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29 mars 2009

LA VALEUR D'UN BRONZE (10) : "CHIEN ACCROUPI" DE DELABRIERRE

Suite à ma précédente note "Quelle est la valeur d'un bronze animalier ancien ?", vous avez été nombreux à m'envoyer des photos de vos bronzes animaliers. Il y a un peu de tout : des pièces remarquables que je n'avais jamais vues, d'autres plus courantes, mais toutes ces photos sont très intéressantes, d'autant plus que toutes les images reçues sont nettes et permettent de bien identifier la pièce.

 

Je vous propose d'examiner ensemble, pour commencer, un sujet original, envoyé par Amaury C. de Dax. Il s'agit d'un "chien se soulageant", ou "chien déféquant" ou "chien accroupi". je pense que le thème, un peu embarrassant quoique fort naturel, a multiplié les appellations de ce bronze en vue d'atténuer le sujet...

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C'est un bronze d'Edouard Paul Delabrièrre, né en 1829 et décédé en 1912. Curieusement, le nom de ce sculpteur est souvent écorché. Si Pierre Kjellberg, dans "Les bronzes du XIXème siècle" (Editions de l'Amateur), respecte parfaitement à l'accent près la signature de l'artiste, le Dr Hachet, dans son indispensable "Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et des fondeurs" (Editions Argus Valentines) l'écrit Delabriere, comme de très nombreux commissaires-priseurs.

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On ne sait pratiquement rien de la vie de l'artiste, si ce n'est qu'il a d'abord étudié la peinture avec le peintre Delestre, fut comme beaucoup à l'époque très influencé par Barye et présenta très régulièrement ses oeuvres au Salon de 1848 à 1898. On lui doit l'un des frontons en pierre du Louvre.

 

Le jugement de ses oeuvres varie : Kjellberg estime qu'il pousse beaucoup moins loin que Barye le détail alors pour le Dr Hachet, au contraire, il travaille très en détail. Pour ma part, je trouve qu'il y a de profondes différences d'une pièce à l'autre. Le "Premier gibier" (1892), qui représente un lion triomphant rapportant un lièvre à deux lionceaux, n'est pas fin et a un côté franchement pompier. Au contraire, "Les deux chiens au relais" ou le "Retour de chasse" est superbe.

 

Au delà du thème, qui peut rebuter, le chien envoyé par notre internaute fait incontestablement partie des très belles pièces. Il mesure 16 cm de haut mais voyez comme la tête du chien en plein effort est bien rendu, comme le renflement du cou serré par le collier est criant de vérité, comme les oreilles sont fines. Il possède de plus une patine superbe, comme on n'en voit plus guère sur les bronzes contemporains.

Delabrièrre a fait le pendant "Chien pissant", que j'aimerais beaucoup voir. Si vous l'avez chez vous, envoyez-moi une photo.

 

Le chien accroupi n'est pas une pièce très rare mais on la voit cependant assez peu (on rencontre davantage des oiseaux comme "Le Faisan"). Quant à sa valeur, elle n'est pas très élevée car Delabrièrre, à tort, n'est pas très coté. J'estime cette pièce autour de 700 à 800 Euros. Si vous la trouvez à ce prix, n'hésitez pas à l'acquérir car elle vaut vraiment le coup.

Le hasard fait que justement ce bronze sera mis en vente le 8 avril à l'étude de Beaussant-Lefèvre, à Paris (avec encore une faute : "Delabriere" avec un seul R...). Il est estimé 300 à 500 Euros. A ce prix-là, même avec 20% de frais en plus, ce serait une très belle affaire !

Si vous voulez en savoir plus sur vos bronzes, écrivez-moi (avec photos de la pièce) à damiencolcombet@free.fr

25 juillet 2017

LA VALEUR D'UN BRONZE : QUELQUES PRECISIONS

Il me semble nécessaire d'apporter quelques précisions quant aux estimations de bronze qui peuvent être données, en général et dans mes notes précédentes en particulier.

Les chiffres qui sont données sont des estimations :

Comme leur nom l'indique, il ne s'agit pas de prix fixes et indiscutables mais d'une approche faite à partir de résultats de vente et d'estimations relevées pour des pièces analogues. Une estimation peut être dépassée si cette pièce est recherchée par un amateur pour une raison bien précise, ce qui est rare. Au contraire, l'estimation peut ne pas être atteinte parce que le marché est plus dur, comme c'est un peu la tendance actuellement, ou bien parce que le catalogue d'une vente a été peu diffusé, ou encore parce que la vente a eu lieu en semaine (généralement défavorable en province). On peut aussi faire de très bonnes affaires lorsqu'un bronze se retrouve en vente au milieu de pièces très différentes (argenterie, porcelaines, livres, etc).

A titre d'exemple, j'ai donné il y a peu de temps deux estimations, qui n'ont pourtant pas été atteintes lors de ventes récentes : la première pour le chien de Delabrierre, finalement vendu 450 E (soit 550 E frais compris) le 8 avril, la seconde pour la panthère saisissant un cerf, de Barye, invendue le 17 janvier malgré une estimation raisonnable entre 2800 E et 3000 E. Je maintiens pourtant les chiffres que j'ai donnés car ils me semblent justes.

Estimation ne veut pas dire prix de vente :

Cette phrase un peu paradoxale signifie que si je possède un bronze estimé à 1000 Euros, j'ai peu de chance de le vendre ce prix-là, car sauf si par miracle je rencontre le particulier qui veut cette pièce et que je traite directement avec lui, il faudra que je passe par un marchand, qui va prendre une importante commission (50%, par exemple) ou bien par un commissaire-priseur qui, s'il vend la pièce 1000 E frais compris, me versera seulement 700 Euros (il aura perçu environ 170 Euros de frais sur l'acheteur et 130 Euros sur le vendeur).

En résumé, si une pièce est estimable à 1000 Euros, il est illusoire d'espérer en obtenir ce prix d'un marcahnd ou d'un commisaire-priseur, car alors les frais la feraient monter à 1500 Euros voire plus et elle sera alors hors de prix.