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26 avril 2017

LE PIGEON MIGRATEUR, DISPARU IL Y A 150 ANS

Le 4 mai prochain, l'étude Millon à Paris (voir http://www.millon.com/html/index.jsp?id=82081&lng=fr&...) mettra en vente une importante collection d'oiseaux naturalisés réunie par Hubert Masquefa (1927-2010), correspondant du Muséum d'Histoire naturelle de Paris et fondateur des parcs zoologiques de Fréjus et Ozoir-La-Ferrière. Parmi les lots présentés, qui vont de la Mésange charbonnière au Fou de Bassan, du Gypaète barbu à la Caille des blés en passant par la Cigogne blanche, la Pintade vulturine ou le Grand tétras, on trouve un Pigeon migrateur, dont voici la photo.

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Pigeon migrateur (Ectopistes migratorius)

Avec l'aimable autorisation de l'étude Millon

Pourquoi s'arrêter sur cet oiseau de taille moyenne, assez joli certes mais pas exceptionnel et qui fait partie de la famille plutôt commune des Columbidae, qui comprend colombes et pigeons ? Et pourquoi ce volatile est-il estimé entre 2600 € et 3000 € alors qu'à cette même vente, une femelle de Pigeon colombin est estimé à 100 € ?

Eh bien parce qu'il a disparu ! On trouve en effet ici et là, dans des musées comme le Musée Confluence à Lyon, des Pigeons migrateurs naturalisés mais hélas il n'y en a plus dans la nature.

Etait-ce un animal rare, quasi-inconnu, dont quelques dizaines de couples seulement vivaient au fin fond de l'Amazonie ou de la Papouasie ? Etait-ce un oiseau dont les superbes plumes l'ont conduit à la disparition ? Non, pas du tout. C'est un oiseau "banal" dont les effectifs, au début du XIXème siècle, étaient estimés à plusieurs milliards (oui, vous avez bien lu : milliards !).

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Pigeon migrateur - Dessin de Mark Catesby vers 1722

Le Pigeon migrateur ou Tourte voyageuse (Tourte a la même origine que Tourterelle) ressemble un peu à une tourterelle des bois, plus élancée et plus grosse puisque la Tourte mesure 30 à 40 cm de long. Elle vivait dans la moitié est des Etats-Unis et du Canada.

Le Pigeon migrateur était connu pour ses vols d'une densité inimaginable, que le célèbre naturaliste Audubon a décrite. Vers 1810, l'ornithologue américain Alexander Wilson estimait qu'un seul vol comprenait plus de 2 miliards d'individus. Le ciel s'obscurcissait pendant un long moment. Lorsque l'oiseau se posait, le sol était couvert de fientes, les branches même très grosses, craquaient et les arbres s'abattaient. Pour avoir une toute petite idée de ce que cela pouvait représenter, il faut avoir vu les milliers d'étourneaux s'envolant dans le ciel de Rome un soir de printemps ou se posant dans les arbres en faisait un bruit assourdissant.

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Etourneaux à Rome

En lisant "Chasses dans l'Amérique du Nord" écrit par Bénédict-Henry Révoil suite à son séjour aux Etats-Unis entre 1841 et 1849, j'ai trouvé un long chapître sur le Pigeon migrateur. Voici ce qu'a vécu l'auteur :

"En 1847, pendant l'automne, un matin avant le jour, je me trouvais sur les hauteurs de la ville de Hartford, dans le Kentucky [...] lorsque je m'aperçus que l'horizon s'obscurcissait ; et, après avoir attentivement examiné quelle cause pouvait amener ce changement dans l'atmosphère, je découvris que ce que je prenais pour des nuages était tout simplement plusieurs bandes de pigeons. [...]

