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06 mai 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (15) : LA PANTHERE DE TUNIS, DE BARYE

Monsieur Eric C. de Saumur m'envoie des photos d'une "lionne couchée signée Barye, achetée récemment en salle des ventes pour 400 Euros hors frais". Il la trouvait jolie malgré une épaisse couche de poussière mais son faible prix lui fait penser qu'il s'agit d'un grossier surmoulage sans valeur.

Panth Tunis 2.JPG

Les photos sont très bonnes, certaines montrant des détails intéressants, et les dimensions sont précises, ce qui, je le rappelle, est indispensable pour donner un avis sur une pièce.

Une petite correction pour commencer : il ne s'agit pas d'une lionne mais d'une panthère, précisément "La panthère de Tunis", souvenir d'une époque où il y avait encore des grands fauves en Afrique du Nord. Elle a été créée par Antoine-Louis Barye (1795-1875) vers 1857, selon MM. Richarme et Poletti dans leur catalogue raisonné des sculptures de Barye. Pour en savoir plus sur cet immense artiste, taper "Barye" dans le moteur de recherche de ce blog, an haut à gauche.

Panth Tunis 3.JPG

La Panthère de Tunis fait le pendant de la Panthère de l'Inde, de mêmes dimensions, et a connu le même sort : toutes les deux ont été agrandies par Barye vers 1860 et sont ainsi passées d'environ 20 cm de long à environ 27 cm. La Panthère de l'Inde est plus ramassée, au repos, alors que celle de Tunis est visiblement en alerte, prête à se lever. Je trouve que l'Indienne a des plis sur le bas du cou, à la naissance du dos, qui sont trop marqués et un peu éloignés de la réalité.

Panth Tunis 1.JPG

La Panthère d'Eric C. est celle de 1857, donc le plus petit modèle. Il l'a nettoyée comme il se doit, avec une petite brosse et du savon puis a passé du cirage à chaussures. Elle est redevenue très belle. Il y a fort à parier que si elle avait été présentée ainsi lors des enchères, elle se serait vendue plus cher.

Voyons les dimensions communiquées par notre internaute : 19 cm  par 6,5 cm pour la terrasse, 9 cm de haut pour l'ensemble. Il s'agit bien des dimensions "officielles" (cf. Catalogue raisonné de MM. Richarme et Poletti cité plus haut), à 1 ou 2 mm près (ce qui est probablement dû à la prise de mesure). Il ne s'agit donc pas d'un surmoulage. Une fonte tardive ? C'est bien possible au regard du dessous du socle mais il faut admettre qu'elle est particulièrement soignée : grâce aux photos montrant des détails, on voit parfaitement les griffes et même la peau qui recouvre la naissance des griffes, rétractiles chez la panthère. La naissance de la queue est très bien ciselée. J'ai souvent vu ce sujet, extrêmement courant, mais jamais je crois avec un tel degré de finesse.

Panth Tunis 4.JPG

C'est donc une très jolie pièce et E. C. a fait une excellente affaire en l'achetant à ce prix ridicule. Comme quoi, il y a parfois de bonnes surprises en salle des ventes (parfois seulement).

Comme je l'ai dit, cette panthère est un des sujets les plus connus de Barye, avec le cheval turc, l'éléphant du Sénégal courant (qui galope alors que c'est morphologiquement impossible chez un éléphant !), le tigre et le gavial et quelques autres. La valeur d'une telle pièce dépend donc énormément de ses qualités de fonte et de ciselure. Un cachet Or (cf. notes précédentes) ou une fonte d'époque Barye est un atout important. Je pense qu'on peut trouver cette pièce en salle des ventes aux alentours de 700 à 1000 Euros (hors frais) pour une fonte classique. Parmi les estimations des commissaires-priseurs et les résultats de vente, on note des différences de prix étonnantes, la Panthère de Tunis petit modèle pouvant aller de 600 Euros à 1500 Euros (adjugée en juin 2006) hors frais, et le grand modèle allant de 1000 Euros à 3000 Euros.

Panth Tunis 5.JPG

Attention toutefois : pour ces modèles, il y a énormément de fonte tardive de médiocre qualité et de surmoulages sans aucun intérêt.

 Vous voulez connaître l'histoire de votre bronze animalier et sa valeur ?

Envoyez-moi par mail les dimensions exactes et quelques photos nettes (vue d'ensemble, signature, marque de fondeur si présente, dessous du socle) : damiencolcombet@free.fr 

01 mai 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (14) : TIGRE QUI MARCHE DE BARYE

 Monsieur Gérard C. me soumet quelques photos d'un "bronze de lion" lui appartenant et dont il aimerait connaître la valeur.

