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28 mai 2009

LE VAUTOUR FAUVE

Dans l'album-photo, une nouvelle création : le Vautour fauve (modèle en terre pour l'instant).
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Comme on le sait, les vautours sont des charognards, c'est-à-dire qu'ils ne tuent pas leurs proies mais mangent des animaux morts. Toutefois, dans le sud de la France et en Espagne, la fermeture récente de dépôts de carcasses animales à ciel ouvert, qui servaient de cantines aux vautours, provoqueraient des attaques de petit bétail - moutons et veaux - par des vautours affamés.

On a tous en tête les vautours au cou déplumé et à l'air sadique des bandes dessinés et dessins animés. En réalité, il existe un grand nombre de vautours, de taille très diverses. Certains sont marrons, d'autres noirs ; certains ont une petite tête pointue (comme celui en photo ci-dessous, vu au Burkina et qui est probablement un vautour moine), d'autres comme le vautour pape un crâne coloré de rouge, jaune, bleu ; certains ont une queue assez longue tandis que d'autres, comme le vautour fauve, ont une queue courte.

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Le Vautour fauve fait partie de la catégorie des vautours griffons, qui comprend 7 espèces, se caractérisant par un cou apparemment nu mais en fait recouvert d'un fin duvet. Cette absence de grandes plumes leur permet de plonger le cou dans les carcasses sans se salir outre-mesure. Le vautour que l'on voit habituellement au Kénya et en Tanzanie est le vautour africain à dos blanc. Le vautour fauve, qui lui ressemble beaucoup, vit plutôt dans la moitié sud de l'Europe - dont la France - et sur le pourtour de l'Afrique (Afrique du Nord, Egypte, Afrique du Sud, etc). Son envergure atteint 2m80. Il a des serres peu puissantes puisqu'à la différence des aigles, le vautour ne s'en sert pas pour tuer. La base de son cou est entourée de petites plumes blanches soyeuses. Son bec semble en deux parties, séparées par une ligne verticale, détails que l'on voit bien sur cette photo que j'ai prise dans un zoo.

 

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Les vautours, comme tous les rapaces, ont un air fier et ils ne sont pas si lâches que cela. Bien sûr, ils s'écartent quand un grand fauve dévore une proie, mais ils savent se faire pressants si l'attente se prolonge, et se font respecter notamment des chacals. En vol, ils sont magnifiques, leurs larges ailes étant parfaitement adapté au vol plané. Leur vue perçante leur permet de repérer très rapidement une proie et il ne faut pas attendre longtemps pour qu'ils s'abattent en grand désordre à quelques mètres d'un fauve qui vient de tuer une antilope ou un zèbre.

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19 mai 2009

UN PHACOCHERE !

Nouvelle création : un animal de la savane très commun dans une grande partie de l'Afrique, le Phacochère (voir les photos de l'album à droite). Lorsqu'on circule dans les parcs et réserves du continent africain, sa présence semble familière et amusante, malgré son allure très disgracieuse.

 

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De la famille des Suidés, qui comprend les porcs domestiques, sangliers, potamochères, hylochères et babiroussas (mais pas les pécaris, malgré les apparences), le phacochère est immédiatement reconnaissable à son dos plat, son corps haut sur pattes et presque sans poils hormis une curieuse crinière de cheval, et surtout sa grande tête également assez plate ornée de curieuses excroissances latérales, en particulier chez le mâle, et ses très grandes défenses, les "bananes", qui peuvent atteindre 60 cm.

Son comportement semble un peu excentrique : il vit dans un terrier, qu'il ne creuse pas mais emprunte à d'autres animaux comme les oryctéropes et où il rentre à reculons pour en protéger l'entrée, il se met à genoux pour brouter car son cou est trop court pour attiendre le sol, et, lorsqu'il détale, le plus souvent au trot, il dresse la queue comme une antenne, ce qui lui donne l'air d'un animal radioguidé ! Le spectacle d'une famille de phacochères, femelle devant, 4 petits en file indienne, le mâle fermant la marche, est comique.