Je conçus l'idée de compter combien de bandes passeraient au-dessus de ma tête dans l'espace d'une heure. Je m'assis donc tranquillement, et, tirant de ma poche un crayon et du papier, je commençai à prendre des notes. Peu à peu, les volées se succédèrent avec tant de rapidité, que je n'avais plus, pour pouvoir les compter, d'autre moyen que de tracer des jambages multipliés. Dans l'espace de trente-cinq minutes, deux cent vingt bandes de pigeons avaient passé devant mes yeux. Bientôt, les vols se touchèrent et se resserrèrent d'une manière si compacte, qu'ils me cachaient la vue du soleil. La fiente de ces oiseaux couvrait le sol et tombait serrée comme la neige en hiver." 

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Pigeon migrateur sur son nid

Illustration de Yan'Dargent pour le livre de B.-H. Revoil 

L'auteur raconte encore l'affolement des paysans lorsque ces pigeons arrivent sur une zone cultivée. On imagine en effet les dégâts causés aux cultures et aux arbres par cette nuée équivalent à celle des sauterelles en Afrique. Du coup, les fermiers des régions ravagées n'ont qu'une obsession pendant les vols de pigeons migrateurs : en tuer le plus grand nombre possible. On organisa, paraît-il, des compétitions où seraient récompensé le chasseur ayant réussi à en abattre plus de trente mille.

Revoil a participé à l'une de ces chasses et raconte :

" Les pigeons arrivaient par millions, se précipitant les uns sur les autres, pressés comme les abeilles d'un essaim qui s'échappent de la ruche au mois de mai. Les hautes cimes du juchoir surchargé se brisaient, et, tombant à terre, entraînaient à la fois les pigeons et les branches qui se trouvaient au-dessous. C'était un bruit à ne pas être entendu de son voisin, même en criant à plein poumons, et si l'on distinguait à grand'peine quelques coups de fusil, pour la plupart du temps ne voyait-on que les chasseurs qui rechargeaient leurs armes. [...]

Dès le point du jour, toutes les bandes de pigeons s'élancèrent  dans les airs pour aller à la recherche de leur nourriture. Ce fut alors un bruit effroyable, impossible à décrire autrement qu'en le comparant à une décharge simultanée de coups de canon. Et à peine le perchoir eut-il été abandonné, que les loups, les panthères, les renards, les couguars et tous les animaux rapaces des forêts américaines s'avancèrent en nombre pour prendre part à la curée."

Evidemment, avec de tels massacres, la population des Pigeons migrateurs à très vite diminué. A partir de 1870, les vols sont visiblement plus clairsemés. Les derniers très grands massacres ont lieu avant 1878. A la fin du XIXème siècle, l'espèce est quasiment éteinte, sa disparition étant de plus accélérée par une épizootie. Début XXème, on offre des récompenses à qui trouvera encore des spécimens de pigeons migrateurs. Malheureusement, cette espèce ne survit pas en captivité.

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Il est toujours dangereux de juger le passé avec nos yeux et notre mentalité actuelle. Les grands massacres n'étaient pas le fait de chasseurs d'agrément mais des fermiers qui pouvaient se trouver ruinés en un passage de pigeons. Et malheureusement, l'époque "récente" n'a pas vu disparaître seulement le Pigeon migrateur : le Couagga (sorte de zèbre d'Afrique du sud), le grand Pingouin, le Dronte (ou Dodo, bien connu), le Thylacine (chien sauvage à rayures), la Rhytine de Steller (sorte de gros lamantin), un grand nombre d'oiseaux dont le Moa (autruche géante) et bien d'autres encore ont été exterminés au cours des derniers siècles. Le bison d'Amérique et le Bison d'Europe ont bien failli subir le même sort.

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Muséum d'Histoire Naturelle de Londres

Mais il est intéressant d'écouter ce que dit Revoil au XIXème siècle suite à son voyage aux Etats-Unis, alors qu'il est lui-même chasseur mais visiblement partisan d'une "chasse raisonnée" :

"La destruction menace en Amérique le gibier auquel j'ai consacré cet article. A mesure que la civilisation s'étend sur ces vastes déserts de l'ouest, les hommes deviennent plus nombreux, et la race humaine, qui règne partout en tyran et ne laisse imposer aucun frein à son despotisme, détruit peu à peu les associations d'animaux. Déjà, les cerfs, les daims et les grandes bêtes à cornes qui peuplaient les anciennes colonies de l'Angleterre ont presque disparu dans les principaux Etats de l'Union.

