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08 juillet 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (16) : "PETITE CHEVRE" DE MENE

Monsieur Bruno Q. m'envoie plusieurs photos de bronze, qu'il nous dit avoir hérités. Comme il s'agit de jolies pièces, que les photos sont bien prises, je vais y consacrer plusieurs notes. Nous commençons aujourd'hui par une petite chèvre.

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Ce bronze est tout petit : 8 cm de long et 7 cm de haut. Selon le catalogue raisonné de Pierre-Jules Mène (Richarme et Poletti - Univers du Bronze), cette "mignonnette" a été créée après 1846 et a été édtiée par l'atelier Mène, puis par l'atelier Mène-Cain et par Susse. Elle doit être assez rare car je ne l'avais jamais vue et MM. Richarme et Poletti n'en disent rien. Ils n'en donnent pas les dimensions et ne montrent qu'une photo en noir et blanc. Ils mentionnent un exemplaire à la Franses Gallery de Londres.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La ciselure est très belle : voyez le collier, le dos creusé qui rend bien la morphologie osseuse des chèvres. Les cornes, quasiment inxistantes, ne sont pas cassées : la pièce a bien été concue ainsi à l'origine. La signature est très nette, profondément creusée, comme le faisait Mène à la fin de sa carrière.
 
Pour l'anecdote, cette chèvre est mentionnée dans la catalogue de Susse  de la fin du XIXème siècle au prix de de 15 francs ! Pour comparaison, les plus grandes pièces, de 75 cm de long, sont au prix de 1500 francs.
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Qui est Pierre-Jules Mène ? Né en 1810 et mort en 1879, il a commencé à travailler chez son père tourneur de métaux, a exercé divers métiers et s'est fait connaître en exposant au Salon en 1838. Son oeuvre comprend beaucoup de chiens, de chevaux et de cerfs, mais il a étendu son art aux renards, bétail - dont des moutons tout à fait dans le style de Rosa et Isidore Bonheur - et oiseaux de bassse-cour, et même aux scènes exotiques, comme "La lionne (ou jaguar ?) et le caïman". Cain, très grand sculpteur bien qu'un peu pompier (cf. "Lion et autruche" au jardin du Luxembourg), était son gendre.
 
 
Il est souvent présenté comme le plus grand sculpteur animalier après Barye. Je ne suis pas tout à fait de cet avis, Frémiet le dépassant à mon avis par sa précision, sa sensibilité et surtout sa diversité.
 
On voit très très souvent en ventes certaines pièces de Mène : lévriers jouant à la balle, braque à l'arrêt, chasseur écossais tenant un renard, cerf à la feuille, et tous ses chevaux.
 
 
 
 
 
 
 
Contrairement à Frémiet, qui faisait tout pour en obtenir, Mène n'a pas fait beaucoup de commandes publiques.
 
 
 
Comme pour tous les grands sculpteurs, les oeuvres de Mène ont été beaucoup produites, avec malheureusement beaucoup de pâles copies et de fontes tardives, parfois assez bonnes malgré tout. Ce n'est pas le cas de cette chèvre, certainement ancienne.
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Quelle estimation donner à ce joli petit animal ? C'est difficile, surtout en ce moment où le prix des bronzes anciens baisse à vive allure. Il s'agit d'une petite pièce, donc forcément de faible valeur. Mais elle a pour elle sa qualité et sa rareté. Il me semble qu'elle pourrait se situer dans une fourchette de 400 Euros à 700 Euros.
 
Renez-vous dans quelques jours pour une autre pièce de Monsieur Bruno Q.

28 juin 2009

ARISTOTE EN BRONZE

Voici - enfin - les photos d'Aristote, son fils et leur caméléon, en bronze (voir l'album-photo). L'explication de cette scène se trouve dans ma note du 11 avril 2009. Ce bronze a été fondu par Deroyaume, à Vesoul, qui travaille remarquablement : tous les détails y sont bien, le petit est soudé au mâle mais de façon très discrète, et la patine est superbe.