Barye - Tigre marchant estim 5.jpg

Il s'agit en réalité du "Tigre qui marche" de Antoine-Louis Barye (1795-1875), l'un des plus renommés (si ce n'est le plus renommé tout simplement) des sculpteurs animaliers français. Pour en savoir plus sur ce merveilleux artiste, se référer à mes précédentes notes ou taper simplement "Barye" dans le moteur de recherche de ce blog, en haut à gauche de cette page.

Cette pièce est bien connue mais j'ai d'abord été un peu dérouté par les dimensions données par Gérard C. : 25 cm x 6,5 cm pour le socle, et 13,5 cm de hauteur. En effet, j'ai souvent vu cette pièce en plus grande dimension (40 cm de long). En fait, il s'agit tout simplement d'une réduction de la pièce originale de Barye.

Bien des fondeurs ont procédé à des agrandissements ou des réductions des modèles les plus appréciés, en utilisant divers procédés - dont le procédé Colas - qui permettaient de conserver tous les détails de la pièce originale. On a encore parfois recours à ces façons de faire mais l'ordinateur permet de nos jours de le faire plus facilement.

Barye - Tigre marchant estim 1.jpg

La pièce originale, dont les dimensions exactes sont : 39,4 cm de long x 10,1 cm de large x 21,3 cm de haut, a été créée par Antoine-Louis Barye, père d'Alfred Barye moins connu bien qu'extrêmement talentueux lui aussi, en 1841. Il fait le pendant du "Lion qui marche". Barye a repris ce tigre un peu plus tard, en 1874, mais il y a peu de différences : la queue part vers l'arrière et non vers l'avant et le fauve est un peu plus massif.

La réduction qui nous est montrée ici a été créée vers 1900 par la fonderie Leblanc-Barbedienne.

Barye - Tigre marchant estim 2.jpg

Le bronze de Gérard C. est correct : on aperçoit les griffes, les moustaches, les rayures du tigre. Il n'est toutefois pas très fin. Le dessous du socle montre un montage traditionnel, avec des écrous. La patine, un peu verte, semble belle. Je conseille simplement de nettoyer un peu cette pièce à l'eau tiède avec un peu de savon, au moyen d'une petite brosse, puis de lui appliquer du cirage marron avant de faire reluire 12 heures plus tard avec un chiffon doux. il retrouvera un très bel aspect. Le cirage marron n'effacera absolument pas la patine verte.

Cependant, que cela vienne de la fonte ou du fait que l'une réduction perd forcément en qualité, il ne s'agit pas d'une pièce exceptionnelle. En salle des ventes, elle serait probablement annoncée comme "d'après Barye".

Le modèle de grande taille - la pièce originale - se trouve assez fréquemment en salle des ventes et peut être estimé aux environs de 4000 Euros. Je pense que le modèle ici présenté pourrait être estimé aux environs de 1500 Euros environ.

Vous voulez connaître l'histoire et la valeur d'un bronze animalier ? Envoyez-moi (damiencolcombet@free.fr) quelques photos nettes (vue d'ensemble, dessous du socle, signature, marque éventuielle de l'artiste) et les dimensions exactes. Je ne mentionnerai pas votre nom.

21 novembre 2008

PARUTION DU LIVRE "ART ANIMALIER - ARTISTES CONTEMPORAINS3

P1000618.JPGLe tome 1 de "Art animalier - Artistes contemporains" est paru aux Editions Abbate-Piolé (176 pages - 40 Euros). C'est un très bel ouvrage dont vous trouverez ci-dessous quelques photos.

Ce livre est en vente notamment à la FNAC, sur Fnac.fr, à la librairie de Montbel à Paris, etc, et auprès de moi (les artistes présentés sont considérés comme auteur et peuvent donc le vendre).

Préfacé par Allain Bougrain-Dubourg, il présente en première partie d'intéressantes pages sur l'histoire de l'art animalier et quelques grands noms comme Jean-Jacques Audubon, Antoine-Louis Barye, Pierre-Jules Mène, Rosa Bonheur, etc, mais l'essentiel du livre est consacré à des peintres et sculpteurs vivants, dans des styles très variés, dont, par exemple, l'extraordinaire Dick Van Heerde (cf. photos ci-dessous), Véronique Renaud, Michel Michaud, Corinne Marchais, etc.

Et 6 pages sur mon travail.

 

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