Les troupeaux de bisons qui, il y a cent ans, paissaient en repos sur les lointaines savanes qui verdissent par delà le Mississipi, voient leurs rangs s'éclaircirent, tandis que les carcasses de leurs semblables tués par les trappeurs, les émigrants et les indiens blanchissent sur le sol et marquent le passage de l'homme.

Tout porte donc à croire que les pigeons, qui ne supportent point l'isolement, forcés de fuir ou de changer de moeurs à mesure que le territoire de l'Amérique se peuplera du trop-plein de l'Europe, finiront par disparaître de ce continent, et, si le monde ne finit pas avant un siècle, je parie avec le premier chasseur venu que l'amateur d'ornithologie ne trouvera plus de pigeons que dans les muséeums d'histoire naturelle."

Prophétie hélas réalisée. Et avant de stigmatiser les Américians, souvenons-nous, comme l'écit Revoil, qu'à cette époque, les immigrants sont essentiellement des Européens...  

12:04 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

21 avril 2017

LA GRANDE GIRAFE AVANCE A GRANDS PAS !

Le projet Grandeur Nature Lyon avance à grands pas, presque aussi rapidement maintenant que l'allure d'une girafe adulte !

En effet, après avoir terminé il y a environ deux mois la réalisation du girafon, la fonderie Barthélémy Art à Crest met les bouchées doubles pour terminer la grande girafe. Et voici les premières images de l'animal sur ses quatre pattes.

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La maquette, éditée en bronze, sert de modèle pour l'assemblage et la soudure de la bonne vingtaine de morceaux de bronze qui constitueront la sculpture. 

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La tête et le cou ont été positionnés mardi dernier. Il s'agissait de contrôler que les éléments s'alignent bien, que la hauteur de la tête est bonne et l'orientation du cou adaptée à la "rencontre" avec le girafon, qui sera accroupi à ses pieds. 

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Il manque encore la queue, la croupe et le dos mais surtout il faut renforcer toutes les soudures puis les polir pour les rendre invisibles et insérer des axes en aluminium pour consolider le cou et les jambes. La dernière étape sera la patine.

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La girafe tournant la tête, cette photo déforme un peu les proportions et peut faire croire que la tête est trop grosse, mais ce n'est pas le cas. L'enfant, première visiteuse de la grande girafe, donne une idée de l'échelle de la sculpture, qui porte bien son adjectif "monumentale".

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Quelques membres de la belle équipe de la fonderie Barthélémy Art (Crest - Drôme) : Guillaume Serre (responsable d'atelier), l'artiste, Patrick Houfek (qui a réalisé la quasi-intégralité des soudures), François Bouis (propriétaire de la fonderie), Pierre Abattu (Directeur).

"Grandeur Nature Lyon" est un projet soutenu par le fonds de dotation "Devenir".

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08 avril 2017

NOUVELLE CREATION : ELEPHANT D'AFRIQUE ET ELEPHANTEAU ASSIS

Le 18 févier dernier, la galerie Michel Estades de Lyon m'avait invité à réaliser ce que certains appelleraient de façon bien présomptueuse une "performance". En réalité, il s'agissait de modeler une oeuvre le temps d'une journée, tout en accueillant les visiteurs de la galerie et en répondant à leurs nombreuses questions.

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Ce fut une expérience intéressante mais qui a nourri mon inquiétude les jours précédents : la galerie avait annoncé l'évènement, les visiteurs s'attendaient à voir très rapidement un animal émerger de la terre et il ne pouvait être question ni d'échouer, comme cela arrive parfois, ni de faire des pauses d'une ou deux heures pour s'aérer l'esprit.

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J'ai donc choisi une valeur sûre : un éléphant d'Afrique, animal que je commence à bien connaître et que j'aime particulièrement.

Et finalement, à la fin de la journée, on peut dire qu'on reconnaissait un éléphant et que certains le pensaient même terminé alors qu'il y restait encore beaucoup de travail à faire. J'ai donc consacré encore plusieurs jours à terminer ce pachyderme et à lui adjoindre un éléphanteau assis.

