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09 mars 2010

LA VALEUR D'UN BRONZE (27) : CHEVAL PERCHERON DE BARYE

Madame Sylvie F. m'a envoyé un joli cheval en bronze, que l'on sent musclé, dans la position typique des chevaux effrayés ou reculant : l'oeil grand ouvert, les postérieurs ployés et surtout les oreilles en arrière. Dimensions : 20,5 cm x 17 cm.

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Il s'agit bien sûr du "Cheval percheron" d'Antoine-Louis Barye (1795-1875), sculpteur renommé dont j'ai abondamment parlé sur mon site. La première édition de ce Percheron a eu lieu vers 1870. On ne peut s'empêcher de le rapprocher du "Cheval turc", qui a à peu près la même position : un antérieur levé, un postérieur touchant à peine le sol du bout du sabot.

A tort, on assimile souvent les percherons aux plus lourds chevaux de trait. C'est faux et il suffirait de placer côte à côte un Ardennais, un Breton, un Comtois et un Percheron pour que ce dernier ait presque, par contraste avec les trois autres, l'allure d'un cheval de selle.

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Au risque d'être contredit par beaucoup, je trouve que le cheval n'est pas l'animal que Barye père maîtrisait le mieux : son "Cheval demi-sang tête levée" et son "Pur-sang d'Arabie" ont la tête trop petite, le "Cheval attaqué par un tigre" aurait presque un style année 30 et, malgré son immense sucès, son "Cheval turc" n'est pas extraordinaire. Le "Cheval surpris par un lion (1ère version)" est mieux, mais il faut bien reconnaître que l'on est loin des chevaux de Mêne, dont on croit voir les muscles frémir sous la peau.

Ce Percheron me semble avoir, là encore, une tête trop petite, des oreilles trop longues et il est bien haut sur pattes ! La musculature de l'épaule est exagérée et la pièce ne présente guère de  détails ; la ciselure est un peu molle. Enfin, le socle très épais alourdit exagérément la pièce. Mais ce n'est qu'un avis car, comme on le verra plus loin, c'est un bronze de valeur.

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Madame Sylvie F. a relevé un petit cachet sur la terrasse. On y lit les noms suivants : "Fumière Thiébaut Fres Paris Gavignot Srs". Il s'agit de la marque de fondeur de Thiébaut, dont l'histoire est très riche.

En 1787, Charles Cyprien Thiébaut prend la direction de l'entreprise où il travaille, s'installe rue du Faubourg-Saint-Denis et produit essentiellement des cylindres de cuivre et accessoirement quelques objets d'art. Son fils et surtout son petit-fils Victor vont fortement développer la société et créer une fonderie en 1851. Les pièces produites sont brutes et les finitions, ciselures, patines sont réalisées par d'autres fondeurs, comme Barbedienne. Thiébaut va ainsi réaliser des bronzes pour Carpeaux, Pradier, Dubois, etc, ainsi que les médailles de David d'Angers.

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Les trois fils de Victor reprendront ensuite la fonderie et produiront même des armes. Ils déménageront l'atelier rue de Villiers et ouvriront une boutique avenue de l'Opéra. On leur doit notamment le monument à la Défense de Paris (Barrias), le Triomphe de la République (Dalou) place de la Nation ainsi que la statue de la Liberté du pont de Grenelle. Fin XIXème siècle, le dernier survivant des trois frères Thiébaut s'associe avec Fumière et Gavignot, d'où le cachet sur notre percheron, puis d'autres cessions et associations suivront rapidement, avec des cachets différents et, finalement, la société disparaîtra en 1926.

Thiébaut a acheté huit modèles de Barye, dont notre Percheron mais aussi le "Petit chameau de perse", la petite "Lionne debout", le petit "Lion debout".

On peut donc dater avec assurance la pièce de notre internaute des dernières années 1800, probablement 1898. On mesure ici l'importance de relever la présence sur un bronze d'une marque de fondeur.

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Ce bronze apparaît régulièrement en salle des ventes mais n'est tout de même pas extrêmement courant. Le hasard fait qu'un exemplaire fonte Thiébaut sera mis aux enchères dans quelques jours (28 mars) à Deauville. Il est estimé entre 9000 Euros et 12 000 Euros hors frais, ce qui est beaucoup trop cher. Il me semble absolument impossible que ce bronze monte à ce prix. N'oublions pas que les fontes Thiébaut sont des fontes posthumes, et donc qu'elles ne peuvent pas être estimées au prix d'une fonte du vivant de Barye.