La population des phacochères en Afrique est très importante mais elle diminue. Ils font souvent office de gibier facile pour les fauves, qui savent les sortir de leur trou, et pour les chasseurs qui apprécient leur chair goûteuse et plus tendre que le sanglier, et recherchent comme trophée leurs grandes défenses.

Il faut dire que parfois le phacochère semble complètement inconscient du danger, ce qui est sans doute dû à sa mauvaise vue. Voici une photo que j'ai prise au Burkina Faso il y a un an : pendant un long moment, un très beau phacochère s'est arrêté en zone découverte, à portée de fusil, prenant la pose de face, de dos, de profil. Le chasseur s'est amusé à le mettre en joue mais n'a pas tiré sur cette cible trop facile, qui a quand même fini par s'éloigner au trot (photo ci-dessous).

 

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Il faut quand même se méfier de la mauvaise humeur et du courage de cet animal, qui, s'il est attaqué, blessé ou serré de trop près, peut charger et causer de très graves blessures aux fauves comme aux hommes.

Je me souviens qu'au zoo de Ziniaré, au Burkina, était présenté le phacochère ci-dessous, doté d'énormes défenses. Dès que les (rares) visiteurs s'approchaient, il chargait avec hargne et enfonçait le faible grillage de sa cage. Lorsqu'on signalait que l'animal allait certainement bientôt s'échapper, vu l'état de la clôture, le gardien se contentait de répondre : "Nous sommes au courant" !

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06 mai 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (15) : LA PANTHERE DE TUNIS, DE BARYE

Monsieur Eric C. de Saumur m'envoie des photos d'une "lionne couchée signée Barye, achetée récemment en salle des ventes pour 400 Euros hors frais". Il la trouvait jolie malgré une épaisse couche de poussière mais son faible prix lui fait penser qu'il s'agit d'un grossier surmoulage sans valeur.

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Les photos sont très bonnes, certaines montrant des détails intéressants, et les dimensions sont précises, ce qui, je le rappelle, est indispensable pour donner un avis sur une pièce.

Une petite correction pour commencer : il ne s'agit pas d'une lionne mais d'une panthère, précisément "La panthère de Tunis", souvenir d'une époque où il y avait encore des grands fauves en Afrique du Nord. Elle a été créée par Antoine-Louis Barye (1795-1875) vers 1857, selon MM. Richarme et Poletti dans leur catalogue raisonné des sculptures de Barye. Pour en savoir plus sur cet immense artiste, taper "Barye" dans le moteur de recherche de ce blog, an haut à gauche.

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La Panthère de Tunis fait le pendant de la Panthère de l'Inde, de mêmes dimensions, et a connu le même sort : toutes les deux ont été agrandies par Barye vers 1860 et sont ainsi passées d'environ 20 cm de long à environ 27 cm. La Panthère de l'Inde est plus ramassée, au repos, alors que celle de Tunis est visiblement en alerte, prête à se lever. Je trouve que l'Indienne a des plis sur le bas du cou, à la naissance du dos, qui sont trop marqués et un peu éloignés de la réalité.

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La Panthère d'Eric C. est celle de 1857, donc le plus petit modèle. Il l'a nettoyée comme il se doit, avec une petite brosse et du savon puis a passé du cirage à chaussures. Elle est redevenue très belle. Il y a fort à parier que si elle avait été présentée ainsi lors des enchères, elle se serait vendue plus cher.

Voyons les dimensions communiquées par notre internaute : 19 cm  par 6,5 cm pour la terrasse, 9 cm de haut pour l'ensemble. Il s'agit bien des dimensions "officielles" (cf. Catalogue raisonné de MM. Richarme et Poletti cité plus haut), à 1 ou 2 mm près (ce qui est probablement dû à la prise de mesure). Il ne s'agit donc pas d'un surmoulage. Une fonte tardive ? C'est bien possible au regard du dessous du socle mais il faut admettre qu'elle est particulièrement soignée : grâce aux photos montrant des détails, on voit parfaitement les griffes et même la peau qui recouvre la naissance des griffes, rétractiles chez la panthère. La naissance de la queue est très bien ciselée. J'ai souvent vu ce sujet, extrêmement courant, mais jamais je crois avec un tel degré de finesse.