Le relief de cette pièce fait qu'il est très difficile d'en faire de bonnes photos : elles sont soit trop sombres soit trop brillantes. Après plusieurs essais, j'ai sélectionné celles-ci bien qu'elles ne soient pas parfaites.

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Ce grand bronze sera présenté au Salon des Artistes Animaliers de Bry-sur-Marne, à l'automne 2009 puisque, pour la deuxième année, le jury a bien voulu retenir mon travail. Chaque année, une centaine d'artistes animaliers - peintres, sculpteurs, photographes - sont sélectionnés parmi plus de 200 dossiers et présentent une oeuvre, exceptionnellement deux.

21:58 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

09 juin 2009

EXPO "ESPECES EN DANGER"

A partir du 10 juin, vous pourrez découvrir l'exposition "Espèces en danger" à la Galerie Xavier Nicolas à Paris (16 rue de Lille dans le 7ème arrondissement), en partenariat avec l'Institut Jane Goodall France.

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Le Docteur Jane Goodall est connue dans le monde entier pour son travail sur les chimpanzés. A 20 ans, invitée en Afrique, elle découvre ces grands singes et décide d'y consacrer sa vie. Elle s'installe donc en Tanzanie et vit avec les chimpanzés, qu'elle observe en permanence. La première, dans les années 60, elle découvre que ces primates ne sont pas exclusivement herbivores mais omnivores, qu'ils ont des comportements sociaux très développés et surtout qu'ils savent confectionner des outils rudimentaires, par exemple pour dénicher des insectes.

Ses écrits ont eu un grand retentissement. Jane Goodall a reçu de très nombreux prix et honneurs. Elle est messager de la Paix des Nations-Unies.

L'exposition a lieu du 10 juin au 25 juillet 2009. Y seront présentées les oeuvres de 20 artistes animaliers parmi lesquels Danielle Beck, Florence Jacquesson, Odile de Wismes, Olivier Dassault, etc. La vente de ces oeuvres contribuera à soutenir les programmes de protection de la biodiversité.

Ayant la chance de participer à cet évènement, j'y présenterai quelques pièces : le rhinocéros indien, l'éléphant et l'éléphanteau, et bien sûr Platon, qui n'est pourtant pas un chimpanzé !

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28 mai 2009

LE VAUTOUR FAUVE

Dans l'album-photo, une nouvelle création : le Vautour fauve (modèle en terre pour l'instant).
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Comme on le sait, les vautours sont des charognards, c'est-à-dire qu'ils ne tuent pas leurs proies mais mangent des animaux morts. Toutefois, dans le sud de la France et en Espagne, la fermeture récente de dépôts de carcasses animales à ciel ouvert, qui servaient de cantines aux vautours, provoqueraient des attaques de petit bétail - moutons et veaux - par des vautours affamés.

On a tous en tête les vautours au cou déplumé et à l'air sadique des bandes dessinés et dessins animés. En réalité, il existe un grand nombre de vautours, de taille très diverses. Certains sont marrons, d'autres noirs ; certains ont une petite tête pointue (comme celui en photo ci-dessous, vu au Burkina et qui est probablement un vautour moine), d'autres comme le vautour pape un crâne coloré de rouge, jaune, bleu ; certains ont une queue assez longue tandis que d'autres, comme le vautour fauve, ont une queue courte.

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Le Vautour fauve fait partie de la catégorie des vautours griffons, qui comprend 7 espèces, se caractérisant par un cou apparemment nu mais en fait recouvert d'un fin duvet. Cette absence de grandes plumes leur permet de plonger le cou dans les carcasses sans se salir outre-mesure. Le vautour que l'on voit habituellement au Kénya et en Tanzanie est le vautour africain à dos blanc. Le vautour fauve, qui lui ressemble beaucoup, vit plutôt dans la moitié sud de l'Europe - dont la France - et sur le pourtour de l'Afrique (Afrique du Nord, Egypte, Afrique du Sud, etc). Son envergure atteint 2m80. Il a des serres peu puissantes puisqu'à la différence des aigles, le vautour ne s'en sert pas pour tuer. La base de son cou est entourée de petites plumes blanches soyeuses. Son bec semble en deux parties, séparées par une ligne verticale, détails que l'on voit bien sur cette photo que j'ai prise dans un zoo.