J'ai trouvé quelques exemples de vente de ce Percheron qui, bien que trop élevées à mon sens, sont plus raisonnables : 30 000 francs (4500 Euros) à Pontoise le 3 mars 2001, 4 500 GB£ le 29 avril 2003 à Londres, 4 850 Euros le 14 décembre 2009 chez Artcurial (pour une estimation de 2000 Euros à 3 000 Euros).

Je pense que l'estimation donnée par Artcurial est la bonne : ce bronze devrait valoir environ 3000 Euros. Mais visiblement le sujet attire les collectionneurs et il se vendrait plutôt autour de 4 500 Euros.

Merci à Madame Sylvie F. d'avoir envoyé des photos de cette belle pièce.

Vous avez un bronze animalier et vous souhaitez en connaître la valeur et l'histoire du sculpteur ? Envoyez-moi (damiencolcombet@free.fr) quelques photos très nettes de l'ensemble de la pièce, du dessous du socle, de la signature et de toute autre marque visible (cachet, marque de fondeur, etc). Je vous répondrai (grâcieusement) sous quelques jours.

30 janvier 2010

LES VACHES ENFIN !

Après trois mois d'attente - un peu plus que les deux mois habituels pour une nouvelle pièce, mais celle-ci est grande - la fonderie Deroyaume m'a livré les vaches laitières.

J'ai expliqué en novembre pourquoi j'avais modelé ces animaux et vous pouvez relire cette note en allant dans les Archives (en bas à gauche).

La fonderie a, comme toujours, très bien travaillé et voici quelques photos. D'autres sont visibles dans l'album-photo.

Dimensions : 63 cm (long.) x 16 cm (prof.) x 18,5 cm (haut.)

La deuxième vache sera fondue séparément et posée sur un socle de style un peu ancien (une terrasse).

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09 juin 2009

EXPO "ESPECES EN DANGER"

A partir du 10 juin, vous pourrez découvrir l'exposition "Espèces en danger" à la Galerie Xavier Nicolas à Paris (16 rue de Lille dans le 7ème arrondissement), en partenariat avec l'Institut Jane Goodall France.

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Le Docteur Jane Goodall est connue dans le monde entier pour son travail sur les chimpanzés. A 20 ans, invitée en Afrique, elle découvre ces grands singes et décide d'y consacrer sa vie. Elle s'installe donc en Tanzanie et vit avec les chimpanzés, qu'elle observe en permanence. La première, dans les années 60, elle découvre que ces primates ne sont pas exclusivement herbivores mais omnivores, qu'ils ont des comportements sociaux très développés et surtout qu'ils savent confectionner des outils rudimentaires, par exemple pour dénicher des insectes.

Ses écrits ont eu un grand retentissement. Jane Goodall a reçu de très nombreux prix et honneurs. Elle est messager de la Paix des Nations-Unies.

L'exposition a lieu du 10 juin au 25 juillet 2009. Y seront présentées les oeuvres de 20 artistes animaliers parmi lesquels Danielle Beck, Florence Jacquesson, Odile de Wismes, Olivier Dassault, etc. La vente de ces oeuvres contribuera à soutenir les programmes de protection de la biodiversité.

Ayant la chance de participer à cet évènement, j'y présenterai quelques pièces : le rhinocéros indien, l'éléphant et l'éléphanteau, et bien sûr Platon, qui n'est pourtant pas un chimpanzé !

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28 mai 2009

LE VAUTOUR FAUVE

Dans l'album-photo, une nouvelle création : le Vautour fauve (modèle en terre pour l'instant).
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Comme on le sait, les vautours sont des charognards, c'est-à-dire qu'ils ne tuent pas leurs proies mais mangent des animaux morts. Toutefois, dans le sud de la France et en Espagne, la fermeture récente de dépôts de carcasses animales à ciel ouvert, qui servaient de cantines aux vautours, provoqueraient des attaques de petit bétail - moutons et veaux - par des vautours affamés.

On a tous en tête les vautours au cou déplumé et à l'air sadique des bandes dessinés et dessins animés. En réalité, il existe un grand nombre de vautours, de taille très diverses. Certains sont marrons, d'autres noirs ; certains ont une petite tête pointue (comme celui en photo ci-dessous, vu au Burkina et qui est probablement un vautour moine), d'autres comme le vautour pape un crâne coloré de rouge, jaune, bleu ; certains ont une queue assez longue tandis que d'autres, comme le vautour fauve, ont une queue courte.