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C'est donc une très jolie pièce et E. C. a fait une excellente affaire en l'achetant à ce prix ridicule. Comme quoi, il y a parfois de bonnes surprises en salle des ventes (parfois seulement).

Comme je l'ai dit, cette panthère est un des sujets les plus connus de Barye, avec le cheval turc, l'éléphant du Sénégal courant (qui galope alors que c'est morphologiquement impossible chez un éléphant !), le tigre et le gavial et quelques autres. La valeur d'une telle pièce dépend donc énormément de ses qualités de fonte et de ciselure. Un cachet Or (cf. notes précédentes) ou une fonte d'époque Barye est un atout important. Je pense qu'on peut trouver cette pièce en salle des ventes aux alentours de 700 à 1000 Euros (hors frais) pour une fonte classique. Parmi les estimations des commissaires-priseurs et les résultats de vente, on note des différences de prix étonnantes, la Panthère de Tunis petit modèle pouvant aller de 600 Euros à 1500 Euros (adjugée en juin 2006) hors frais, et le grand modèle allant de 1000 Euros à 3000 Euros.

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Attention toutefois : pour ces modèles, il y a énormément de fonte tardive de médiocre qualité et de surmoulages sans aucun intérêt.

 Vous voulez connaître l'histoire de votre bronze animalier et sa valeur ?

Envoyez-moi par mail les dimensions exactes et quelques photos nettes (vue d'ensemble, signature, marque de fondeur si présente, dessous du socle) : damiencolcombet@free.fr 

05 mai 2009

UN PETIT ELAN DU CANADA

Il y a quelques jours, j'ai créé un nouvel album photo avec des photos de l'Elan du Canada. Les photos ne sont pas parfaites mais j'ai pris rendez-vous avec le photographe profesionnel pour qu'il prenne de bons clichés des dernières réalisations : tortue, rhino noir, élan, chimpanzé, postier breton en patine marron, etc.

Le bronze de l'Elan est très petit : il fait environ 12 cm au garrot, socle compris. Dans ces dimensions réduites, il n'a pas été facile de faire les pattes fines, les bois, le cou. Les pattes se sont brisées un grand nombre de fois, tant au cours du modelage que lors du moulage à la fonderie. Mais tout est rentré dans l'ordre et le résultat est très beau : les andouillers (ramifications des bois) sont fins et pointus, les yeux sont très détaillés, la patine marron est chaude.

Maintenant que j'ai compris comment modeler les grands ongulés, je ferai certainement ceux qui m'attirent depuis longtemps et sur lesquels je me suis acharné sans sucès : éland d'Afrique, oryx - la plus belle des antilopes - et grand koudou.

L'élan est le plus grand des cervidés, famille comprenant les cerfs, chevreuils, daims, etc. Il est présent en Amérique du Nord (Canada et Alaska), où il est appelé Orignal, en Scandinavie, Pologne et Sibérie. On distingue plusieurs sous-espèces mais les différences sont très faibles.

L'Elan est très grand : près de deux mètres au garrot, ce qui est beaucoup plus qu'un cheval. Il peut peser 700 kg pour les gros mâles (record : un peu plus de 800 kg). Ses bois, qui tombent chaque année, sont immenses : ils peuvent mesurer 1,80 mètre d'envergure totale. Ils sont également très lourds. J'ai chez moi un grand bois d'élan que m'a donné un garde-chasse québequois : si on le prend par la base (le "pivot"), il faut deux mains pour pouvoir le porter. Il existait autrefois un cervidé encore plus grand, le Megaceros, dont les bois étaient encore plus majestueux. On peut en voir un squelette au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.

Quand on regarde bien un élan, il est difficile de lui trouver une belle tête : elle est très allongée et se termine par un gros museau arrondi. Sous la gorge, il porte une sorte de barbiche que l'on appelle "cloche". En réalité, la femelle est moins belle que le mâle, dont les bois font oublier l'allure un peu curieuse.

