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13 février 2010

L'ELEPHANT D'AFRIQUE COUCHE

Voici une nouvelle création : "L'éléphant d'Afrique couché" (voir l'album-photo).

Cet animal est un géant : entre 2,85 m et 3,50 m au garrot, un poids de 4,5 tonnes à 5,5 tonnes, pouvant même atteindre 6 tonnes. La défense la plus lourde est conservée au British Muséum et a été prélevée sur un éléphant tué en Tanzanie en 1898. Elle pèse 102,60 kg. La plus longue mesure 3,48 mètres. A Nairobi, on peut voir une reproduction du gigantesque Ahmed, porteur de ses vraies défenses.

Rencontrer un éléphant sauvage dans la savane africaine est une expérience extraordinaire. L'animal n'a plus rien à voir avec les pachydermes de cirque - qui sont généralement d'Asie, d'ailleurs - ou de zoo : l'éléphant est alors vif, alerte, sûr de lui. Et quand on est à pied, on a vraiment le sentiment qu'il est gigantesque. Voici une photo prise au Burkina Faso il y a 2 ans.

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Mon éléphant est couché. Pour quelles raisons ? Je l'ignore. A-t-il été tué par un chasseur blanc à la recherche d'un grand trophée ? Est-il la victime d'un groupe de chasseurs africains ? Il n'est certainement pas mort de vieillesse car il est en bonne forme et ne présente pas l'aspect très fripé et ridé, la peau lâche des vieux animaux, le bout de ses défenses n'est pas particulièrement usé ou cassé et le bord de ses oreilles est encore bien régulier.

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Mais peut-être est-il simplement en train de se préparer à un bon somme ! On croit souvent que les éléphants dorment debout comme les chevaux et ne se couchent jamais. En réalité, même s'ils passent effectivement une très grande partie de la journée dans une demi-somnolence à l'ombre des grands arbres, ils se couchent généralement quelques heures chaque jour, dans un endroit très discret. Leur sommeil est extrêmement léger et au moindre bruit curieux, au moindre souffle d'air leur apportant une odeur suspecte, ils se redressent instantanément comme mus par un ressort que leur taille ne laisserait pas imaginer.

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Un directeur de cirque raconte dans un de ses ouvrages sur les animaux qu'il tenait à voir ses éléphants d'Asie dormir. Il eut les plus grandes difficultés à y parvenir : alors que, dissimulé derrière une tenture, à bonne distance, ils entendaient les animaux se coucher et les chaînes s'affaler au sol, dès qu'il entraient sous la tente, il trouvaient les éléphants déjà remis sur pied, inquiets d'être surpris dans leur sommeil. Quelques chasseurs racontent néanmoins qu'ils sont parfois "tombés" à l'improviste sur un éléphant couché en train de faire la sieste.

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J'aime cette impression qu'un géant s'est écroulé, ce ventre énorme, la queue épaisse à la base, la trompe qui se tord, l'articulation très basse des pattes avant, les pieds larges (plutôt ronds sur les antérieurs, ovales sur les postérieurs). Même couché, l'éléphant donne une impression de puissance remarquable. 

Sur la pièce en terre, la défense du haut ne tient qu'à l'aide d'un étai visible sur les photos, mais bien entendu cela disparaîtra à la fonte.

19 mai 2009

UN PHACOCHERE !

Nouvelle création : un animal de la savane très commun dans une grande partie de l'Afrique, le Phacochère (voir les photos de l'album à droite). Lorsqu'on circule dans les parcs et réserves du continent africain, sa présence semble familière et amusante, malgré son allure très disgracieuse.

 

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De la famille des Suidés, qui comprend les porcs domestiques, sangliers, potamochères, hylochères et babiroussas (mais pas les pécaris, malgré les apparences), le phacochère est immédiatement reconnaissable à son dos plat, son corps haut sur pattes et presque sans poils hormis une curieuse crinière de cheval, et surtout sa grande tête également assez plate ornée de curieuses excroissances latérales, en particulier chez le mâle, et ses très grandes défenses, les "bananes", qui peuvent atteindre 60 cm.