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La mère a cette allure un peu empruntée, hésitante, des gros animaux face à un jeune : balançant sa patte arrière, elle fait attention à ses gestes, se retient, promène sur le jeune le bout de sa trompe mais n'est pas très à l'aise, contrairement au petit qui semble parfaitement insouciant.

L'ensemble est parti à la fonderie et devrait être prêt début juin.

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Cette journée à la galerie Estades de Lyon, jamais à court d'idées et d'initiatives, a permis à beaucoup de découvrir la sculpture : la terre, les outils, l'absence de dessin préparatoire, le recours aux photos uniquement lorsqu'on a un doute sur un détail, le temps qu'il faut pour voir enfin apparaître une forme, etc.

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Certaines personnes, très patientes, se sont assises et ont passé une ou deux heures à regarder mon travail. Mais le plus amusant est sans doute cette famille venue voir la façon dont je procédais et qui est ensuite allé acheter de la terre et a passé un dimanche à mettre la main à la patte, avec un résultat d'ailleurs très prometteur. Une bonne idée pour faire découvrir l'art aux plus jeunes, qui après cela ne regarderont sûrement plus une sculpture de la même façon !

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30 mars 2017

NOUVELLES CRÉATIONS : FOU DE BASSAN ET CORMORAN (2)

Après le cormoran ci-dessous, quelques informations sur le Fou de Bassan.

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Il s'agit du plus gros oiseau marin d'Europe : un adulte pèse 3 kg (le goéland argenté ne dépasse pas 1,3 kg). Le fou de Bassan est certes beaucoup plus petit que l'albatros mais son envergure est quand même de près de 180 cm. Il existe de nombreuses autres espèces de fous, dont les fous à pieds bleus des Galapagos et les fous à pieds rouges, plus petits.

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Fou du Cap (Muséum d'Histoire naturelle de Rouen)

Le fou de Bassan, présent sur tout le littoral de l'Atlantique nord, possède un corps lourd, fuselé, une queue dont l'extrémité forme un losange, de longues ailes pointues, un cou assez long et large, une tête prolongée par un long bec puissant en forme de poignard, de courtes pattes palmées. Le plumage est d'un blanc éclatant - c'est d'ailleurs ainsi qu'on le repère de très loin - sauf la tête et le cou, jaunes, et le bout des ailes, noires. Les yeux et le bec sont soulignés de beaux traits noirs.

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Même s'il a l'air un peu pataud lorsqu'il est posé, le fou de Bassan est un très bel oiseau, élégant, à l'allure aristocratique. Pas question pour lui de se mélanger aux cormorans, goélands et autres mouettes, ni de traîner sur les plages : c'est un oiseau du large, qui alterne les puissants battements d'ailes et les longs vols planés, interrompus par de spectaculaires piqués sur les bancs de poissons.

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Il possède une grande acuité visuelle et repère ses proies à des dizaines de mètres d'altitude. Lorsqu'il plonge, sa silhouette prend une forme très aérodynamique : bec en avant, ailes rejetées vers l'arrière, il atteint un vitesse étonnante et assomme littéralement les poissons qu'il convoite. Sa morphologie très particulière lui permet d'amortir le choc et de ne pas se blesser à l'impact. Les pêcheurs utilisent souvent les fous comme indicateurs des bancs de maquereaux.

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Ile Bonaventure (Québec)

D'où vient le nom de cet oiseau ? D'après Wikipedia, Bassan fait référence à l'île de Bass en Ecosse, qui en abrite une très importante colonie, et fou au fait que les oiseaux font des piqués vertigineux.

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Ile Bonaventure (Québec)

Il m'est très souvent arrivé de voir quelques fous en Bretagne, près de Saint-Malo, mais sur l'île Bonaventure au Québec, c'est par dizaine de milliers qu'ils se comptent. C'est un spectacle inoubliable. On approche de l'île en bateau, ce qui permet d'observer quelques phoques, et l'on découvre dans le ciel des milliers d'oiseaux d'une blancheur éclatante. Leurs plongeons incessants font penser à un bombardement. Sur l'île, à perte de vue, des couples nichent et se laissent approcher. Il paraît qu'hélas cette très importante colonie est depuis peu en déclin faute de nourriture suffisante. D'autres colonies très importantes existent ailleurs, y compris en Bretagne.