L'élan aime l'eau et y passe beaucoup de temps. Il nage très bien. Ses sabots sont d'ailleurs palmés et ses narines peuvent s'obturer complètement. Les élans sont généralement discrets mais font preuve d'agressivité au moment du rut et lorsqu'ils ont des petits.

J'ai rencontré des élans à plusieurs reprises au Québec. Je me souviens d'en avoir évité un de justesse en voiture dans un parc. C'est heureux car cela aurait fait un peu plus de dégât qu'un lièvre !

Je me souviens aussi d'un soir passé au bord d'un bief à tenter, sans succès, de voir des castors. Revenant à pied, j'ai vu une femelle sortir du bois devant moi, dans un grand fracas de branches cassées, et marcher à quelques mètres.

C'est en souvenir de cette rencontre que j'ai modelé cet Elan.

01 mai 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (14) : TIGRE QUI MARCHE DE BARYE

 Monsieur Gérard C. me soumet quelques photos d'un "bronze de lion" lui appartenant et dont il aimerait connaître la valeur.

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Il s'agit en réalité du "Tigre qui marche" de Antoine-Louis Barye (1795-1875), l'un des plus renommés (si ce n'est le plus renommé tout simplement) des sculpteurs animaliers français. Pour en savoir plus sur ce merveilleux artiste, se référer à mes précédentes notes ou taper simplement "Barye" dans le moteur de recherche de ce blog, en haut à gauche de cette page.

Cette pièce est bien connue mais j'ai d'abord été un peu dérouté par les dimensions données par Gérard C. : 25 cm x 6,5 cm pour le socle, et 13,5 cm de hauteur. En effet, j'ai souvent vu cette pièce en plus grande dimension (40 cm de long). En fait, il s'agit tout simplement d'une réduction de la pièce originale de Barye.

Bien des fondeurs ont procédé à des agrandissements ou des réductions des modèles les plus appréciés, en utilisant divers procédés - dont le procédé Colas - qui permettaient de conserver tous les détails de la pièce originale. On a encore parfois recours à ces façons de faire mais l'ordinateur permet de nos jours de le faire plus facilement.

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La pièce originale, dont les dimensions exactes sont : 39,4 cm de long x 10,1 cm de large x 21,3 cm de haut, a été créée par Antoine-Louis Barye, père d'Alfred Barye moins connu bien qu'extrêmement talentueux lui aussi, en 1841. Il fait le pendant du "Lion qui marche". Barye a repris ce tigre un peu plus tard, en 1874, mais il y a peu de différences : la queue part vers l'arrière et non vers l'avant et le fauve est un peu plus massif.

La réduction qui nous est montrée ici a été créée vers 1900 par la fonderie Leblanc-Barbedienne.

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Le bronze de Gérard C. est correct : on aperçoit les griffes, les moustaches, les rayures du tigre. Il n'est toutefois pas très fin. Le dessous du socle montre un montage traditionnel, avec des écrous. La patine, un peu verte, semble belle. Je conseille simplement de nettoyer un peu cette pièce à l'eau tiède avec un peu de savon, au moyen d'une petite brosse, puis de lui appliquer du cirage marron avant de faire reluire 12 heures plus tard avec un chiffon doux. il retrouvera un très bel aspect. Le cirage marron n'effacera absolument pas la patine verte.

Cependant, que cela vienne de la fonte ou du fait que l'une réduction perd forcément en qualité, il ne s'agit pas d'une pièce exceptionnelle. En salle des ventes, elle serait probablement annoncée comme "d'après Barye".

Le modèle de grande taille - la pièce originale - se trouve assez fréquemment en salle des ventes et peut être estimé aux environs de 4000 Euros. Je pense que le modèle ici présenté pourrait être estimé aux environs de 1500 Euros environ.

Vous voulez connaître l'histoire et la valeur d'un bronze animalier ? Envoyez-moi (damiencolcombet@free.fr) quelques photos nettes (vue d'ensemble, dessous du socle, signature, marque éventuielle de l'artiste) et les dimensions exactes. Je ne mentionnerai pas votre nom.