 

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Les vautours, comme tous les rapaces, ont un air fier et ils ne sont pas si lâches que cela. Bien sûr, ils s'écartent quand un grand fauve dévore une proie, mais ils savent se faire pressants si l'attente se prolonge, et se font respecter notamment des chacals. En vol, ils sont magnifiques, leurs larges ailes étant parfaitement adapté au vol plané. Leur vue perçante leur permet de repérer très rapidement une proie et il ne faut pas attendre longtemps pour qu'ils s'abattent en grand désordre à quelques mètres d'un fauve qui vient de tuer une antilope ou un zèbre.

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19 mai 2009

UN PHACOCHERE !

Nouvelle création : un animal de la savane très commun dans une grande partie de l'Afrique, le Phacochère (voir les photos de l'album à droite). Lorsqu'on circule dans les parcs et réserves du continent africain, sa présence semble familière et amusante, malgré son allure très disgracieuse.

 

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De la famille des Suidés, qui comprend les porcs domestiques, sangliers, potamochères, hylochères et babiroussas (mais pas les pécaris, malgré les apparences), le phacochère est immédiatement reconnaissable à son dos plat, son corps haut sur pattes et presque sans poils hormis une curieuse crinière de cheval, et surtout sa grande tête également assez plate ornée de curieuses excroissances latérales, en particulier chez le mâle, et ses très grandes défenses, les "bananes", qui peuvent atteindre 60 cm.

Son comportement semble un peu excentrique : il vit dans un terrier, qu'il ne creuse pas mais emprunte à d'autres animaux comme les oryctéropes et où il rentre à reculons pour en protéger l'entrée, il se met à genoux pour brouter car son cou est trop court pour attiendre le sol, et, lorsqu'il détale, le plus souvent au trot, il dresse la queue comme une antenne, ce qui lui donne l'air d'un animal radioguidé ! Le spectacle d'une famille de phacochères, femelle devant, 4 petits en file indienne, le mâle fermant la marche, est comique.

La population des phacochères en Afrique est très importante mais elle diminue. Ils font souvent office de gibier facile pour les fauves, qui savent les sortir de leur trou, et pour les chasseurs qui apprécient leur chair goûteuse et plus tendre que le sanglier, et recherchent comme trophée leurs grandes défenses.

Il faut dire que parfois le phacochère semble complètement inconscient du danger, ce qui est sans doute dû à sa mauvaise vue. Voici une photo que j'ai prise au Burkina Faso il y a un an : pendant un long moment, un très beau phacochère s'est arrêté en zone découverte, à portée de fusil, prenant la pose de face, de dos, de profil. Le chasseur s'est amusé à le mettre en joue mais n'a pas tiré sur cette cible trop facile, qui a quand même fini par s'éloigner au trot (photo ci-dessous).

 

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Il faut quand même se méfier de la mauvaise humeur et du courage de cet animal, qui, s'il est attaqué, blessé ou serré de trop près, peut charger et causer de très graves blessures aux fauves comme aux hommes.

Je me souviens qu'au zoo de Ziniaré, au Burkina, était présenté le phacochère ci-dessous, doté d'énormes défenses. Dès que les (rares) visiteurs s'approchaient, il chargait avec hargne et enfonçait le faible grillage de sa cage. Lorsqu'on signalait que l'animal allait certainement bientôt s'échapper, vu l'état de la clôture, le gardien se contentait de répondre : "Nous sommes au courant" !

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