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Le Vautour fauve fait partie de la catégorie des vautours griffons, qui comprend 7 espèces, se caractérisant par un cou apparemment nu mais en fait recouvert d'un fin duvet. Cette absence de grandes plumes leur permet de plonger le cou dans les carcasses sans se salir outre-mesure. Le vautour que l'on voit habituellement au Kénya et en Tanzanie est le vautour africain à dos blanc. Le vautour fauve, qui lui ressemble beaucoup, vit plutôt dans la moitié sud de l'Europe - dont la France - et sur le pourtour de l'Afrique (Afrique du Nord, Egypte, Afrique du Sud, etc). Son envergure atteint 2m80. Il a des serres peu puissantes puisqu'à la différence des aigles, le vautour ne s'en sert pas pour tuer. La base de son cou est entourée de petites plumes blanches soyeuses. Son bec semble en deux parties, séparées par une ligne verticale, détails que l'on voit bien sur cette photo que j'ai prise dans un zoo.

 

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Les vautours, comme tous les rapaces, ont un air fier et ils ne sont pas si lâches que cela. Bien sûr, ils s'écartent quand un grand fauve dévore une proie, mais ils savent se faire pressants si l'attente se prolonge, et se font respecter notamment des chacals. En vol, ils sont magnifiques, leurs larges ailes étant parfaitement adapté au vol plané. Leur vue perçante leur permet de repérer très rapidement une proie et il ne faut pas attendre longtemps pour qu'ils s'abattent en grand désordre à quelques mètres d'un fauve qui vient de tuer une antilope ou un zèbre.

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19 mai 2009

UN PHACOCHERE !

Nouvelle création : un animal de la savane très commun dans une grande partie de l'Afrique, le Phacochère (voir les photos de l'album à droite). Lorsqu'on circule dans les parcs et réserves du continent africain, sa présence semble familière et amusante, malgré son allure très disgracieuse.

 

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De la famille des Suidés, qui comprend les porcs domestiques, sangliers, potamochères, hylochères et babiroussas (mais pas les pécaris, malgré les apparences), le phacochère est immédiatement reconnaissable à son dos plat, son corps haut sur pattes et presque sans poils hormis une curieuse crinière de cheval, et surtout sa grande tête également assez plate ornée de curieuses excroissances latérales, en particulier chez le mâle, et ses très grandes défenses, les "bananes", qui peuvent atteindre 60 cm.

Son comportement semble un peu excentrique : il vit dans un terrier, qu'il ne creuse pas mais emprunte à d'autres animaux comme les oryctéropes et où il rentre à reculons pour en protéger l'entrée, il se met à genoux pour brouter car son cou est trop court pour attiendre le sol, et, lorsqu'il détale, le plus souvent au trot, il dresse la queue comme une antenne, ce qui lui donne l'air d'un animal radioguidé ! Le spectacle d'une famille de phacochères, femelle devant, 4 petits en file indienne, le mâle fermant la marche, est comique.

La population des phacochères en Afrique est très importante mais elle diminue. Ils font souvent office de gibier facile pour les fauves, qui savent les sortir de leur trou, et pour les chasseurs qui apprécient leur chair goûteuse et plus tendre que le sanglier, et recherchent comme trophée leurs grandes défenses.

Il faut dire que parfois le phacochère semble complètement inconscient du danger, ce qui est sans doute dû à sa mauvaise vue. Voici une photo que j'ai prise au Burkina Faso il y a un an : pendant un long moment, un très beau phacochère s'est arrêté en zone découverte, à portée de fusil, prenant la pose de face, de dos, de profil. Le chasseur s'est amusé à le mettre en joue mais n'a pas tiré sur cette cible trop facile, qui a quand même fini par s'éloigner au trot (photo ci-dessous).

 

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Il faut quand même se méfier de la mauvaise humeur et du courage de cet animal, qui, s'il est attaqué, blessé ou serré de trop près, peut charger et causer de très graves blessures aux fauves comme aux hommes.

Je me souviens qu'au zoo de Ziniaré, au Burkina, était présenté le phacochère ci-dessous, doté d'énormes défenses. Dès que les (rares) visiteurs s'approchaient, il chargait avec hargne et enfonçait le faible grillage de sa cage. Lorsqu'on signalait que l'animal allait certainement bientôt s'échapper, vu l'état de la clôture, le gardien se contentait de répondre : "Nous sommes au courant" !

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