Son comportement semble un peu excentrique : il vit dans un terrier, qu'il ne creuse pas mais emprunte à d'autres animaux comme les oryctéropes et où il rentre à reculons pour en protéger l'entrée, il se met à genoux pour brouter car son cou est trop court pour attiendre le sol, et, lorsqu'il détale, le plus souvent au trot, il dresse la queue comme une antenne, ce qui lui donne l'air d'un animal radioguidé ! Le spectacle d'une famille de phacochères, femelle devant, 4 petits en file indienne, le mâle fermant la marche, est comique.

La population des phacochères en Afrique est très importante mais elle diminue. Ils font souvent office de gibier facile pour les fauves, qui savent les sortir de leur trou, et pour les chasseurs qui apprécient leur chair goûteuse et plus tendre que le sanglier, et recherchent comme trophée leurs grandes défenses.

Il faut dire que parfois le phacochère semble complètement inconscient du danger, ce qui est sans doute dû à sa mauvaise vue. Voici une photo que j'ai prise au Burkina Faso il y a un an : pendant un long moment, un très beau phacochère s'est arrêté en zone découverte, à portée de fusil, prenant la pose de face, de dos, de profil. Le chasseur s'est amusé à le mettre en joue mais n'a pas tiré sur cette cible trop facile, qui a quand même fini par s'éloigner au trot (photo ci-dessous).

 

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Il faut quand même se méfier de la mauvaise humeur et du courage de cet animal, qui, s'il est attaqué, blessé ou serré de trop près, peut charger et causer de très graves blessures aux fauves comme aux hommes.

Je me souviens qu'au zoo de Ziniaré, au Burkina, était présenté le phacochère ci-dessous, doté d'énormes défenses. Dès que les (rares) visiteurs s'approchaient, il chargait avec hargne et enfonçait le faible grillage de sa cage. Lorsqu'on signalait que l'animal allait certainement bientôt s'échapper, vu l'état de la clôture, le gardien se contentait de répondre : "Nous sommes au courant" !

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28 avril 2009

KENYA : LA FAUNE DECLINE

J'ai relevé dans Le Monde du 25 avril 2009 un article attristant :

A côté d'une superbe photo de migration de gnous traversant une rivière qui est sans doute la rivère Mara, un petit paragraphe intitulé "La faune sauvage décline au Kénya".

Il y est expliqué que les populations de gnous, zèbres, gazelles, girafes, antilopes, phacochères - bref de tous les grands ongulés de la savane - diminuaient de façon très importante au Kénya. Selon les résultats d'une étude sur une quinzaine d'années de l'Institut international de recherche sur le bétail financée par le WWF, les pertes dans la réserve de Masaï Mara seraient de l'ordre de 67% pour les impalas (grandes gazelles), 80% pour les phacochères, 95% pour les girafes.

Le réchauffement de la planète n'est pas en cause, pour une fois, mais cette chute viendrait de l'augmentation régulière de la population masaï, des pasteurs, sur les terres des réserves.

Impossible de porter un jugement moral sur ces faits : les Masaï, très appauvris, n'ont-ils pas le droit de survivre ? La vie des hommes ne vaut-elle pas plus que celle des animaux ?

Mais c'est juste triste. Je me souviens d'avoir fait des photos dans cette réserve couverte d'herbivores, et notamment d'une scène où l'on voyait un gnou, un éléphant et une girafe regroupés sur un petit espace.

J'ai également eu confirmation, par un autre canal, que la situation des lions sauvages commençait à être précaire en Afrique. Je précise "sauvages" car en captivité les lions se reproduisent si facilement que c'est le cauchemar des directeurs de zoo, qui ne savent plus quoi en faire. Inutile d'imaginer en relâcher en Afrique : ils ne savent pas chasser et cela coûterait trop cher.