés à monter la tente. On attendait avec impatience que les camions-cages s'ouvrent et l'on découvrait parfois des animaux fascinants : une hyène à moitié folle à force de tourner dans sa cage, un hippopotame somnolent dans une cuve douteuse, un ours, un méchant babouin... A force d'en voir, les lamas et les poneys nous agaçaient un peu et nous étions fort déçus quand la ménagerie se réduisait à ces animaux-là. Habilement, un des membres du cirque nous assurait qu'à la représentation, il y aurait des fauves mais que le camion était en panne à 10 km. On ne voyait évidemment jamais ce camion, qui n'était qu'un moyen de nous attirer.

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A Rennes, où la place du Champ-de-Mars offrait beaucoup plus de place, les grands cirques - Amar, Pinder, Jean Richard - déployaient leurs fastes. On apercevait parfois quelques "grands noms" et je me souviens de Jean Richard, Roger Lanzac, Achille Zavatta, Sampion Bouglione, Violette Medrano, Dick Chipperfield... Et quelle émotion en découvrant le fantastique "American Circus" : 3 pistes, plus de 60 chevaux, plus de 20 éléphants immenses...

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J'ai retrouvé cette fascination dans un tout petit livre intitulé "Célébration du cirque" de Jean Monteaux. En voici un extrait que j'aime particulièrement :

"L'entracte offre à l'amateur de Cirque une joie nouvelle. Il s'intègre à la foule mouvante, il entre dans la procession désordonnée qui le conduit à la ménagerie.

Il l'a déjà visitée, le matin ou l'après-midi. Mais y vivrait-il qu'il serait toujours ému par l'odeur dont il distingue tous les composants ; les éléphants fleurent le foin chaud, les chevaux dégagent une buée végétale, les fauves ont un parfum âcre et sensuel qui prend aux reins, les otaries sentent toujours l'eau de lessive, des chimpanzés montent un parfum de fête foraine à cause des cacahuètes qu'ils épluchent, la girafe, isolée dans son enclos, curieusement, est inodore.

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Il distribue le sucre, donne le pain dont il a empli ses poches en partant de chez lui ; et les baves qui se mélangent sur ses mains lui sont un délicieux plaisir. Puis il s'arrête devant le gorille.

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Il subit, tête basse, honteux d'être humain, les réflexions et les quolibets que les "curieux" adressent au géant résigné - résigné mais pas indifférent : il souffre de cette atroce incompréhension populaire. L'amateur n'a pas cette résignation ; l'ignoble sottise de la foule lui devient vite insupportable. Alors, il redresse la tête ; son regard rencontre celui du gorille.

Il ne s'éloigne pas : il s'enfuit comme s'il avait commis une mauvaise action en sachant qu'il ne pourra jamais la réparer. le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement ; les yeux du gorille en cage non plus.

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L'amateur regagne sa place vers la fin de l'entracte. Avant que se rallument les projecteurs, il a toujours quelque incident à observer. le cable retendu, la sciure ratissée, un trapèze libéré, un lustre remonté, l'ouvreuse qui précipite la vente de ses bonbons pour aller enfiler un maillot pailleté de cycliste ou de patineuse, sont autant de détails qu'il croit être le seul à remarquer.

Quand les musiciens s'asseyent à leur pupitre, il éprouve l'impression confortable du père de famille qui voit ses fils s'attabler pour un dîner de famille.

A la seconde ouverture, sa joie rebondit. Elle est aussi neuve, aussi intacte, aussi enthousiaste qu'à la première."

D'ici deux ou trois jours, les photos du vautour fauve et du phacochère en bronze seront dans l'album-photo.

23:34 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cirque, zoo, girafe, barye, mêne, gorille

10 septembre 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (20) : JUMENT NORMANDE DE P.J. MENE

Les demandes d'expertise affluent ! Est-ce parce que ces petites notes sans prétentions incitent les internautes à ressortir des placards et greniers les chevaux, lions et vaches que leurs grands parents aimaient et dont on découvre que finalement ils ne sont pas si vilains ? Je ne sais pas, mais c'est pour moi l'occasion d'avoir de merveilleux échanges et d'admirer de superbes pièces.

Je ne mets pas sur ce site tous les avis que je peux donner : je suis obligé de sélectionner les pièces les plus intéressantes par leur beauté, leur rareté mais aussi parce que les recherches ont été intéressantes. Je réponds néamoins à toutes les demandes !

Aujourd'hui, Monsieur Stéphane M., qui nous avait déjà montré une très belle biche couchée de Barye (cf. note du 6 avril 2009), envoie des photos d'un autre bronze qu'il nous dit tenir de son grand-père : un cheval de Pierre-Jules Mène (1810-1879). J'ai déjà parlé de ce très grand sculpteur dans la note du 8 juillet 2009.

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Ce bronze est en fait la "Jument normande seule". Cette adjectif la distingue de la "Jument normande et son poulain", qui la "met en scène" avec son petit sur une grande terrasse. Ce modèle a été créé par Mène en 1868.

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Je vais citer ici Messieurs Richarme et Poletti (in Pierre-Jules Mène - Catalogue raisonné - Univers du bronze - 2007) tant ils sont élogieux sur cette pièce : "L'artiste considérait [la Jument normande et son poulain] comme une de ses réussites et un de ses groupes majeurs. [...] Mais c'est l'édition de la Jument normande seule qui est une véritable réussite". Les auteurs précisent qu'il y a dans cette pièce l'aboutissement du travail de Mène sur les surfaces, et parlent ici d'un travail "impressionniste, presque abstrait". Il relève enfin que les éditions sont pratiquement toujours de bonne qualité.

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C'est assurément le cas ici. Grace aux très belles photos de Stéphane M., on voit la finesse des détails de ce bronze. Les dimensions qu'il nous donne sont bien, à très peu près (écart de mesure) celles du catalogue de Susse à la fin du XIXème siècle : 44 cm (haut) x 49 cm (long) x 18 (prof). C'est donc une très grande pièce. Pour l'anecdote, il était alors au prix de 250 Euros.

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A la différence de bien d'autres chevaux de Mène, cette pièce est rarement présente dans les ventes aux enchères. Je manque donc de point de repère précis. En revanche, j'ai noté les adjudications suivantes (hors frais) pour des modèles de taille analogue : entre 2500 Euros et 5600 Euros (trop cher !) pour "Djinn, cheval à la barrière" (39 cm de long), 3000 Euros pour "Ibrahim" (37 cm), 3100 Euros (pas très cher, cette fois) pour "L'accolade" (53 cm), 2300 Euros pour "Cheval au palmier" (42 cm). Je pense que, compte tenu de sa rareté mais, à l'inverse, de la baisse des prix actuellement sur les bronzes anciens, cette pièce trouverait probablement preneur dans une vente bien ciblée (grande maison de vente, à l'automne, sur un thème de chasse ou équitation) aux alentours de 3000 Euros.

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22:29 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (3)