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En suivant ce lien, vous verrez quelques images de Bonaventure, avec en prime le délicieux accent québecois : https://www.youtube.com/watch?v=PsHPvLyD4DA

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Mon fou est posé sur un rocher où s'accrochent quelques moules et berniques ; il observe la mer de son air sévère et altier.

Dimensions : 38 cm de long x 45 cm de haut

19:18 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

NOUVELLES CRÉATIONS : FOU DE BASSAN ET CORMORAN (1)

Né en Bretagne, y passant depuis toujours mes vacances, naviguant en kayak le long des rochers depuis plus de 35 ans, je n'ai pas manqué d'observer souvent cormorans et fous de Bassan. Pour préparer une belle exposition qui se tiendra prochainement à Saint-Malo - j'en reparlerai ici - ces oiseaux marins ont donc nourri mon inspiration

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Il existe 36 espèces différentes de cormorans dans le monde, dont certains superbes avec leur plumage gris et leurs pattes rouges (cormoran de Gaimard) ou leur robe bicolore (cormoran impérial) mais sur nos côtes bretonnes, on rencontre seulement le cormoran huppé et le grand cormoran. Cet oiseau au plumage principalement noir a l'habitude de faire sécher ses ailes sur les rochers et les balises. C'est en effet un oiseau qui passe la majorité de son temps sur et sous l'eau. Lorsqu'il nage en surface, on ne voit que le haut de son dos, son cou et sa tête. Très vite, il plonge et part à la pêche sous-marine.

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Il est habile, plongeant longtemps et profondément (jusqu'à 40 mètres !), et son allure sous l'eau fait penser à celle d'une loutre. La surface de la majorité de ses plumes a une structure particulière qui ne retient pas l'air et rend donc son plumage perméable, ce qui est évidemment plus facile pour plonger. Selon les scientifiques, l'exposition au soleil améliorerait aussi la thermorégulation et la digestion.

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Lorsque j'étais enfant, on voyait beaucoup moins de cormorans qu'aujourd'hui. En effet, suite à sa protection, la population de ces oiseaux est passée de 4 000 en 1970 à près de 200 000 aujourd'hui ! On le voit désormais dans tous les étangs, lacs, fleuves et grandes rivières de France. En plein centre de Lyon, les cormorans semblent très heureux sur le Rhône.

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L'explosion du nombre de ces oiseaux cause beaucoup de soucis aux propriétaires de piscicultures et d'étangs (dans la Dombes et la Sologne notamment) et aux pêcheurs de loisirs. En effet, un cormoran mange environ 500 grammes de poisson par jour, ce qui représente donc 180 kg par an. Lorsqu'on voit une dizaine de ces oiseaux sur un étang, on imagine les ravages qu'ils font en un an. En France, la loi autorise l'abattage d'environ 30 000 grands cormorans par an mais cela ne freine pas du tout leur expansion.

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En Bretagne autrefois, on mangeait parfois les cormorans mais leur chair devait être infecte. En Chine, les cormorans sont dressés pour servir d'auxiliaires de pêche : on leur passe un anneau autour du cou afin de les empêcher d'avaler leurs proies, qu'on les force à déglutir.

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En kayak de mer, il est amusant de s'approcher silencieusement des cormorans rassemblés sur un rocher. Ils hochent la tête d'un air comique, se demandent s'il y a ou non du danger puis lèvent la queue, s'allègent en lâchant une crotte blanchâtre et se laissent tous tomber de leur perchoir comme des petits parachutistes d'un avion. Ils disparaissent sous l'eau et prudemment n'e ressortent qu'assez loin.

Dimensions de mon cormoran en bronze : 42 cm d'envergure et 24 cm de haut.

16:10 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)